POLITIQUE

Loi sur l'équité salariale: Jacques Parizeau, un homme en faveur de l'égalité des femmes

02/06/2015 05:20 EDT | Actualisé 02/06/2015 05:20 EDT

Bâtisseur de l'État, économiste hors pair, pédagogue de talent, homme de conviction : les qualificatifs pleuvent pour décrire Jacques Parizeau, décédé la nuit dernière. Mais d'autres voix soulignent aussi un aspect quelque peu oublié de son héritage politique : son engagement en faveur de l'égalité des femmes, grâce à l'adoption de la Loi sur l'équité salariale.

C'est ce qu'a notamment souligné la co-porte-parole de Québec solidaire, François David, en lui rendant hommage à l'Assemblée nationale. Elle s'est souvenue que Jacques Parizeau s'était joint à la marche des femmes contre la pauvreté - baptisée « Du pain et des roses », qui a eu lieu pendant 10 jours - au printemps 1995, et qu'il a agi en conséquence par la suite.

M. Parizeau, qui dirigeait alors le Québec depuis un peu plus de huit mois, s'était joint à la marche au moment où elle passait dans sa circonscription de l'Assomption, peu après s'être mise en branle.

« Il s'est tout simplement joint à nous. C'est ça qui m'a frappée. Il n'y a pas eu de grands appels aux médias. Ça n'a pas été un grand évènement. Tout simplement, tout d'un coup, M. Jacques Parizeau est arrivé. [...] Il a passé quelques heures comme ça avec nous », a relaté Mme David, en admettant qu'elle était un peu intimidée par l'homme à cette époque.

Au terme de la marche, M. Parizeau a eu « le courage et l'audace » de se présenter devant les 18 000 personnes rassemblées devant l'Assemblée nationale, pour obtenir des réponses à leurs revendications, et « il a présenté lui-même les réponses », a rappelé Mme David. « Je n'ai jamais vu depuis un premier ministre du Québec avoir cette audace ».

« Il savait très bien que certaines de ses réponses seraient jugées insuffisantes par les femmes. Les femmes n'ont pas manqué de le dire. [...] Je trouve que ça prend du courage de la part d'un homme politique pour prendre ce genre de risque. M. Parizeau, il avait le goût de ce genre de risques », a-t-elle ajouté.

« M. Parizeau avait compris l'importance d'appuyer les revendications des femmes qui demandaient plus d'égalité. Il croyait sincèrement que des choses devaient changer. »

— Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire

« Il s'était engagé à l'époque à rendre automatique la perception des pensions alimentaires. Il s'était engagé aussi à déposer une loi sur l'équité salariale. Tout cela a été fait et les Québécoises ont donc connu un pas en avant important vers l'égalité », a conclu Mme David au terme de cette histoire.

L'ex-ministre péquiste Rémy Trudel soutient lui aussi que l'équité salariale fait partie du legs politique de Jacques Parizeau. Il se souvient que son ancien chef s'est engagé en faveur de l'équité salariale lors de la réunion du Cabinet qui a eu lieu eu lendemain de la défaite référendaire du 30 octobre 1995.

« Au lendemain du référendum - j'y suis dans la salle - il dira : "je quitte, mais avant de quitter et de laisser la barre, je ferai voter une loi : la loi sur l'équité salariale. À travail égal, le même salaire pour les femmes. C'est l'héritage que je veux laisser". C'est ce qu'il va nous dire. [...] Voilà ce que je veux laisser comme héritage. »

L'ex-ministre péquiste Louise Harel, qui a côtoyé M. Parizeau pendant des décennies à l'Assemblée nationale, a aussi souligné sans détour qu'il avait été « un précurseur en matière de condition féminine. »

« Par exemple, il a été le premier à mettre sur pied un comité de priorités paritaire. Donc trois femmes - Louise Beaudoin, Pauline Marois et moi-même - et trois hommes. Ce comité de priorités était le filtre par lequel passaient tous les projets du gouvernement », a-t-elle rappelé sur les ondes d'ICI RDI.

« Quand il y a eu la commission Bélanger-Campeau sur l'avenir du Québec mise en place après l'échec de Meech, il a voulu que la délégation du Parti québécois soit également paritaire », a-t-elle aussi observé.

L'ex-première ministre Pauline Marois a aussi glissé un mot à ce sujet en rendant hommage à M. Parizeau. « Au début, il était plus ou moins critique » lorsqu'il était question de la parité hommes-femmes », a-t-elle dit. « Et un jour, il a [...] dit: "c'est une cause à laquelle je crois". Et ça, j'ai tellement aimé ça. Je me suis tellement associé à ça. »

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