POLITIQUE

Gestion de l'offre : les producteurs laitiers du Québec et de l'Ontario manifestent à Montréal (VIDÉO)

24/09/2015 10:28 EDT | Actualisé 24/09/2015 10:28 EDT

Les producteurs laitiers des quatre coins du Québec délaissent leurs vaches le temps d’une manifestation à Montréal, jeudi, afin d’avertir les chefs fédéraux qu’ils sont à bout de souffle.

« Moi, je ne me rendrai pas jusqu’au printemps prochain si ça continue », lâche Réal Brière, représentant local et lui-même producteur laitier. Sa collègue Lyne Riopel hoche la tête. « Un couple d’amis nous a dit qu’ils ne se rendront pas à Noël », se désole-t-elle.

Ils font partie des manifestants qui s’inquiètent du maintien de la gestion de l’offre dans le cadre du Partenariat transpacifique (PTP). Avec les négociations qui reprennent de plus belle le 27 septembre, ces producteurs veulent un engagement clair du gouvernement pour conserver ce système qui a fait ses preuves, disent-ils.

ferme laitiere

Plus de la moitié des producteurs laitiers et avicoles du pays sont établis au Québec.

Le prix du lait payé est tombé sous le seuil de 0,70$ cet été en raison de la surproduction mondiale, ce qui diminue les revenus. Qui plus est, les transformateurs – comme Agropur, Parmalat ou Saputo – préfèrent utiliser le lait « diafiltré » américain qui n’est pas soumis aux mêmes normes que le lait québécois.

Malgré tout, le modèle québécois oblige les producteurs d’ici à racheter leurs surplus. Le lait non vendu sera transformé en poudre, puis entreposé pour se revendre « à perte ».

Une situation intolérable selon Lyne Riopel et Richard Gauthier, de la ferme Viajac à Mirabel « On fait retarder des paiements, les comptes des fournisseurs ne sont pas tous payés, on joue sur les marges de crédit », énumère Mme Riopel.

Et son mari et elles ne seraient pas les seuls à devoir s’endetter pendant ces temps difficiles. La ferme moyenne au Québec perdrait environ 4000$ par mois, une baisse de 15%.

« On a connu des périodes creuses dans les dernières années, mais là, il s’agit d’une véritable crise », reconnaît M. Gauthier.

Si la gestion de l’offre devait être abandonnée, bon nombre de villages agricoles seront désertés par ses habitants, dit Réal Brière, qui estime que jusqu’à 75% des fermes laitières pourraient fermer leurs portes si le gouvernement fédéral n’intervient pas.

C’est la raison pour laquelle ils promettent de faire entendre leur voix jusqu’à la tour de Radio-Canada, où a lieu le premier débat des chefs en français jeudi soir.

Quelles solutions?

Tous les partis fédéraux promettent de maintenir la gestion de l’offre dans son intégralité. Mais entre les promesses électorales et les actions qui seront posées, les producteurs restent sceptiques.

Le libre-marché est « rentré par la porte d’en arrière », déplore Réal Brière. Le gouvernement fédéral tolère que des protéines laitières des États-Unis – beaucoup moins chères – soient utilisées dans de plus en plus de fromages et d’autres produits laitiers.

« Si le gouvernement ne fait rien, il va savoir c’est quoi une récession en ta – , laisse-t-il tomber. Ça n’ira vraiment pas bien. »

À son avis, les frontières devraient être mieux contrôlées pour éviter que le lait « diafiltré » prenne trop de place dans le marché.

Il pense aussi que les transformateurs devraient réintroduire le logo de la « petite vache bleue » - boudé par les grands transformateurs – sur les produits faits avec le lait 100% canadien.

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