DIVERTISSEMENT

Geneviève Dorion-Coupal: le destin international d'une chorégraphe québécoise (ENTREVUE)

24/09/2015 10:59 EDT
Courtoisie

Allers-retours Montréal-Vegas pour collaborer au nouveau spectacle de Céline Dion. Participation active à la production de Véronic Dicaire qui prendra d’assaut l’Europe. Mise en scène du premier spectacle entièrement produit par Moment Factory sur le troisième plus gros bateau de croisière du monde. Grande implication dans un projet des 7 Doigts de la main qui naîtra à Moscou. À quelques jours d’un voyage de travail en Chine, Geneviève Dorion-Coupal fait le point sur une année folle.

La relation de travail qui l’unit à la chanteuse de Charlemagne remonte à la tournée Unison, alors qu’elle dansait pour Céline, au début des années 90. À titre de danseuse ou de chorégraphe, Dorion-Coupal a toujours navigué dans l’entourage de Dion par la suite: galas au Québec, Star Académie, spéciaux au Centre Bell, spectacle sur les Plaines d’Abraham.

Sans oublier la nouvelle production présentée dans la capitale du jeu, depuis le 27 août. Elle avait pour mandat de chorégraphier les mouvements des choristes, qui assurent des numéros entiers pendant que la chanteuse change de tenue, et ceux des musiciens d’instruments à vent. Évidemment, faire danser des musiciens en pleine action exige une connaissance pointue de la musique. « On ne peut pas les faire bouger comme des danseurs et il faut avoir de réelles connaissances en musique pour que ça fonctionne. Je connais le solfège, j’ai joué de la flûte traversière au primaire et au secondaire, et mon père est pianiste de métier. J’ai baigné là-dedans toute ma vie. »

Geneviève Dorion-Coupal


Origines russes

Un autre membre de sa famille a eu une influence énorme sur son chemin. Dès l’âge de 4 ans, Geneviève apprenait la danse avec sa grand-mère Olga Bogovaya. La dame a étudié la danse à la prestigieuse école du Kirov de Leningrad, où elle a côtoyé Mikhaïl Barychnikov, l’un des danseurs les plus importants du XXe siècle.

Un homme que sa petite-fille a rencontré alors qu’elle envisageait délaisser son métier de danseuse au profit de celui de chorégraphe à temps plein. « Barychnikov faisait une tournée en sélectionnant des figurants et des danseurs dans chaque ville où il s’arrêtait. J’avais pris en charge cette portion du spectacle. Un soir, à la Place des Arts, je lui ai apporté des livres d’Olga sur ses années de danse, avec des photos et des textes écrits en russe. Je voulais lui rappeler des souvenirs d’école. Il a reconnu une photo de lui avec ma grand-mère, quand il avait 15 ans! J’avais l’impression de boucler une boucle: Olga avait marqué mes débuts en danse et lui marquait le début de la période où je me consacrerais uniquement à la chorégraphie. »

Coïncidence de la vie : Geneviève Dorion-Coupal élabore présentement un spectacle dont la première aura lieu… en Russie au printemps 2016. Une œuvre mélangeant l’opéra, le cirque, la danse et le théâtre, dans laquelle elle signe les chorégraphies et collabore à la mise en scène avec l’un des 7 Doigts de la main, Sébastien Soldevila.

Troisième métier: metteure en scène

Amenée de façon naturelle à la mise en scène, la créatrice a également dirigé plusieurs mégaprojets comme les deux derniers galas Gémeaux animés par René Simard, les trois dernières éditions de la fête du Canada et le spectacle de Chantal Chamandy aux pieds des pyramides d’Égypte. « Ce sont de gros bateaux qu’il faut mener avec plusieurs collaborateurs et qui nécessitent des notions dans chaque département. J’ai l’impression d’être au sommet d’une tour de contrôle et de diriger plusieurs avions. »

D’ici peu, elle retrouvera une autre chanteuse avec qui elle travaille depuis la nuit des temps : Véronic Dicaire. Après avoir monté les spectacles pour le Québec et Las Vegas, elle collabore avec l’imitatrice au renouvellement et à l’adaptation de numéros pour le public français, en plus de créer une équipe de danseuses entièrement québécoise.

« J’ai fait de grosses auditions la semaine dernière, après avoir passé trois jours à regarder des candidatures sur vidéo. Plusieurs se croient capables de joindre le show, mais ils ne sont pas de calibre international. Il faut que Véronic ait les meilleures. On a finalement accueilli 65 danseuses en auditions pour les voir travailler et sentir si leur énergie se mélangeait harmonieusement à celle de Véro. »

La chorégraphe ne tarit pas d’éloges envers la femme aux multiples voix. « C’est une machine! Elle a la même rigueur pour travailler les chorégraphies que ses imitations. Véro est une bête de travail qui n’offre aucune demi-mesure. On travaille sur les spectacles à l’avance, elle prend le temps d’intégrer et s’endort en y pensant. Elle a besoin d’assimiler. C’est l’avantage de suivre les artistes pendant longtemps : on connait le procédé qui fonctionne avec eux. »

Spectacle sur l’eau

En termes de suivi, Dorion-Coupal assure aussi celui de Star Water, qu’elle a imaginé pour le nouveau bateau de Royal Caribbean. Une œuvre à des années-lumière du clin clan quétaine que plusieurs associent aux croisières. « Moment Factory a créé un visuel hallucinant! De mon côté, j’ai trouvé l’idée maîtresse qui tourne autour du “rayon vert”, un phénomène rare qui dure un millième de seconde, au lever ou au coucher du soleil. Le personnage principal est une muse qui tente d’éterniser ce moment, lorsque se croisent les étoiles du ciel, qui représentent l’énergie masculine, et les étoiles marines, qui symbolisent l’énergie féminine. Elle tente d’éterniser leur rencontre pour que leur amour devienne éternel. »

Après trois mois de travail en Floride et quelques semaines en Allemagne, la grande première londonienne a eu lieu le 31 octobre 2014. Le spectacle poursuit sa route depuis. « J’embarque sur le bateau sporadiquement pour peaufiner des détails ou travailler avec une nouvelle distribution. Je les rejoins un peu partout. »

Agente de danseurs

Jamais à court d’idées, elle travaillera bientôt sur la troisième saison de La Voix et un nouveau spectacle avec Gregory Charles, qui sera présenté dans le Qube. Sans oublier son plus récent bébé, l’agence KIK, qu’elle a fondée pour promouvoir et protéger les danseurs. « L’agence représente 62 danseurs au Québec et aux États-Unis. Je m’assure qu’ils aient de bonnes conditions de travail, je leur offre du réseautage, je canalise l’information sur les castings, je les aide à préparer leur portfolio et je leur donne des conseils de formations. Je joue à Mère Teresa depuis trois ans! Je suis fière de pouvoir aider les jeunes danseurs. »

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