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31/10/2015 04:14 EDT | Actualisé 31/10/2015 04:33 EDT

VICE News s'oppose à la GRC et refuse de remettre ses fichiers au sujet d'un présumé combattant de l'État islamique

YouTube Screengrab

VICE News refuse de répondre favorablement à l’ordre de la GRC qui sème le site d’information de lui remettre la correspondance entre l’un de ses reporter et un ancien résidant Canadien accusé d’avoir joint les rangs de l’État islamique.

La GRC affirme que Farah Mohamed Shirdon a quitté le Canada en mars 2014 pour se battre avec l’État islamique en Syrie. Il a depuis été inculpé in absentia de plusieurs infractions liées au terrorisme.

Shirdon a été vu en train de brûler son passeport canadien dans une vidéo de propagande de l’État islamique en juin 2014. Dans ces mêmes images, il profère des menaces à l’endroit des pays occidentaux.

Le journaliste de VICE News, Ben Makuch, a discuté avec Abu Usamah – considéré comme un pseudonyme pour Shirdon – via Kik messenger et Twitter au printemps 2014. Il a utilisé ces entrevues dans son article au sujet de Shirdon.

En février dernier, la GRC est entrée dans les bureaux de VICE à Toronto ainsi qu’à Montréal avec une ordonnance de production. Il s’agit d’une ordonnance similaire à un mandat de perquisition.

Selon une déclaration du responsable du contenu pour VICE Canada, Patrick McGuire, VICE sera devant les tribunaux en janvier pour s’opposer à l’ordonnance de production.

«VICE conteste en Cour l’ordonnance de production et celle de mise sous scellés sur les principes de protection des sources et de protection de la liberté de presse. VICE souhaite également éviter une situation dans laquelle le média d'information canadien deviendrait un véritable organe d’enquête de la justice», écrit McGuire.

Makuch a indiqué à CBC qu’il a déjà écrit à propos de la majorité de ses correspondances avec Shirdon. Il n’est donc pas certain de la raison qui pousse la GRC à vouloir toutes ces informations. «Ça ressemble à une recherche à l’aveuglette», dit-il.

McGuire a raconté au Huffington Post Canada que VICE poursuit des actions légales parce qu’ils ne vont pas collaborer à l’ordonnance de production.

«Le contenu de ces entrevues a été suffisant pour permettre à la GRC pour porter des accusations contre Shirdon en son absence», explique-t-il.

Jusqu’à cette semaine, une ordonnance de mise sous scellé ordonné par le tribunal empêchait les organes de presse de transmettre des informations à ce sujet. McGuire soutient qu’à partir du moment où Shirdon a été accusé, la GRC a perdu beaucoup de sa force d’action pour contraindre VICE à garder le silence.

McGuire ajoute que l’action en justice de VICE ne concerne pas la protection d’une source depuis que l’identité de Shirdon est connue du public. Toutefois, à la lumière des incidents en Angleterre, où le portable d’un journaliste de la BBC a été saisi, McGuire ne veut pas que la même chose se produise au Canada.

«Nous ne voulons pas créer un précédent», conclut McGuire.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais.

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