POLITIQUE

Interdiction de fumer en terrasse : les propriétaires de bars préparent leur riposte (VIDÉO)

21/06/2015 12:59 EDT | Actualisé 22/06/2015 06:42 EDT

Craignant de perdre des clients si l'Assemblée nationale adopte le projet de loi sur l'interdiction de fumer en terrasse, les propriétaires de bars et de restaurants du Québec fourbissent leurs armes afin de renverser la vapeur.

Un texte de Julie Dufresne

Radio-Canada a appris que l'Union des tenanciers de bars du Québec effectue des tests sur les terrasses de plusieurs établissements dans l'espoir de faire plier le gouvernement Couillard. Le projet de loi 44, qui vise à renforcer la lutte contre le tabagisme, interdirait notamment de fumer sur les terrasses ainsi qu'à moins de neuf mètres des établissements. La nouvelle règlementation s'appliquerait à toutes les formes de tabagisme, y compris la cigarette électronique .

« Nous, ce qu'on cherche à déterminer, c'est : "Est-ce que la fumée de tabac dans un milieu qui n'est pas clos - donc ouvert - est aussi nuisible que ce que semble prétendre le gouvernement, alors qu'il ne semble pas y avoir de données scientifiques ou même empiriques qui viennent appuyer l'hypothèse qui a été déposée?" », se demande l'avocat de l'Union des tenanciers de bars du Québec, Sébastien Sénéchal.

Le regroupement, qui représente 1500 établissements, a retenu les services de Guy Arbour, un ingénieur. Sous la supervision d'un ex-juge à la retraite, il effectue des tests sur plusieurs terrasses, essentiellement dans la région montréalaise.

« Ce qu'on essaie de déterminer, c'est s'il y a un risque accru au niveau de l'exposition humaine par le fait qu'il y a des fumeurs sur les terrasses en ville », explique Guy Arbour. Pour ce faire, on compare des terrasses occupées et inoccupées, et on regarde dans la rue également. L'idée est de voir si on accroît l'exposition à des particules fines à un niveau qui accroît sensiblement au point de vue pulmonaire et autre. »

L'Union des tenanciers de bars espère que ces arguments scientifiques vont convaincre le gouvernement de reculer sur la question de l'interdiction de fumer sur les terrasses, sans quoi elle laisse entendre qu'elle pourrait se tourner vers les tribunaux.

« Si on voit qu'il n'y a pas d'oreille ouverte, la voie judiciaire est envisagée. »

— Sébastien Sénéchal, avocat de l'Union des tenanciers de bars du Québec

La ministre de la Santé publique, Lucie Charlebois, se dit prête à entendre tous les points de vue lors de la commission parlementaire qui se penchera sur son projet de loi. Mais elle insiste : elle a en mains plusieurs études qui démontrent que la fumée secondaire est nocive, même en petite quantité.

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