Les titres québécois les plus attendus de la rentrée littéraire

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De nouvelles plumes singulières, des romans événements de Banane Rebelle et de Daniel Grenier, un portrait de Nelly Arcan, le dernier tome de la diaspora des Desrosiers, un miroir sur l’état du journalisme, le premier roman de Fanny Britt, le retour attendu d’Alexandre Soublière, des drames qui viendront ébranler les fondations de votre existence, des comédies qui ajouteront quelques courbatures à votre sourire. À n’en point douter, la rentrée littéraire québécoise regorge de livres à ne pas manquer cet automne.

Un roman qui se déploie sur presque trois siècles. Un jeune homme qui apprend de la bouche de son père qu’il ne peut pas exister tous les ans, question de préserver l’équilibre du monde. Ledit père qui disparaît avec les réponses aux questions de son fils, vieillissant dans un décor d’Appalaches, quelque part au Tennessee. En plongeant dans cette histoire, qui est non sans rappeler la magie d’un certain Benjamin Button, les lecteurs franchiront les frontières de l’histoire (Guerre civile américaine, Conquête, amour montréalais du 19e siècle) et découvriront la plume ambitieuse de Daniel Grenier dans L’année la plus longue (Quartanier, 25 août).

Autre O.V.N.I. littéraire de l’automne: Tas-d’roches (Druide, 26 août), de Gabriel Marcoux-Chabot, alias la Banane rebelle des manifestations étudiantes de 2012, qui révolutionne les techniques narratives et marie le français, le parler québécois, le vieux français, l’innu et le chiac, tel un célébrant de la néo-littérature. Au-delà de ce qu’il décrit lui-même comme un all you can eat littéraire, l’auteur raconte les aventures d’un champion de fond de rang. Son éditeur affirme qu’il a quelque chose de Fred Pellerin dans la tournure et beaucoup de jamais-vu dans la structure. Ça promet!

Danielle Laurin, Catherine Mavrikakis, Robin Aubert, Marie Brassard, Édouard H. Bond, Nancy Huston et Mélikah Abdelmounen sont quelques-unes des têtes qui se sont penchées sur Nelly Arcan, l’écrivaine insondable et inoubliable, dans Je veux une maison faite de sorties de secours (VLB, 21 octobre). Dirigé par Claudia Larochelle, l’ouvrage est une courtepointe de confidences, d’entretiens, de photos et de rêves, six ans après le suicide de cette figure incontournable de la littérature québécoise.

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Auréolée du Prix du Gouverneur général en 2013 pour Jane, le renard et moi, auteure de l’essai percutant sur la maternité, Les tranchées, membre en règle des dramaturges les plus intéressants des dix dernières années, Fanny Britt débarque avec son premier roman, Les Maisons (Cheval d’août, 27 octobre). Une œuvre s’intéressant au sort d’une chanteuse classique convertie au conformisme, qui sera confrontée à un vieil amour, entre une visite immobilière et un cours de natation.

Le journalisme sera analysé sous tous les angles cette saison. D’abord avec Foglia, l’Insolent (Édito, 27 septembre), un essai biographique de Marc-François Bernier sur l’ex-chroniqueur vedette de La Presse retraité depuis février 2015, après 40 ans à redéfinir les contours de la profession. Marie-France Bazzo et Nathalie Collard s’interrogent sur les communications de masse (médias publics, convergence, médias sociaux, régions, financement, coulisses des journaux, des réseaux télé, des radios et des blogues) dans De quels médias le Québec a-t-il besoin? (Leméac, 7 octobre). Pierre Cayouette et Robert Maltais dissèquent la révolution numérique, la dictature de l’opinion, l’état du grand journalisme et de l’analyse en profondeur dans Les Journalistes (Québec Amérique, 21 octobre).

Martin Forgues partagera sa vision d’un journaliste mentor, quatre ans après son décès, Gil Courtemanche: une juste colère (Somme Toute, novembre). Isabelle Hachey – à qui l’on doit les révélations sur les faux reportages de François Bugingo – publiera Déracinés – Les enfants perdus d’Hato Mayor (La Presse, 14 septembre), sur les dérives de l’adoption internationale. Puis, le terrorisme « à la canadienne » sera décortiqué par Fabrice de Pierrebourg et Vincent Larouche dans Djihad.ca – Loups solitaires, cellules dormantes et combattants (La Presse, 24 août).

Dans un autre registre, Jean-René Dufort publiera On est tous quelque part (La Presse, 19 octobre), un livre de photos prises partout à travers le monde, accompagnés de courts textes. La chef d’antenne du Téléjournal Ontario, Catherine Lafrance, raconte le destin de trois personnages qui ont sombré, qui continuent de trébucher et d’avoir mal, en redéfinissant l’expression « sensibilité à fleur de peau », dans le roman Jusqu’à la chute (Druide, octobre).

