DIVERTISSEMENT

«De garde 24/7»: quelques secrets de la production

28/09/2015 06:40 EDT | Actualisé 28/09/2015 06:40 EDT
Télé-Québec

Il y a longtemps qu’une émission de Télé-Québec avait suscité autant de réactions. Et toutes positives! Pertinente, instructive, captivante, la série documentaire De garde 24/7 s’immisce dans le quotidien des médecins de l’Hôpital Charles-Lemoyne, à Greenfield Park, et épie les moindres faits et gestes de ces professionnels, qui cumulent entre 5 et 20 ans d’expérience à l’urgence, aux soins intensifs, en obstétrique, en salle d’opération et dans les autres départements du centre hospitalier.

Rarement aura-t-on été aussi près de la réalité dans le domaine de la santé ; De garde 24/7 n’a rien de Trauma ou Grey’s Anatomy : on y voit plutôt la vraie souffrance des patients, les vrais efforts des omnipraticiens, urgentologues, chirurgiens, le vrai rythme effréné qui mène les troupes entre deux civières, la vraie sueur, les vrais combats contre la maladie… et pour la vie.

À Télé-Québec, on a assuré à plusieurs reprises ne pas vouloir faire le procès du système médical avec De garde 24/7, mais plutôt «aller à la rencontre» de la profession difficile des médecins, constamment sous pression et souvent sous-estimée, «connaître l’humain à travers le métier» et montrer «l’envers de la médaille». Et, pourrait-on ajouter, démontrer que les médecins ne sont, somme toute, que des êtres humains.

Ce soir, l’épisode intitulé Feu roulant, s’attarde à l’ordre de priorités des médecins, quand les minutes se bousculent et que chaque cas semble urgent. Le stress, la fatigue, les longues heures et les tâches multiples, c’est la facette sombre du boulot qui est décortiquée.

Dans les prochaines semaines, on traitera, entre autres, des «fins de semaine à l’hôpital», des «premières fois», de «se faire une carapace», de «l’adrénaline», de «vivre avec la mort», de «la nuit» et de «la beauté du quotidien».

Le réalisateur de De garde 24/7, François Méthé, et le scénariste et recherchiste Paul-Maxime Corbin, nous dévoilent ici quelques secrets de cette ambitieuse production, signée Avanti Ciné Vidéo.

De garde 24/7, le lundi, à 19h30, à Télé-Québec. En rediffusion le mercredi, à 11h30, le vendredi, à 11h, le samedi, à 1h, et le dimanche, à 18h30. La diffusion a commencé le 7 septembre dernier, mais les épisodes précédents peuvent être rattrapés sur la zone vidéo de Télé-Québec.

- De garde 24/7 a nécessité trois ans de travail. 400 heures de matériel ont été emmagasinées, pour un total de 12 épisodes aux thèmes distincts.

- Le tournage de De garde 24/7 s’est amorcé en novembre 2014 et s’est étiré sur cinq mois et demi.

- François Méthé et le producteur au développement de De garde 24/7, Hugo Roberge, avaient déjà collaboré ensemble à d’autres documentaires, dont Fausse couche, vrai deuil, qui portait sur le deuil périnatal, et C’est Noël avec Paul et Paul. Mais c’était la première fois que François Méthé travaillait avec Paul-Maxime Corbin. L’association a été fructueuse, et les deux hommes comptent renouveler l’expérience éventuellement.

- L’Hôpital Charles-Lemoyne a été choisi parce que ses dirigeants ont fait preuve d’ouverture face au projet, et aussi en raison de son volume d’achalandage. «Ils ont tout de suite montré un intérêt à collaborer, souligne François Méthé. Ça s’est concrétisé de toutes sortes de façons, tout au long de notre processus. Les grands centres hospitaliers sont courtisés par toutes sortes d’équipes, par de grandes productions, mais l’Hôpital Charles-Lemoyne est un peu sous le radar, pas nécessairement connu. Et pourtant, c’est la deuxième plus grosse urgence au Québec.»

