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L'impact de la crise pétrolière limité grâce aux investisseurs étrangers, selon Ottawa

31/05/2015 08:37 EDT | Actualisé 31/05/2015 08:39 EDT
Radio-Canada

Le Canada n'a pas ressenti les pleines répercussions de la chute des prix du pétrole, grâce aux intérêts étrangers dans son secteur énergétique, selon une note ministérielle de Finances Canada.

La note datant du 20 février dernier, préparée pour le ministre adjoint Paul Rochon, avance que jusqu'à la moitié du secteur gazier et pétrolier canadien est détenu par des investisseurs étrangers. Cela dépasse les estimations rapportées par Statistique Canada en décembre dernier. À l'époque, l'agence avait calculé qu'en 2012, environ 37 % de l'extraction de pétrole et de gaz au Canada était contrôlé par des étrangers, soit 206 milliards de dollars sur un total de 563 milliards générés. Cependant, les étrangers qui détiennent des actions dans les compagnies énergétiques contrôlées majoritairement par des Canadiens n'étaient pas pris en compte dans les calculs.

En ajoutant ces actionnaires étrangers aux investisseurs étrangers qui contrôlent ou détiennent totalement des entreprises au Canada, les économistes de Finances Canada ont conclu qu'entre 40 et 50 % du secteur énergétique canadien est entre les mains de non-Canadiens.

Partager les bénéfices et les pertes

Ces investisseurs étrangers ont bénéficié de la hausse des prix du pétrole, « mais partagent aussi les pertes avec les Canadiens maintenant que le prix a chuté », peut-on lire dans la note obtenue par le réseau anglais de Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information

Selon un porte-parole du ministère, « il n'y a pas de discordance entre les données de la note ministérielle et les chiffres de Statistique Canada ». David Barnabe insiste sur le fait que les données de l'agence fédérale ont même servi à rédiger la note ministérielle.

Une réponse qui ne convainc pas Nathan Cullen, porte-parole de l'opposition en matière de finance, qui estime que le gouvernement Harper semble amenuiser l'importance du secteur énergétique, alors qu'il l'a déjà qualifié, par le passé, de moteur économique du Canada. « Le gouvernement Harper utilise l'argument comme bon lui semble. Un jour le secteur énergétique incarne la plus grande force de notre pays, et le lendemain, il peut s'effondrer sans que cela ne soit grave ! », a commenté le député néo-démocrate, ajoutant que cette situation explique probablement pourquoi le secteur énergétique canadien a si peu d'activités à valeur ajoutée pour l'économie du pays.

Inquiétudes en Alberta

Cet argument fait directement écho aux positions du tout jeune gouvernement de la première ministre albertaine Rachel Notley qui a récemment annoncé son intention de développer les activités à forte valeur ajoutée dans le secteur pétrolier.

Son chef de cabinet et poids lourd néo-démocrate Brian Topp a, pour sa part, déjà fait part de ses inquiétudes face au nombre d'investisseurs étrangers dans le secteur énergétique. « La seule stratégie énergétique, industrielle et commerciale du Canada c'est de ne pas en avoir et d'inviter les pays étrangers à venir se servir dans nos ressources brutes pour en profiter chez eux », écrivait-il dans une tribune publiée dans la presse en 2012, où il citait notamment les pratiques du Brésil, de la Chine et des États-Unis. Il n'a pas souhaité faire de commentaire sur la note ministérielle de Finances Canada.

Malgré la stabilisation des prix du pétrole, l'Alberta n'échappera pas à la récession en 2015, a annoncé le Conference Board du Canada dans ses prévisions économiques printanières. Rachel Notley a récemment déclaré que les problèmes financiers de la province sont plus importants que ne le laissait entendre le précédent gouvernement progressiste-conservateur.

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