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Une voix pour les itinérants à l'hôtel de ville

18/12/2015 02:13 EST | Actualisé 18/12/2015 02:13 EST

Les itinérants montréalais auront une voix à l'hôtel de ville à compter de 2016 puisque le maire Denis Coderre a annoncé la création d'un poste de protecteur des itinérants. M. Coderre s'est également engagé à sortir 2000 itinérants des rues de la métropole québécoise d'ici 2020.

La création d'un poste de protecteur des personnes en situation d'itinérance est la première étape du Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal (2015-2017) mis sur pied par la Ville en 2014.

La personne retenue veillera au respect des droits des personnes itinérantes et à l'accessibilité des services offerts par la Ville.

« On ne veut pas encadrer l'itinérance, on veut l'enrayer. »

— Denis Coderre

M. Coderre a émis le souhait que le protecteur passe plus de temps à arpenter les rues de la ville afin d'aller à la rencontre des itinérants plutôt que dans son bureau. « Le protecteur travaillera sur le terrain et sera pleinement en mesure d'évaluer l'impact des mesures mises en place pour répondre aux besoins de cette clientèle vulnérable », a déclaré le maire.

Le protecteur sera également amené à formuler des avis et des recommandations aux autorités concernées pour lutter plus efficacement contre cette condition de vie « qui n'a pas sa raison d'être », a commenté le maire de Montréal.

Tout en reconnaissant que l'objectif de sortir 2000 itinérants de la rue en cinq ans était un objectif ambitieux, le maire de Montréal a assuré qu'il s'agissait d'un objectif réaliste. Il a de plus annoncé l'investissement d'une somme de 140 000 $ par année pour une période de cinq ans afin de financer la recherche sur l'itinérance

« Avec le temps, l'expertise du protecteur permettra d'enrichir les connaissances de la Ville et de ses partenaires et d'influencer les décideurs afin de répondre aux besoins de manière concrète et concertée », a-t-il poursuivi.

Objectif 2000 d'ici 2020

Le directeur général du Mouvement pour mettre fin à l'itinérance, James McGregor, soutient qu'il est possible de sortir les itinérants de la rue. « En offrant un logement abordable, décent et permanent, avec un accompagnement adapté à leurs besoins, une majorité arrivera à quitter la rue », a-t-il déclaré.

« Sortir 2000 personnes de la rue en cinq ans, c'est non seulement possible et un bon investissement, mais c'est une contribution durable au mieux-être des citoyens parmi les plus vulnérables. »

— James McGregor

M. McGregor estime que ces personnes seront en mesure de trouver du travail ou une activité valorisante leur permettant de participer activement à la vie de leur communauté.

M. McGregor a souligné que sortir des personnes en itinérance des rues de la ville constituait une politique rentable pour la société puisque ces personnes sont de grands utilisateurs des services d'urgence, de santé et des refuges. M. McGregor estime que la société économiserait 35 millions de dollars annuellement en sortant les itinérants de la rue.

La Ville a tenu, grâce à la participation de quelque 700 bénévoles, un premier grand dénombrement des itinérants le 24 mars 2015. Les bénévoles avaient compté 3016 personnes en situation d'itinérance.

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