POLITIQUE

Harper aurait reconnu devant Duffy qu'il avait respecté les règles

15/12/2015 01:51 EST | Actualisé 15/12/2015 01:51 EST

Lors d'une rencontre en février 2013, affirme Mike Duffy, le premier ministre Stephen Harper aurait admis que le sénateur n'avait pas contrevenu aux règles, mais qu'il devait néanmoins rembourser, parce que les règles entourant les résidences des sénateurs « sont inexplicables » pour la base conservatrice. C'est ce qu'a déclaré Mike Duffy au sixième jour de son témoignage à son procès pour fraude, corruption et abus de confiance.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Mike Duffy affirme qu'il a toujours maintenu la même version de faits. Il n'a pas voulu rembourser les dépenses réclamées en lien avec ses résidences parce que, selon lui, il « respectait les règles ». Le sénateur, représentant l'Île-du-Prince-Édouard, a fait des demandes de remboursement pendant plusieurs années alors qu'il habitait sa résidence d'Ottawa.

Selon ce qu'a déclaré Mike Duffy en Cour, quand l'histoire a commencé à faire les manchettes en décembre 2012, il a tout d'abord reçu l'appui du bureau du premier ministre Harper ainsi que des têtes dirigeantes conservatrices au Sénat. On lui aurait dit de ne pas répondre aux questions des journalistes, parce que si l'histoire « ne recevait pas d'oxygène, elle allait mourir par elle-même ».

mike duffy stephen harper


Les choses ont cependant commencé à changer en février 2013. À travers des échanges de courriels, des membres du bureau du premier ministre, ainsi que les responsables conservateurs à la Chambre haute ont développé un plan selon lequel Mike Duffy s'excuserait et s'engagerait à remettre les montants réclamés pour sa résidence d'Ottawa.

Mike Duffy, qui maintient ne pas avoir été impliqué dans l'élaboration de ce plan, a affirmé s'y être opposé quand il en a été mis au courant, répétant qu'il a respecté les règles. « Ces chrétiens évangélistes m'ont jeté aux lions », a déclaré le sénateur en Cour.

Le 11 février 2013, il a rencontré l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright. Une rencontre « très froide » selon Mike Duffy, qui s'est déroulée dans l'édifice Langevin à Ottawa, où sont situés les bureaux du premier ministre.

Nigel Wright lui aurait, à ce moment, ordonné de payer les sommes réclamées. Mike Duffy a affirmé qu'en sortant de l'édifice il a croisé l'ancien ministre des Finances Jim Flaherty à qui il aurait raconté l'histoire. « Ces gens sont incroyables », aurait dit le ministre, qui est décédé depuis.

Mike Duffy affirme qu'il a par la suite plaidé sa cause auprès de Stephen Harper lui-même, après une rencontre du caucus conservateur dans l'édifice central du Parlement en février 2013. M. Duffy aurait dit au premier ministre qu'il vivait une injustice.

Mike Duffy a témoigné sous serment que Stephen Harper lui aurait alors dit : « Je sais que cela semble injuste. Je sais que tu n'as pas contrevenu aux règles, mais ces règles sont inexplicables à notre base. Donc, tu vas rembourser. Nigel va faire les arrangements nécessaires ».

C'est finalement l'ex-chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright, qui a remis un chèque de 90 000 $ à Mike Duffy pour qu'il rembourse ses dépenses. Lors de son témoignage, l'été dernier, en pleine campagne électorale, Nigel Wright a répété que le premier ministre n'était pas au courant de l'opération.

Les détails entourant la remise de ce chèque doivent être au coeur de la suite du témoignage de Mike Duffy.

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