Un ancien candidat fédéral veut créer le Front national du Québec pour défendre les Québécois «de souche»

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MARINE LE PEN
ASSOCIATED PRESS
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Un ancien candidat indépendant aux élections fédérales, Ugo Ménard, veut implanter une aile québécoise du Front national afin de défendre les Québécois « de souche ».

Il a réservé auprès du Directeur général des élections du Québec le nom de « Front national du Québec » jusqu’au 28 décembre dans l’espoir de fonder un nouveau parti politique.

« Ça fait longtemps que je regarde ce qui se passe en France et j’ai voulu comparer la faune politique. Je ne suis rendu compte que personne ici ne représente les "de souche". Les Français sont mieux défendus que nous autres », estime Ugo Ménard.

Parmi les idées qu’il met de l’avant, Ugo Ménard mentionne qu'il veut inciter les femmes à rester à la maison et repeupler le Québec en leur donnant une importante somme d'argent – 100 000$ pour la naissance d’un troisième enfant, 150 000$ pour la naissance d’un quatrième enfant et ainsi de suite.

« J’aimerais changer l’image de la femme à la maison. Ce n’est pas dégueulasse, avoir des enfants en 2015 », martèle-t-il.

Ugo Ménard, qui se décrit comme un « Canayen » français, veut aussi freiner l’immigration et l’arrivée des réfugiés pour éviter que les Québécois « de souche » comme lui deviennent minoritaires dans leur propre province.

« Nous nous effaçons pour faire place à une nouvelle nation. C’est inacceptable. Il n’y a pas si longtemps, je me sentais chez nous à Saint-Hyacinthe. Là, il y a même une mosquée à Saint-Hyacinthe. »

L’ancien militant pour le Parti québécois dit qu’il ne se reconnaît plus dans le paysage politique actuel. Tous les partis sont à la solde des immigrants, accuse-t-il, parce que le Québécois « pure laine » a perdu son poids démographique.

« Montréal, c’est une ville comme n’importe quelle autre ville en Amérique du Nord! C’est bourré d’immigrants, puis nous autres, on n’a plus de place. Bientôt, on va devenir minoritaires dans notre propre province! »

« À un moment donné, il faut que ce soit nous autres, les riches. Il faut que ce soit nous autres qui possédions le Québec. Avant de parler de pays, il va falloir qu’on peuple le pays », répète Ugo Ménard.

Les idées du Front national ne passent pas au sein du mouvement indépendantiste. Pendant la campagne électorale, le candidat bloquiste dans Montcalm, Jacques Tremblay, a été remercié après en avoir fait l’éloge sur sa page Facebook. Le FN a par la suite pris la défense du candidat déchu du Bloc québécois.

Coraline Lemoyne, une musulmane qui a fondé le groupe A'Salam Alaikom, ne croit pas que le Front national, un parti d’extrême-droite en France, puisse prendre racine au Québec.

« Premièrement, il n’y a pas de Front national québécois, on n’est pas en France. Peut-être qu’[Ugo Ménard] prend pour modèle Marine Le Pen, mais on n’a pas le même climat géopolitique ici », critique-t-elle.

À son avis, les propos de l’ancien candidat fédéral sont « totalement abjects ». « Ses propos sont xénophobes, mais sont aussi totalitaires et misogynes. Il parle contre les femmes et il parle contre l’immigration », poursuit la militante.

Bien qu’il démente avoir des liens avec le groupe Pégida Québec, Ugo Ménard admet avoir pris contact avec le groupe et dit qu’il s’est rendu à une de leurs manifestations ce printemps.

La page Facebook de Pégida Québec, qui comptait plus de 10 000 abonnés, a été supprimée pendant la journée de mardi. Une autre page aurait été créée par la suite.

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