NOUVELLES

Ces réfugiés dont on parle moins (VIDÉO)

12/12/2015 07:23 EST | Actualisé 12/12/2015 09:45 EST

Alors que les premiers avions de réfugiés syriens s'apprêtent à arriver à l'aéroport de Montréal, l'ampleur de l'attention médiatique qui leur est accordée crée un malaise chez certains organismes d'aide aux immigrants.

Un texte d'Alexandre Touchette

Ces groupes craignent que l'on oublie les milliers de réfugiés qui arrivent chaque année au Canada et qui ont des besoins tout aussi criants que les Syriens.

« Nous recherchions la paix, nous l'avons trouvée et c'est tout ce qui compte », dit Adidja Ngarukya, qui a quitté le Rwanda avec sa famille il y a un an pour s'installer à Montréal.

Elle fait partie des réfugiés invités à une fête de Noël par le Centre social d'aide aux immigrants de Montréal qui accueille entre autres des réfugiés originaires du Congo et de République centrafricaine. Plusieurs d'entre eux vivaient dans des camps de réfugiés en Tanzanie avant d'être sélectionnés par l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés et transférés au Canada.

Des réfugiés qui sont au nombre des milliers débarquent chaque année au pays sans attirer l'attention de personne et qui n'ont droit à aucun comité d'accueil à l'aéroport.

« Les politiciens et les médias ne parlent que de ça »

La directrice du Centre, Lida Aghassi, se réjouit des élans de générosité du public envers les réfugiés syriens, mais déplore que certaines personnes tiennent à ce que leurs dons aillent exclusivement à ces familles syriennes.

Certains groupes qui recueillaient des meubles et des vêtements spécifiquement pour les familles syriennes ont même cessé d'accepter les dons parce qu'ils étaient submergés.

Lida Aghassi est mal à l'aise face à la distinction qui est faite entre les réfugiés syriens et les autres. « On a mis beaucoup d'emphase sur les réfugiés syriens, les politiciens et les médias ne parlent que de ça. C'est notre rôle d'expliquer au public que les autres réfugiés ont aussi besoin de notre aide et de notre empathie. »

Le malaise est partagé par le directeur de la Table de concertation des organismes d'aide aux personnes réfugiées et immigrantes. Stéphan Reichhold souligne par exemple que contrairement aux autres réfugiés admis au Canada, les Syriens n'auront pas à rembourser leurs billets d'avion.

« C'est très injuste. Tant mieux pour les Syriens. On ne dit pas qu'il faut faire payer les Syriens, mais nous ce qu'on voudrait c'est que tout le monde ait ce privilège. »

— Stéphan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes d'aide aux personnes réfugiées et immigrantes

Le ministre de fédéral de l'immigration, John McCallum, soutient que le gouvernement n'a pas déshabillé Paul pour habiller Pierre : « Les ressources pour les réfugiés des autres pays n'ont pas été détournées, oui on a diverti certaines ressources pour aider les réfugiés de la Syrie, mais pas les ressources utilisées pour les autres réfugiés », a-t-il précisé.

Le gouvernement Trudeau s'est engagé à accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de février. En 2014, plus de 13 500 personnes ont demandé l'asile au Canada, selon Immigration Canada.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

Réfugiés syriens: Comment vous pouvez aider