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Failcamp 2015: démystifier l'échec (PHOTOS)

17/04/2015 08:56 EDT | Actualisé 17/04/2015 09:55 EDT
Maxellende Pycke

L’erreur est humaine, dit-on, mais a-t-on vraiment le droit à l’erreur?

Entre tabous et contradictions, on parle très peu de nos ratés. Pourtant, l’échec est parfois nécessaire et peut s’avérer constructif.

C’est autour de ces réflexions que s’est tenue aujourd’hui la troisième édition du Failcamp MTL à la Société des Arts Technologiques (SAT).

Cette journée de conférences vise à légitimer l’échec et lui offrir une place dans le discours public afin d’encourager la prise de risque.

« Il y a tellement pas de tribune pour parler d’échec, » dit la coorganisatrice de l’évènement Gabrielle Madé. « Dans les écoles d’entrepreneuriat, il y a juste des cas de succès. On ne parle pas assez [de l’échec], on ne se fait pas dire que dans le fond c’est correct. »

Quelques-uns des grands thèmes abordés cette année :

Ambition versus échec

« Parler d’échec, c’est parler d’ambition, » dit la politicienne et responsable Marketing et ventes du Failcamp Mélanie Joly. « Ceux qui n’ont pas d’ambition ne subissent pas d’échec. »

La candidate du Parti libéral s’est jointe à l’équipe du Failcamp cette année. Elle admet à titre d’exemple personnel que les premiers temps de sa campagne aux élections municipales de 2013 étaient un «fail» total. Lancement raté, conférence de presse mal menée, elle admet avoir dû revoir son approche pour se remettre sur les rails.

« Ça m’a permis de me mettre en situation de vulnérabilité », dit-elle, et d’apprendre beaucoup. Aujourd’hui, elle se dit prête à affronter la critique, inévitable en politique.

Garder le meilleur du raté

Selon le psychologue du travail Nicolas Chevrier, un échec peut être constructif, mais ce processus comprend plusieurs étapes.

D’abord, dit-il, il faut accepter son échec, en parler et chercher de l’aide si besoin. Il explique qu’il n’est pas rare d’observer des stratégies d’évitement telles que le déni ou l’usage abusif de substances.

Puis, il faut analyser son erreur, afin « d’identifier les facteurs qui ont mené à l’échec. »

Finalement, il faut déterminer quels sont les facteurs internes, sur lesquels on possède un contrôle, et externes, qui ne dépendent pas de nous. « Vous n’êtes pas votre échec », dit-il.

Il faut faire « la différence entre échouer un examen de mathématiques et être 'poche' en mathématiques.»

Après l’échec

« L’échec n’est pas caché derrière le rêve », dit le professeur à HEC Montréal, Jean-Jacques Stréliski. « L’ennemi du rêve, c’est l’idéal ».

Cofondateur de l’agence Cossette, et ancien vice-président de Publicis à Montréal, Mr. Stréliski n’a pas tout réussi. Il raconte notamment ses quatre ans d’échec à la tête de l’agence BCP-Stréliski à Paris, et le sentiment d’humiliation qui a suivi. « On est seul avec son échec, » dit-il. Pourtant, grâce notamment à une aide psychologique, il a finalement retrouvé le goût d’entreprendre. « C’est comme pour gagner au loto, » dit-il. « Il faut prendre un billet… prendre des risques. »

Le Failcamp était «sold out» pour cette édition qui a pu accueillir 250 personnes dans le dôme de la SAT. La prochaine étape: offrir des Failcamp en entreprise.

« On a envie que les gens aient le droit de parler d’échec à l’année,» dit Gabrielle Madé.

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