BIEN-ÊTRE

«Sugar Coated»: le sucre est-il le nouveau tabac? (VIDÉO)

25/06/2015 10:39 EDT | Actualisé 25/06/2015 10:53 EDT

La semaine dernière avait lieu la présentation du documentaire Sugar Coated à Québec, dans lequel on constate le pouvoir d’industrie qui a fait taire les scientifiques ayant prouvé les effets néfastes du sucre il y a des décennies.

La réalisatrice Michèle Hozer, récipiendaire d’un prix Emmy pour son documentaire Shake Hands with the Devil: The Journey of Romeo Dallaire et dont le documentaire The Inner Life of Glenn Gould a été présélectionné aux Oscars, s’est intéressé au dossier du sucre quand elle a noté la ressemblance avec celui du tabac, principalement d’un point de vue de relations publiques. Comme à l’époque où l’on faisait croire aux gens que le tabac n’était pas nocif pour la santé, une histoire semblable s’est produite dans l’industrie du sucre. «Nous sommes déjà passés par là. Les chercheurs savaient il y a plus de 40 ans que le sucre contribuait aux risques de maladies du cœur, au diabète et à l’obésité. Il y avait même une proposition d’apposer un avertissement sur les aliments sucrés. Mais, le débat est disparu.» Raconte, Michèle Hozer.

Au cours du documentaire, nous découvrons la puissance du lobbying de l’industrie du sucre pour dissimuler ses effets néfastes sur la santé aux yeux du grand public pendant tant d’années. Voilà qu’aujourd’hui, la surconsommation de sucre est incontestablement un problème de santé publique en Amérique du Nord, mais aussi dans plusieurs autres pays dans le monde. En 2003, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandait déjà de limiter notre consommation de sucres ajoutés à 10 % de notre apport en énergie totale, soit l’équivalent de 50 g ou 12,5 c. à thé. L’année dernière, elle resserrait la vis en précisant que l’idéal serait de viser un apport maximal de 5%.

Précisons toutefois qu’il s’agit bien de sucres ajoutés, dits aussi libres, comme le sucre blanc et tous ses dérivés, le miel, les sirops d’érable et d’agave. À ne pas confondre avec les sucres naturellement présents dans les aliments, comme les fruits et les légumes, par exemple. Cette nuance n’est pas toujours claire dans le film, ce qui risque d’alarmer certains téléspectateurs ou d’être trop sévère, voire lassant, pour les bibittes à sucre.

Ici, Santé Canada apportera des modifications au tableau des valeurs nutritives, notamment par rapport à la teneur en sucre. Ils indiqueront le pourcentage de valeur quotidienne (VQ) situé à la droite du tableau, comme c’est déjà le cas pour les lipides, le sodium et les fibres, par exemple. La valeur quotidienne pour les sucres sera de 100 g, sans faire la différence entre les sucres naturellement présents dans les aliments et les sucres libres. Ça risque de ne pas être très clair pour le consommateur, mais surtout avantageux pour l’industrie alimentaire.

Le documentaire Sugar Coated sera présenté à Montréal au Cinéma du Parc le 10 août et en version française sur les ondes de Canal D à l’automne.

Téléchargez l’application mobile gratuite, OneSweetApp pour savoir si vous mangez trop de sucres libres et totaux.

Puis, pour connaître les démarches de la Coalition québécoise sur la problématique du poids à propos des boissons sucrées, visitez le site de leur campagne : Sucre liquide, pas tous les jours!

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