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Philippe Viau-Dupuis: le Canadien le plus rapide du marathon de Boston

22/04/2015 05:48 EDT | Actualisé 22/04/2015 05:48 EDT
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Avec son temps de 2h 21min 16s, Philippe Viau-Dupuis a été le premier Canadien à franchir la ligne d’arrivée du 119e marathon de Boston, lundi, se classant ainsi au 23e rang d’un peloton d’environ 38 000 coureurs.

Voilà qui a commencé à merveille le congé parental de huit semaines du Montréalais de 32 ans, natif de Saint-Jean-sur-Richelieu, avocat et procureur de la Couronne au fédéral et papa d’une fillette de sept mois.

Déjà rentré chez lui mardi, Philippe Viau-Dupuis s’est confié en toute humilité sur cette éclatante victoire. Satisfait de sa performance, donc?

«C’était 40 secondes plus lent que mon meilleur temps, à mon meilleur marathon, à Philadelphie en novembre dernier, a raconté Philippe. Avant la course, je visais à faire un temps en bas de 2h20, mais avec les conditions qu’il y avait à Boston lundi, ce n’était pas une journée pour faire un temps extraordinaire. Il ventait trop fort, et le parcours de Boston n’est pas idéal pour faire un gros temps, parce que c’est très côteux. La première partie est plus descendante, et les descentes maganent souvent les muscles davantage qu’une course sur surface plate. Dans une descente, il faut se retenir, ça cogne plus. Dans la deuxième portion du parcours, ça monte, sur un segment d’environ 4 ou 5 milles. C’est up and down ; tu montes une côte, tu en descends une autre, dont une de 800 mètres, le fameux Heartbreak Hill de Boston qui, objectivement, fait aussi perdre du temps.»

«Compte tenu des circonstances, je suis vraiment content, et ça reste définitivement ma meilleure performance!»

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Décorum particulier

Déjà, le seul fait de se retrouver sur la ligne de départ du mythique marathon de Boston constituait un accomplissement en soi, car ne participe pas à cet événement sportif qui veut. L’expérience d’au moins un marathon est non seulement essentielle, mais il faut détenir un record de temps minimal pour se qualifier.

Dans la catégorie de Philippe Viau-Dupuis, celle des 18-34 ans, le chiffre visé pour obtenir son accès est de 3h 10min. Dans le cas de notre champion, un laisser-passer de catégorie élite était assuré, ce qui lui donnait de surcroît droit aux mêmes avantages qu’aux coureurs professionnels, comme un autobus pour le transport jusqu’au point de départ et un abri pour s’échauffer, avaler une bouchée et se reposer au besoin. Des bonus qui donnent un petit coup de pouce pour le reste de la journée.

«Je suis beaucoup en dessous des standards de qualification mais, pour un coureur débutant, qui n’est pas habitué des marathons, qui n’est pas à mon niveau ou qui ne s’entraîne pas à temps plein comme je le fais, courir 3h10 à un marathon, ce n’est pas facile, a exposé Philippe. Il faut être sérieux, s’entraîner au moins trois ou quatre fois par semaine, et pas seulement une année. Le qualificatif pour Boston n’est pas si facile à aller chercher. C’est ce qui rend l’atmosphère et le build up de Boston encore plus grand, car tout le monde qui est là a dû passer par la qualification et être sérieux dans son entraînement pour pouvoir se qualifier. Ceux qui sont là ne sont pas des coureurs du dimanche! (rires)»

«Boston est le plus vieux marathon au monde, a enchaîné Philippe. C’est le plus gros. Dans le milieu des marathons, il y a les six Marathon Majors, six marathons qui font partie des championnats du monde des marathons, et Boston c’en est un (NDLR : Tokyo, Londres, Berlin, Chicago et New York font aussi partie de la liste sélecte). Ça ajoute aussi au prestige de l’événement.»

Pas angoissé

Auparavant, Philippe Viau-Dupuis avait pris part au marathon de Philadelphie, où il avait terminé cinquième, et aux Championnats canadiens d’Ottawa. À Montréal, il ne s’est prêté qu’à des demis-marathons. En décembre prochain, il tentera celui de Sacramento, réputé plus rapide, plus plat et plus clément en termes de conditions météorologiques. Lui qui court depuis sept ans, après plusieurs années de vélo, se limite à deux marathons par année.

«Ça magane trop!», a rigolé celui qui a commencé à s’entraîner intensivement pour Boston au début janvier dernier, en consacrant entre 12 et 14 heures par semaine, sur 160 à 165 kilomètres, à son exercice, matin et soir, presque à tous les jours, principalement à se rendant à son bureau et le week-end. «L’hiver, j’en fais à l’intérieur. Mon coach, Dorys Langlois, me donne accès à la piste de 200 mètres à McGill.» Niveau alimentation, il tente simplement de restreindre sa consommation de junk food, d’alcool et de dessert.

Philippe Viau-Dupuis dit n’avoir «absolument pas» été angoissé de fouler le sol du marathon de Boston, malgré le tragique attentat qui s’y est déroulé il y a deux ans, en 2013. Il affirme néanmoins avoir constaté les effets du drame, notamment à travers les mesures de prévention qui ont été établies.

«C’est surtout au niveau de la sécurité. Ils ne niaisent pas avec ça. Ce n’était probablement pas la même chose avant, mais maintenant, par exemple, il n’y a qu’un seul endroit où on peut entrer pour aller chercher nos dossards. Ils vérifient minutieusement les sacs pour voir si on n’a pas d’objets de métal dans nos bagages. Ils nous donnent un sac de plastique transparent, qui est le seul sac qu’on peut amener au départ. Plein de règles ont été mises en place pour assurer la sécurité.»

«Mais Boston est l’un des plus vieux marathons au monde, et ça doit être agréable pour le public de venir le voir. Tout le long du parcours, il y a des gens qui sont présents pour nous encourager. Donc, ils ne peuvent pas se permettre de restreindre l’accès au parcours, car ça enlèverait toute la magie du marathon», a conclu Philippe Viau-Dupuis.

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