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Le Grand Prix et moi... ou les souvenirs (bons et moins bons) de Philippe Laguë

01/06/2015 01:35 EDT | Actualisé 01/06/2015 01:36 EDT
Archives de la Ville de Montréal/Flickr

Lorsqu’on m’a demandé un « article sur le Grand Prix », je me suis tout de suite posé la question qui tue : « OK, quel angle je prends ? » Ou plutôt, comment ne pas écrire ce que tous les autres vont écrire : une brève historique, les moments forts au cours des années, comment le circuit Gilles-Villeneuve est exigeant (pour les freins, les pneus, les moteurs, les pilotes, alouette !), comment Montréal-est-une-ville-extraordinaire-et festive-que-tout-le-monde-adore, sans oublier les incontournables retombées économiques. Tout ça, vous l’avez lu et vous en avez jusqu’à lundi prochain.

Comment faire pour éviter de répéter la même chose que les autres en l’enrobant différemment ? C’est là que j’ai eu un flash. En bon nostalgique fini que je suis, pourquoi ne pas retourner dans le passé en vous racontant mes souvenirs – bons et moins bons - du Grand Prix du Canada ? Après tout, j’y étais dès la première année à l’île Notre-Dame ce qui, d’emblée, me qualifie pour la rubrique Nostalgie. Depuis 37 ans (ouch !), j’ai entretenu une relation amour-haine avec « notre » Grand Prix. Récit d’une passion en montagnes russes.

1. Le coup de foudre

grand prix montreal 1978


L’amour passionnel commence obligatoirement très fort. Coup de foudre, symbiose, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. J’ai découvert la Formule 1 au cours de la saison 1976, que j’ai suivie, sur une base mensuelle via le magazine français L’automobile. C’était, ne l’oublions pas, bien avant Internet, avant même que les courses ne soient télédiffusées chez nous. Au Québec, la F1 était quelque chose d’aussi exotique que le polo ou le boulingrin. La bibliothèque du collège que je fréquentais alors recevait chaque mois ledit magazine et le passionné d’auto que j’étais déjà s’est alors converti à la course. Il faut dire que c’était une saison exceptionnelle, celle du duel mythique Lauda-Hunt (celui-là même qui est au centre du film de Ron Howard, Rush).

La saison suivante, coup de théâtre : l’Autrichien Niki Lauda quitte Ferrari avant la conclusion de la saison, avec un deuxième titre de champion en poche. Pour le remplacer, la plus célèbre écurie de course automobile au monde fait appel à un pilote à toutes fins pratiques inconnu : Gilles Villeneuve, de Berthierville, Québec. Je n’ai pas besoin de vous raconter la suite, vous la connaissez sans doute.

Récapitulons : je découvre la F1 en 1976 ; à la fin de la saison 1977, un pilote québécois est engagé chez Ferrari ; et la saison suivante, en 1978, le Grand Prix du Canada, jusque-là un obscur événement présenté au circuit ontarien de Mosport, déménage ses pénates à Montréal, sur l’île Notre-Dame. Cette fois, c’est le Québec tout entier qui découvrait la catégorie-reine du sport automobile. Un des nôtres y était et il pilotait pour l’une des meilleures équipes - championne du monde en 1975 et 1977 - et la plus prestigieuse.

Malgré des résultats scolaires plutôt moyens, j’ai réussi à convaincre mon père de m’acheter deux billets pour le premier Grand Prix disputé à Montréal. Je l’ai sans doute eu à l’usure : je ne parlais que de ça, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Je vivais par et pour la F1. S’il m’avait empêché d’y aller, j’aurais sans doute fait une grève de la faim, ou une fugue, que sais-je… (Les dénonciations à la DPJ n’étaient pas à la mode dans mon temps)

DEMAIN : Mon premier Grand Prix, en 1978

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