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Tragédie de L'Isle-Verte : aucune accusation criminelle

14/12/2015 08:32 EST
Jacques Boissinot/PC

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) confirme qu'aucune accusation criminelle ne sera portée à la suite de l'incendie qui a coûté la vie à 32 personnes âgées en janvier 2014 à L'Isle-Verte. Des proches des victimes se disent déçus.

Les familles des victimes ont été les premières informées par le Directeur des poursuites criminelles et pénales ce matin, au palais de justice de Rivière-du-Loup. La procureure en chef adjointe au DPCP, Annie Landreville, a par la suite révélé que la cause exacte de l'incendie n'a toujours pas été identifiée.

« Il n'y a aucune preuve d'un incendie criminel, a-t-elle déclaré. Et même en estimant la possibilité que certaines personnes ont pu, par leur comportement, frôler la négligence criminelle, nous ne sommes pas en mesure de démontrer et d'établir hors de tout doute raisonnable la commission d'une infraction criminelle.

« La source de l'incendie demeure inconnue. »

— Annie Landreville, procureure en chef adjointe, DPCP

Le gardien de nuit lors du drame, Bruno Bélanger, s'est dit soulagé. « On ferme le chapitre, j'espère que c'est pour de bon, parce que je suis vraiment tanné d'en entendre parler. À toutes les fois où je mets le pied dehors, psychologiquement, je me sens visé, déplore-t-il. Je n'ai pas choisi d'être là moi, puis je veux avoir la sainte paix. »

« Je veux passer à autre chose. Je vais avoir à vivre avec ça jusqu'à la fin de mes jours. »

— Bruno Bélanger, gardien de nuit à la Résidence du Havre le soir de l'incendie

Des proches des victimes réagissent

Des proches des victimes rencontrés ce matin au palais de justice de Rivière-du-Loup se sont dits déçus. Jacqueline Dumont, dont le mari a perdu la vie dans l'incendie, n'est pas surprise, mais elle aurait souhaité que des accusations soient portées. « Dans ma tête, ça dépend de quelqu'un, dit-elle. Le gardien était là pour être gardien, où est-ce qu'il était ? »

« Je me sens frustrée, déçue, je pensais qu'il allait se passer autre chose que ça. »

— Jacqueline Dumont, dont le mari a perdu la vie dans la tragédie de L'Isle-Verte

Léopold Fraser, qui a perdu sa mère dans la tragédie, se dit quant à lui plutôt serein. « Je ne m'attendais pas personnellement à ce qu'il y ait des poursuites au criminel, explique-t-il. « De toute façon, ça aurait rien changé dans les faits pour nous autres. Ça clôt le dossier. »

« La page était déjà tournée pour nous, on n'attendait pas vraiment quelque chose de l'enquête. »

— Léopold Fraser, dont la mère a perdu la vie dans la tragédie de L'Isle-Verte

Un long processus

La Sûreté du Québec (SQ) a mis neuf mois avant de produire son rapport d'enquête. Il a ensuite fallu 14 mois supplémentaires pour que le Directeur des poursuites criminelles et pénales en vienne à ses conclusions finales.

Entre le rapport de la SQ et la décision d'aujourd'hui, il y a eu l'enquête du coroner Cyrille Delâge. Celle-ci ne visait pas à trouver un ou des coupables, mais plutôt à établir les faits. Le coroner a d'ailleurs été sévère à l'endroit de certains témoins, notamment les propriétaires de la résidence, le chef du service d'incendie et le gardien de nuit, mais il n'y a pas de lien direct entre l'analyse d'un coroner et une décision sur des accusations criminelles.

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