POLITIQUE

Jurisconsulte: Fournier met Péladeau en garde (VIDÉOS)

03/06/2015 01:20 EDT | Actualisé 03/06/2015 06:39 EDT

QUÉBEC _ Le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a prévenu le chef péquiste Pierre Karl Péladeau, mercredi, qu'il ne peut pas retirer sa confiance au jurisconsulte de l'Assemblée nationale.

M. Fournier a affirmé que M. Péladeau a le droit de ne pas consulter le jurisconsulte Claude Bisson, qu'il a déjà accusé d'être en conflit d'intérêts lorsqu'il se prononce sur sa situation.

M. Bisson sera entendu mercredi, dans le cadre d'une commission parlementaire qui étudie la possibilité de modifier le code d'éthique des députés, adopté il y a cinq ans. La semaine dernière, le commissaire à l'éthique Jacques Saint-Laurent a également été entendu.

En mars, M. Péladeau avait jugé anormal que M. Bisson formule un avis sur la constitution des fiducies sans droit de regard des membres du conseil des ministres, qui contredisait indirectement une affirmation du chef péquiste.

Selon M. Péladeau, M. Bisson est dans une situation de conflit d'intérêts concernant M. Péladeau parce que son fils a été congédié du Journal de Montréal, une filiale de Québecor, conglomérat dont il est actionnaire de contrôle.

Mercredi, en se rendant à un caucus de ses députés, M. Péladeau a répété que cet épisode l'a dissuadé de consulter M. Bisson, dont l'avis avait été rendu public par M. Fournier, qui l'avait sollicité.

"Ce que j'ai compris du témoignage du commissaire à l'éthique, c'est que la loi fait en sorte qu'il doit exister, et c'est son rôle d'ailleurs d'être consulté par les députés, un niveau de confiance et un niveau de confidentialité, a-t-il dit. Or il semble dans le cas du jurisconsulte que ce ne soit pas la situation. Le jurisconsulte est consulté par les députés et puisqu'il doit exister ce lien de confiance, évidemment il doit exister cette confidentialité c'est comme une relation de cause à effet."

M. Péladeau a rejeté toute possibilité de s'adresser à lui.

"Moi, je sais que moi je ne le consulterai pas", a-t-il dit aux journalistes.

Lors d'un échange avec la presse parlementaire, avant la période des questions, M. Fournier a mis en garde le chef péquiste contre la tentation de retirer publiquement sa confiance à M. Bisson.

"Qu'il dise qu'il ne consulte pas, il a le droit de ne pas consulter, a-t-il dit. S'il dit qu'il n'en a pas confiance, à ce moment-là, il brime, il contrevient au code d'éthique qui fait en sorte que chaque député doit maintenir sa confiance et le respect en nos institutions. Le jurisconsulte en est un."

M. Péladeau croit que les questions soulevées par ses adversaires sur sa situation d'actionnaire de Québecor trouvent peu d'échos dans la population.

"Mon sentiment, effectivement, c'est que c'est un débat d'initiés et puis d'une certaine façon on a pu le constater puisqu'il y a eu un sondage. La population est interrogée et il semble qu'effectivement ça ne retienne pas particulièrement l'attention du public québécois."

Dans un sondage Léger publié le mois dernier, 30 pour cent des répondants souhaitent que M. Péladeau vende ses actions tandis que 43 pour cent seraient satisfaits qu'il les place dans une fiducie sans droit de regard.

M. Péladeau s'est engagé volontairement à placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, une disposition exigée seulement des membres du conseil des ministres.

Le chef péquiste souhaite toutefois interdire la vente de son bloc de contrôle de Québecor, une instruction que le jurisconsulte juge contraire à la notion de fiducie sans droit de regard.

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