- L’élaboration de la série s’est faite en deux temps. «Avant de commencer les tournages, on allait rencontrer les gens à l’hôpital, deux ou trois fois par semaine, détaille Paul-Maxime Corbin. On a passé deux mois à faire la distribution, la scénarisation, déterminer le contenu des épisodes et les regrouper par thèmes. On passait la journée avec un médecin, à l’urgence ou en salle d’opération, on faisait des entrevues avec lui, on essayait de voir ce qui représentait sa profession, ses enjeux, et d’articuler la série autour de ça.»

«Dans cette période d’observation, Paul-Maxime et moi, on était parfois ensemble, parfois chacun de notre côté, enchaîne François Méthé. Moi, je pouvais être en «salle d’op», et lui, à côté, en train de parler aux infirmières, aux membres du personnel, pour aller chercher des informations. On a rencontré les médecins ensemble et construit la trame narrative de l’émission. Ça, c’était la portion de la conception. Puis, il y a eu la partie de l’exécution. Pendant le tournage, il fallait souvent être à plein d’endroits en même temps pour que ça roule. Quand, moi, j’étais au bloc opératoire, il pouvait se passer quelque chose aux soins intensifs, avec une patiente qu’on suivait depuis trois jours. On était en constante communication. Paul-Maxime me faisait signe d’aller le rejoindre ou, carrément, marchait devant moi, ouvrait les portes et traçait le chemin, pour ne pas que les gens posent trop de questions. Car on n’avait pas le temps de s’arrêter et de répondre à tout le monde! C’était comme une partie de football, Paul-Maxime avançait et me faisait de la place!»

«À l’hôpital, on ne peut jamais savoir ce qui va se passer, signale Paul-Maxime. On a été chanceux, parce que plusieurs événements se sont produits en notre présence. Nous, on devait dealer avec ce qui se passait.»

- Environ 90% des patients approchés pour figurer dans la série ont accepté. «On s’attendait à ce qu’il y ait 50% ou 60% des patients qui acceptent, et que la moitié de ce nombre voudrait avoir le visage brouillé. Finalement, la majorité des gens a bien reçu le projet, mais il fallait prendre le temps de bien leur expliquer», expose Paul-Maxime Corbin.

«Ce n’est jamais vraiment arrivé qu’une histoire formidable se déroule sous nos yeux et qu’on ne puisse pas la filmer, relève François Méthé. C’est arrivé que des patients avec des pathologies ne veulent pas, mais ils n’étaient pas si importants dans le déroulement de notre journée, et ça n’a jamais été un drame. On n’a raté aucun cas vraiment essentiel pour raconter l’histoire.»

- Certains thèmes prévus à l’origine ont été écartés en cours de tournage, parce qu’ils ne s’avéraient tout simplement plus pertinents une fois sur place. «On avait envisagé un épisode sur le thème du diagnostic difficile, mais on s’est rendu compte que ce thème se retrouvait dans plusieurs épisodes, qu’on pouvait le saupoudrer un peu partout, explique François Méthé. Au départ, on avait aussi envie de faire un épisode seulement sur le patient. Tous les types de patients : émouvants, fatigants, etc. Ça nous semble bizarre, aujourd’hui, parce qu’encore là, le patient se retrouve dans l’ensemble de la série.»

- L’objectif des artisans d’Avanti Ciné Vidéo n’était pas d’arpenter la salle d’attente de l’Hôpital Charles-Lemoyne pour recueillir les jérémiades des gens las d’attendre. Cet angle n’a pas été évoqué. «Le point de vue des patients dans un hôpital, on l’a, indique Paul-Maxime Corbin. Mais celui des médecins, on l’a rarement. Le manque de ressources, l’attente, ce sont des points de vue qui reviennent souvent du côté des patients. Nous, on voulait explorer l’autre côté, et illustrer comment les médecins vivent dans cet hôpital, leurs contraintes et leurs défis.»

- François Méthé et Paul-Maxime Corbin rêvent déjà d’une deuxième saison à De garde 24/7. «Il y a encore des millions de thématiques à aborder», assure François Méthé. «D’autres thématiques, et d’autres gens», renchérit Paul-Maxime Corbin.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Des citations marquantes dans les écrans québécois