POLITIQUE

L'opposition dénonce l'«incompétence libérale» en matière économique

04/12/2015 04:17 EST | Actualisé 04/12/2015 04:17 EST
Presse canadienne

« Le premier ministre Couillard avait promis de créer 250 000 emplois [au cours de son mandat], a déclaré le chef de l'opposition officielle et du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, or les derniers chiffres nous apprennent qu'il s'est perdu 4000 emplois en novembre [dernier]. » En dressant leur bilan de fin de session parlementaire, les partis d'opposition ont attaqué le bilan économique du gouvernement de Philippe Couillard et ses compressions dans les services publics.

MM. Péladeau et Legault ont reproché au gouvernement libéral son incapacité à générer de la richesse et sa propension à sabrer les programmes sociaux.

Le chef du PQ et celui de la Coalition avenir Québec, François Legault, ont dénoncé les faibles résultats économiques de la province depuis l'arrivée au pouvoir du Parti libéral du Québec (PLQ) de M. Couillard.

« Depuis six mois, le Québec a perdu 12 100 emplois. Nous sommes à des années-lumière de leur promesse de créer 250 000 emplois. »

— Pierre Karl Péladeau, chef de l'opposition officielle

« La performance actuelle de notre économie du Québec ne reflète pas le dynamisme de l'immense potentiel de nos entreprises, a ajouté M. Péladeau. Malgré des signaux alarmants, le premier ministre s'acharne à maintenir son programme d'austérité contre toute forme de gros bon sens économique et au mépris des messages que lui envoient les Québécois et les Québécoises. »

« Pendant que le premier ministre s'entête, l'économie du Québec s'enlise. »

— Pierre Karl Péladeau, chef de l'opposition officielle

Les chefs péquistes et caquistes ont souligné le ralentissement de l'économie québécoise dont la croissance est passée de 2 % à 1,5 % sous le règne du PLQ, M. Péladeau a indiqué que cette chute de croissance accroissait le fardeau fiscal des Québécois dont le poids de la dette est passé à 55 % du produit intérieur brut (PIB).

« Le premier ministre ne comprend rien aux chiffres. Il est incapable de relancer l'économie, de générer de la croissance et des emplois bien rémunérés »

— Pierre Karl Péladeau, chef de l'opposition officielle

« L'incompétence du gouvernement libéral ne peut plus être cachée, a renchéri M. Legault. On le voit avec la révision constante, à la baisse, des prévisions économiques. À chaque mise à jour, le ministre des Finances nous annonce que ça va aller encore plus mal que ce qu'il avait prévu la dernière fois. »

En augmentant les tarifs des services de l'État, le gouvernement a alourdi le fardeau fiscal des ménages québécois de quelque 1500 $, en moyenne, selon MM. Péladeauu et Legault. « C'est la population qui perd sur toute la ligne, a-t-il poursuivi. D'un côté, on a des services publics qui se dégradent, et de l'autre, on a des citoyens qui paient des tarifs et des impôts de plus en plus élevés ».

Le chef de la deuxième opposition présente son parti comme la solution pour sortir le Québec du « monopole libéral » lors de la prochaine élection générale prévue pour 2018.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a joint sa voix à celle de MM. Péladeau et Legault pour dénoncer l'investissement de 1,3 milliard de dollars dans l'entreprise Bombardier. « Philippe Couillard a signé une entente mal négociée avec Bombadier sans rien exiger en retour ce qui leur a permis de délocaliser des emplois au Mexique », a dénoncé M. Péladeau.

L'austérité au coeur des débats

Les chefs de toutes les oppositions ont également pourfendu le gouvernement libéral pour avoir effectué des compressions dans les services publics, notamment en éducation. M. Péladeau a souligné que les compressions étaient d'autant plus déplorables que M. Couillard avait promis d'investir en éducation.

« Ce n'est pas normal qu'au Québec on soit obligé de faire des coupures de services en éducation. C'est même un manque de vision grave de penser qu'on a coupé dans les services aux enfants qui ont des difficultés d'apprentissage. »

— François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« Le ministre vient tout de même de se sentir obligé de remettre 80 millions de dollars dans le système d'éducation, dans l'école publique », s'est félicitée Mme David. Elle estime que les protestations menées avec l'appui des enseignants et des parents ont forcé la main du ministre de l'Éducation, François Blais.

Françoise David a reproché au gouvernement de M. Couillard d'avoir « continué d'appliquer son austérité beaucoup plus vis-à-vis l'ensemble de la population que vis-à-vis certaines catégories de privilégiés ».

C'est l'austérité partout au Québec, sauf pour les collègues médecins du premier ministre et de son ministre de la Santé.

Mme David a également dénoncé les compressions dans les Centres de la petite enfance (CPE), l'un « des joyaux de l'héritage québécois », selon elle. La députée de Rosemont a également rappelé que son parti était intervenu dans les dossiers de l'évasion fiscale, des allocations de départ aux députés qui démissionnent en cours de mandat, des femmes autochtones et des personnes transes.

Les augmentations de rémunérations pour les médecins et la normalisation des frais accessoires ont également soulevé l'ire des oppositions. « Les frais accessoires sont une deuxième facturation supplémentaire en sus et au-dessus de ce qui est déjà prévu dans la majoration de la rémunération des médecins qui pratiquent en cabinet privé », a dénoncé l'autre co-porte-parole de QS, Amir Khadir.

« Le gouvernement vient ainsi, non seulement de légaliser, normaliser, banaliser, une pratique immorale et illégale, selon la loi canadienne, mais il vient en plus, en le banalisant, de la propager », ajoute-t-il. La pratique, qui était marginale, selon M. Khadir, risque de s'étendre puisque le gouvernement l'a légalisée.

Lui-même médecin, M. Khadir a dénoncé les « augmentations de rémunération exorbitantes qu'ont connues les médecins, notamment les médecins spécialistes. Le salaire moyen des médecins s'élève à 400 000 $ par année pour les médecins, toujours selon M. Khadir, et il est encore plus élevé pour les médecins spécialistes. M. Khadir avance que les radiologistes, notamment, reçoivent en moyenne 600 000 $ de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) annuellement. Un montant qui ne tient pas compte des sommes qu'ils reçoivent pour les frais accessoires et autres examens chargés aux patients qui représentent un autre 300 000 $, selon le co-porte-parole de QS.

« Je ne pense pas que les Québécois acceptent que pendant qu'on met le couteau dans les services publics, on mette un bar ouvert devant les médecins québécois. »

— Amir Khadir

Flèches de la CAQ au PQ

Outre la bonne entente pour dénoncer les politiques libérales, la CAQ a profité de son bilan pour décocher quelques flèches à l'endroit du PQ. M. Legault a indiqué que le parti ne pouvait plus être considéré comme une solution de rechange pour gouverner la province. L'option souverainiste discrédite le parti, selon M. Legault, qui prévoit que le PQ subira le même sort que le Bloc québécois au dernier scrutin fédéral.

« On le voit dans les sondages, l'appui à la souveraineté du Québec est en déclin continu, en particulier chez les jeunes », explique M. Legault.

Le chef de la CAQ affirme que la nouvelle position nationaliste de la CAQ - un nationalisme qui s'exprime à l'intérieur du Canada - devrait permettre aux nationalistes de considérer son parti comme une solution au gouvernement libéral. Il invite ainsi les nationalistes à se rallier à son parti pour défaire les libéraux lors de la prochaine élection provinciale.

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