Retours attendus

Alexandre Soublière revient enfin avec une offrande littéraire, trois ans après avoir été finaliste au Grand Prix littéraire Archambault avec le brutalement contemporain Charlotte before Christ. Tout au long d’Amanita Virosa (Boréal, 25 août), il utilise sa plume acérée pour illustrer les sombres desseins d’une entreprise qui exploite les pulsions de domination de la race humaine, en vendant l’image des gens, à l’ère de la jungle cybernétique.

Stéphane Dompierre rapplique avec Tromper Martine (Québec Amérique, 23 septembre), un roman dans lequel un quarantenaire usé fuit sa vie et sa famille vers l’Europe, où il croisera un vieil ami musicien, éternel adolescent, ainsi qu’un homme cocu, alors qu’il tente de se retrouver.

Les nouveaux écrits de Michel Tremblay feront certainement courir les foules, alors qu’il publiera La Traversée du malheur (Leméac, 21 octobre), le dernier tome de La Diaspora des Desrosiers qui tend la main aux Chroniques du Plateau-Mont-Royal.

L’artiste multidisciplinaire Marc Séguin, particulièrement reconnu en tant que peintre, quoique maintes fois primé pour ses deux premiers romans (La foi du braconnier, Hollywood), se commet à nouveau du côté des mots avec Nord Alice (Leméac, 7 octobre), une histoire de chirurgien exilé au Nunavik, où il retracera les lignes de sa vie et des hommes de sa famille.

Consacré par La fabrication de l’aube et Garage Molinari, Jean-François Beauchemin offre à ses fidèles lecteurs Objets trouvés dans la mémoire (Leméac, 16 septembre), une centaine de brèves histoires qui pointent dans toutes les directions, avec un même port d’attache: le style raffiné et l’intériorité enveloppante de l’écrivain.

Le poète, écrivain et essayiste d’origine haïtienne, Rodney Saint-Éloi, revient à l’avant-scène avec le recueil de poésie Je suis la fille du baobab brûlé (Mémoire d’encrier). Marie-Claire Blais se penche sur la vie d’un romancier, aux prises avec des rêves et des cauchemars pétrifiants, alors qu’il va à la rencontre d’un groupe d’écrivains dans une villa isolée dans Le Festin au crépuscule (Boréal, 22 septembre).

Auteur de la puissante pièce de théâtre Being at home with Claude, René-Daniel Dubois, creuse la saga amorcée avec Porte d’entrée, en 2013, en publiant Vestibule – Le livre inachevé de l’orgueil des rats (Leméac, 23 septembre), où s’entrecroisent des personnages plus grands que nature.

Du côté des thrillers, on attend avec une hâte non dissimulée Quand j’étais Théodore Seaborn (Goellette, 5 novembre), le nouvel opus de Martin Michaud, qui délaisse momentanément l’enquêteur Lessard, pour plonger au cœur d’une histoire de terrorisme, de laboratoire clandestin, d’État islamique et d’épuisement professionnel. On est très heureux de retrouver la plume de Benoît Bouthillette et son fidèle Benjamin Sioui, enquêteur amérindien anticonformiste, qui cherchera à élucider plusieurs disparitions d’enfants à Cuba, dans La somme du cheval, Partie 1 – L’heure sans ombre (Druide, octobre). N’oublions pas la nouvelle offrande de Jean-Jacques Pelletier, Machine God (Hurtubise, 5 novembre), où se mêlent encore une fois magouilles, politique, religion, police et secrets, pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Après avoir illustré la désolation des pensionnats autochtones dans Le vent en parle encore, le journaliste et romancier Michel Jean fait valser sa plume entre Montréal et le Nunavut, dans La Belle Mélancolie (Librex, 23 septembre), une histoire d’apparences et de gestion de crise. La prolifique Marie Laberge garnira les tablettes avec deux nouvelles sorties: Treize verbes pour vivre (Québec Amérique, 26 octobre), un essai où elle dissèque la place de certains verbes dans sa/la vie, ainsi que Ceux qui restent (Québec Amérique, 26 octobre), un roman construit autour d’un suicide et de ceux qui continuent de vivre.

Pascale Wilhelmy fera vibrer ses lecteurs avec Une nuit, je dormirai seule dans la forêt (Librex, 30 septembre), le récit d’Emma, une presque quarantenaire qui se promet de vaincre les peurs qui la paralysent depuis trop longtemps. Finaliste au Prix des lecteurs de Radio-Canada 2014 avec L’équation du temps, Pierre-Luc Landry propose Les corps extraterrestres (Druide, 31 septembre), un texte qui fait la belle part aux blasés magnifiques, qui s’accrochent aux mots pour compenser leur aptitude à s’ancrer dans le monde. Porté par une nomination au Prix du GG grâce à Eux et une critique plus que favorable à propos de La danse des obèses, Patrick Isabelle rapplique avec Camille (Leméac, 14 octobre), où il creuse les thématiques de la violence, de l’abus et de l’amour.

