POLITIQUE

Le gouvernement du Québec consacre 100 millions à l'économie sociale

29/05/2015 04:53 EDT | Actualisé 29/05/2015 04:54 EDT
Bloomberg via Getty Images
Philippe Couillard, Quebec's premier, speaks during an interview in New York, U.S., on Tuesday, Sept. 23, 2014. Quebec's April election brought Couillard's Liberal Party to power with promises to cut spending, increase taxes and impose a hiring freeze to eliminate a C$3.1 billion deficit by next year. Photographer: Scott Eells/Bloomberg via Getty Images

MONTRÉAL _ Le gouvernement Couillard bonifie son aide au secteur de l'économie sociale pour les cinq prochaines années, ce qui, à son avis, stimulera l'activité économique ainsi que la création d'emplois.

Ainsi, d'ici 2020, Québec allongera 100 millions $ _ dont 70 millions $ d'argent neuf _ dans le cadre du premier Plan d'action gouvernemental en économie sociale, dévoilé vendredi à Montréal.

"Pour la première fois, (le secteur) s'engage à créer des emplois, a commenté le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, en mêlée de presse. C'était conditionnel à ce que l'on y mettre les moyens."

D'après les estimations gouvernementales, cette mesure devrait contribuer à créer ou maintenir 30 000 emplois en plus de générer des investissements totaux de 500 millions $.

En plus du ministre Daoust, le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que de nombreux représentants du milieu coopératif et d'organismes sans but lucratif s'étaient déplacés pour l'occasion.

Au Québec, le secteur de l'économie sociale compte quelque 7000 entreprises _ dont la moitié ayant pignon sur rue dans la région montréalaise _ qui procurent du travail à plus de 150 000 personnes, soit un peu moins de 4 pour cent de l'emploi total au Québec.

Englobant les coopératives et les OSBL oeuvrant dans plus de 20 secteurs, il ratisse large, allant des grandes coopératives comme le Mouvement Desjardins et Agropur, jusqu'aux plus petits organismes ayant des vocations diverses.

"Nous voulions commencer à se structurer, a expliqué M. Daoust. Nous allons demander à l'Institut de la statistique du Québec de nous donner un portrait du secteur. Nous n'avons pas un portrait complet."

En outre, les divers outils proposés par cette stratégie gouvernementale devraient permettre aux intervenants du secteur de mieux se financer, d'investir ainsi que de s'adapter à l'ère numérique.

Ce plan d'action vise également à renforcer l'aide à domicile pour les personnes en perte d'autonomie, favoriser l'insertion au marché du travail ainsi que la relève des entreprises.

"Nous voulons faciliter la reprise de compagnies par ses employés, surtout lorsqu'il n'y a pas de repreneur, comme on le prévoit dans beaucoup de cas au Québec au cours des prochaines années", a observé le président-directeur général du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, Gaston Bédard.

Le transfert de sociétés a également interpellé la présidente-directrice générale du Chantier de l'économie sociale, Nancy Neamtan, qui estime que les mesures permettront de conserver des emplois dans la province.

"C'est la meilleure façon de garder l'entreprise au Québec, a-t-elle dit. Ce sont les travailleurs qui la rachètent. On sait qu'elle ne s'en ira pas ailleurs."

Par ailleurs, le ministre Daoust a assuré que l'enveloppe de 100 millions $ ne sera pas une aide déguisée dont la majeure partie sera destinée aux plus grandes coopératives québécoises.

Questionné à ce sujet, il a affirmé que les intervenants devront fournir des engagements précis pour être admissibles à une aide financière gouvernementale.

"Il ne faut pas oublier que dans le milieu coopérative, à l'exception de quelques-unes, c'est plusieurs petites coop au Québec", a-t-il dit.

Le plan d'action comprend de nombreuses mesures, dont une enveloppe de 30 millions $ pour la relance du Programme favorisant la capitalisation des entreprises d'économie sociale, piloté par Investissement Québec.

On prévoit également une recapitalisation du Réseau d'investissement social du Québec à hauteur de 10 millions $, en plus d'une bonification de 20 millions $ de l'enveloppe du Programme d'infrastructure en entrepreneuriat collectif.

Le plan gouvernemental a été salué par l'Union des municipalités du Québec, notamment en raison de ses éléments favorisant les besoins de la population âgée ainsi que le soutien aux pôles régionaux.

"Ces orientations vont dans le sens des représentations de l'Union au cours des dernières années", a souligné son premier vice-président et maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, par voie de communiqué.

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