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Les pays d'Europe qui font rêver les réfugiés et ceux qu'ils préfèrent éviter (CARTE)

23/09/2015 08:20 EDT | Actualisé 23/09/2015 11:51 EDT

Ils ont pris la route de l'Europe et rêvent de Suède, de Norvège, de Finlande ou d'Allemagne: les migrants rencontrés par l'AFP alors qu'ils cheminent actuellement vers l'ouest du continent visent prioritairement, parmi les pays qui acceptent les quotas de migrants de Bruxelles, ceux du nord, réputés calmes et prospères. De son côté, la France reste paradoxalement l'un des pays européens les moins plébiscités.

Sur la base des catégories créées par l'AFP à partir des témoignages récoltés, Le HuffPost France a créé une carte des pays acceptant les quotas de réfugiés classés de ceux qui ont la faveur des migrants à ceux qui sont le moins attirants à leurs yeux (l'article continue sous la carte):

Légende de la carte:

En vert: les pays plébiscités par les réfugiés;

En orange: les pays tentants pour les réfugiés, mais présentant des difficultés;

En rouge: les pays que préfèrent éviter les réfugiés.

• SUÈDE, NORVÈGE, FINLANDE: L'ELDORADO

Exception faite du Danemark, dont les positions fermes ont résonné jusque sur les routes d'Europe, les pays scandinaves sont plébiscités. "J'ai entendu dire qu'en Suède, la vie est vraiment agréable, que les salaires sont bons et qu'il y a du travail. Nous y serons en sécurité", résume Hassan Torkmani, un préparateur de parfums syrien de 29 ans croisé à Nickelsdorf (Autriche).

"La Suède, c'est bien pour les Syriens mais pas pour les Irakiens. J'ai lu ça sur Facebook", confie un demandeur d'asile irakien rencontré à Helsinki (Finlande).

Les Irakiens privilégient les pays voisins. En effet, en Finlande, lors du premier semestre 2015, 54% des demandes d'asile d'Irakiens ont été acceptées, contre 33% en Suède. Depuis Bregana (frontière croato-slovène), Omar Khaldi, frais diplômé en architecture originaire de Bassorah (Irak), vise, lui, la Norvège: "J'ai regardé avant de partir et j'ai vu que les délais (pour obtenir des papiers) sont assez courts. Peu de gens veulent y aller, donc ça peut aider".

Le système éducatif scandinave nourrit aussi les espoirs des étudiants. Mahmud Haji, 23 ans, espère finir en Norvège ses études de psychologie inachevées en Syrie.

Mais l'afflux de réfugiés suscite des crispations. La Finlande a renforcé les contrôles à sa frontière avec la Suède pour maîtriser le flot et samedi des manifestations contre l'immigration ont eu lieu dans plusieurs villes.

• L'ALLEMAGNE, PROCHE ET FAMILIÈRE

"Quand tu demandes aux Syriens et aux Afghans où ils vont, ils disent 'l'Allemagne, l'Allemagne, l'Allemagne'. C'est gravé dans leurs têtes qu'il faut aller en Allemagne", explique Yasin Hatami, un Afghan de 29 ans, en gare de Vienne. Il espère rejoindre bientôt femme et enfants à Munich.

Beaucoup ont de la famille ou des amis en Allemagne. "J'espère y arriver vite car j'ai dépensé tout mon argent", soit 2 000 euros, confiait à Beremend (frontière croato-hongroise) Mohamed, étudiant en sciences politiques de Damas.

• L'AUTRICHE GÉNÉREUSE

Les images de l'accueil chaleureux dans les gares d'Autriche ont séduit. A Bregana, Ahmad hésite entre Pays-bas et Autriche, mais son coeur penche vers les Alpes. "J'ai vu à la télé que c'est un peuple généreux. Ils disent 'Dans chaque maison, il y a une place pour un Syrien'", raconte ce barbier de 22 ans.

• LA FRANCE INHOSPITALIÈRE

La France, "patrie des droits de l'Homme", ne jouit paradoxalement pas de cette image. Si François Hollande a annoncé être prêt à accueillir 24 000 personnes en deux ans, rares sont les migrants qui veulent gagner l'Hexagone. "La France ne nous acceptera pas", affirment-ils, catégoriques. Tous ont des proches ou des connaissances qui ont vu leurs demandes rejetées.

Ceux qui veulent venir ont une relation particulière au pays, comme cet ancien cadre de Carrefour à Damas croisé à Gevgelija (frontière macédonio-grecque) ou ce musicien syrien en transit à Bregana pour qui "c'est un bel endroit pour les artistes". "Mais", enchaîne-t-il, "il paraît qu'il y a des endroits sales et dangereux à Paris. C'est vrai?"

• LE ROYAUME-UNI, TENTANT MAIS COMPLIQUÉ

Le Royaume-Uni est connu pour ses opportunités économiques, et attirant. "Là-bas, il y a du travail, on peut y monter facilement son affaire", résume un Afghan, faisant fi des difficultés d'accès à l'île, de la longue attente pas toujours récompensée à Calais, et des priorités accordées à certaines nationalités. David Cameron a finalement annoncé être prêt à accueillir sur cinq ans 20 000 réfugiés syriens. Hassan, le préparateur de parfums syrien, et sa famille "auraient bien aimé y aller, mais c'est trop compliqué, trop loin".

• EN EUROPE DU SUD, UN HORIZON ÉCONOMIQUE BOUCHÉ

Aucun migrant rencontré par les journalistes de l'AFP n'envisage d'aller dans un pays du sud de l'Europe. L'Espagne s'est pourtant déclarée prête à accueillir 14.931 migrants, le troisième plus gros contingent européen après l'Allemagne et la France.

"Les gens sont pauvres en Espagne, ils ne peuvent pas nous accueillir comme l'Allemagne ou la Norvège", estime Mahmud Haji, l'étudiant syrien. "L'Italie est un beau pays mais ils n'ont pas une bonne situation économique, abonde l'Irakien Omar Khaldi. Peut-être que j'irai, mais plus tard".

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