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Pensionnats autochtones: Stephen Harper n'accepte pas le terme «génocide culturel» (VIDÉO)

02/06/2015 07:07 EDT | Actualisé 02/06/2015 07:07 EDT

Le premier ministre Stephen Harper refuse de souscrire à l'expression «génocide culturel» pour qualifier ce qui est survenu dans les pensionnats autochtones.

Invité par le chef néo-démocrate Thomas Mulcair à se prononcer sur la question en Chambre, mardi, le chef conservateur a préféré employer le terme "assimilation forcée" pour décrire ce sombre chapitre de l'histoire canadienne.

Il n'a donc pas voulu reprendre à son compte ce terme lourd de sens que l'on retrouve dans le tout premier paragraphe du rapport de la Commission vérité et réconciliation (CVR).

Celui-ci conclut que "l'établissement et l'opération de pensionnats autochtones" était une "partie centrale" d'une politique gouvernementale ne pouvant "être décrite que comme un génocide culturel".

L'expression avait également été employée il y a quelques jours par la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, dans un discours.

Et elle est acceptée par les chefs des deux principaux partis d'opposition aux Communes, Thomas Mulcair et Justin Trudeau.

Le dirigeant du Nouveau Parti démocratique (NPD) ne l'a pas dit explicitement, mardi, "mais la raison pour laquelle il a demandé au premier ministre s'il était d'accord avec ce terme, c'est parce qu'il l'accepte", a précisé son attaché de presse, George Smith.

Son adversaire libéral l'accepte également: "Je suis d'accord avec les conclusions du rapport et de la juge en chef de la Cour suprême que ce fut un génocide culturel", a résumé M. Trudeau en point de presse.

"Mais l'important, maintenant, c'est ce qu'on en fait, comment on va prendre l'action nécessaire pour réconcilier, pour faire les excuses nécessaires et bâtir un avenir ensemble pour tous dans ce pays", a-t-il poursuivi.

Le bureau du premier ministre a refusé de préciser si le refus de M. Harper d'employer le terme "génocide culturel" en Chambre signifiait qu'il n'y souscrivait pas.

Selon le rapport de la CVR, "le Canada a séparé des enfants de leurs parents en les plaçant dans des pensionnats", et ce n'était pas "pour les éduquer, mais bien pour rompre le lien avec leur culture et leur identité".

En cela, les Premières Nations ont été victimes d'un génocide culturel, a tranché la Commission vérité et réconciliation après six ans de travaux.

Le gouvernement canadien aurait essentiellement déclaré les parents Autochtones "inaptes" en envoyant leurs enfants dans ce système, administré en grande partie par les Églises catholique, anglicane, unie, méthodiste et presbytérienne, note le rapport.

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