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Nouveau genre

Impossible de ne pas porter attention à Tommy l’enfant-loup, livre jeunesse de l’auteur d’Arvida, Samuel Archibald, réalisé en étroite collaboration avec l’illustratrice Julie Rocheleau (Quartanier, 3 novembre). Pour sa part, la chanteuse et comédienne Stéphanie Lapointe a imaginé aux côté de Rogé le livre Grand-père et la lune (XYZ, 24 septembre), qui s’attarde à une jeune fille retenue au Concours-de-qui-ira-sur-la-Lune, au plus grand plaisir de son aïeul.

Comédienne célébrée et auteure de théâtre, Sylvie Drapeau fait ses premiers pas comme romancière avec Le Fleuve (Leméac, 24 août), l’histoire d’un été initiatique où de jeunes Nord-Côtiers devront apprendre à vivre après la disparition d’un des leurs. Lui aussi nouvel arrivant sur la terre des romanciers, le journaliste, éditeur et chanteur Tristan Malavoy propose Le nid de pierres (Boréal, 3 novembre), une histoire élaborée autour de Laure et Thomas, jeunes trentenaires quittant la ville au profit de la campagne et envisageant l’idée d’ajouter un enfant dans le monde.

Curiosité exacerbée

On a envie de lire l’histoire débordante d’émotions, mais dénuée de fard, que la comédienne et auteure Louise Portal a écrite à propos des derniers instants de sa jumelle Pauline Lapointe, de leurs déchirements, de leurs réconciliations et de leur amour, dans Pauline et moi (Druide, Septembre).

On veut découvrir le parcours de la multiple médaillée olympique Clara Hughes dans Cœur ouvert, esprit ouvert (Librex, 16 septembre). On ne manquera pas de lire Lettre à une jeune cinéaste de Micheline Lanctôt (VLB, 27 octobre); les réflexions empreintes de poésie botanique de Boucar Diouf dans Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres (La Presse, 5 octobre); La trahison des corps (Stanké, 23 septembre), la nouvelle histoire de l’écrivaine et psychoéducatrice Stéphanie Deslauriers, qui analyse le rapport au corps d’une jeune cancéreuse en phase terminale; la vision de l’avenir de l’environnementaliste David Suzuki dans Lettres à mes petits-enfants (Boréal, 1er septembre); le recueil des chroniques fabuleusement drôles, lucides et percutantes, Fiston (VLB, 30 septembre) de Jonathan Roberge; le voyage intime auquel nous convie la chanteuse Florence K, qui lève le voile sur l’abysse de la dépression dans laquelle elle a sombré, dans Buena Vida (Libre Expression, 14 octobre).

On veut également savourer la « biographie » de maestro Kent Nagano, doublé d’une ode à la musique classique, Sonnez les merveilles (Boréal, 17 novembre); l’essai de Martine Tremblay sur l’histoire du Bloc québécois, de ses débuts en 1990 jusqu’à la fin de sa domination sur le paysage politique québécois en 2011, La Rébellion tranquille (Québec Amérique, 23 septembre); l’ouvrage de la néonatologiste Annie Janvier sur les prématurités et naissances difficiles, Respire, bébé, respire! (Québec Amérique, 7 octobre), ainsi que le collectif Un début de siècle (Quartanier, 6 octobre), dans lequel Nicolas Dickner, Alain Farah, Samuel Archibald, Éric Plamondon et Marie Hélène Poitras réfléchissent sur la littérature et racontent des histoires sans contrainte de sujet ou de ton.

À ne pas oublier

Malgré la quantité impressionnante de livres à surveiller durant cette rentrée mastodonte, on ne manquera pas d’inscrire à notre liste les titres suivant: Barbe de Julie Demers (Héliotrope, août), Le Parfum de Nour de Yara El-Ghadban (Mémoire d’Encrier, septembre), le collectif Des nouvelles de Ta Mère avec entre autres Jean-Phillipe Baris-Guérard, Sarah Berthiaume, Olivier Morin et Simon Boulerice (Éditions de ta mère, septembre), Les enfants de Liverpool d’Hugues Corriveau (Druide, septembre), Saint patron des backpakers de Dominique Stévez La Salle (XYZ, 3 septembre), Hôzuki d’Aki Shimazaki (Leméac, 2 septembre), le collectif 5 étoiles formé par Deni Béchard, Perrine Leblanc, Patrick Senécal, Chrystine Brouillet, Daniel Bélanger, Stéphanie Pelletier et Mathieu Laliberté, qui ont fait aller leur imagination autour de La disparition de Michel O’Toole (XYZ, 12 novembre), Satyriasis de Guillaume Lambert (Leméac, 9 septembre), Chaque fois de Stéphanie Bellemare-Page (Leméac, 19 août), Portrait de femme en feu de Claudia Goyette (Leméac, 19 août) et Veiller la braise de Sara Lazzaroni (Leméac, 19 août).

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