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33e Rendez-vous du cinéma québécois : «Les loups» ouvre le festival (PHOTOS)

19/02/2015 10:32 EST | Actualisé 19/02/2015 10:32 EST

Les 33e Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) sont ouverts. C’est la première montréalaise du film Les loups, de Sophie Deraspe, au Cinéma Impérial, jeudi, qui a lancé l’événement.

Quelques minutes avant la projection, Hélène David, ministre de la Culture et des Communications, Marc Labrèche, porte-parole de l’édition 2015 du festival, Ségolène Roederer, directrice générale des RVCQ, Patrick Roy, président de Québec Cinéma et de Films Séville, ainsi que plusieurs artistes, ont foulé le «tapis bleu» d’usage déroulé devant la salle.

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Sophie Deraspe vit cette année une belle consécration aux RVCQ, alors que ses deux plus récentes œuvres, Les loups et Le profil Amina, qui lui ont exigé quatre ans de travail, y sont dévoilées en grandes pompes au cours de deux prestigieuses «Soirées Tapis Bleu». Le documentaire Le profil Amina a déjà fait sensation au Sundance Film Festival et raconte l’étonnante fausse romance virtuelle entre une Canadienne et une Syrienne américaine, qui a débouché sur un scandale sociopolitique d’envergure internationale.

La fiction Les loups, tournée aux Îles-de-la-Madeleine, nous transporte pour sa part dans une île de l’Atlantique Nord, au moment où Élie (Evelyne Brochu), une jeune femme en quête d’on ne sait quoi, débarque sans crier gare. Dans cette petite communauté tissée serrée, isolée, on n’a pas l’habitude de voir des étrangers arriver en plein hiver, au cœur de la saison de chasse aux loups marins. Cette «Survenante», qui n’a visiblement pas pour intention de lézarder sur la plage, causera émoi, curiosité et méfiance chez ses hôtes. Maria (Louise Portal), «matriarche» de la meute, enquêtera sur les motifs secrets de l’invitée, sur les raisons de sa présence en ces lieux.

L'article se poursuit après la galerie photos.

Les Loups - Le tapis rouge


«Cette fille est dans un moment existentiel de sa vie, explique Sophie Deraspe. Elle cherche quelque chose, et elle découvre dans cette communauté un nouveau rapport à la vie et à la nature. Ces gens vivent en contact direct avec leur environnement, ça se reflète dans leur vision de la naissance, de la vie, de la mort, dans leur quotidien, dans la nourriture qu’ils ont dans leur assiette. Tout ça résonne beaucoup en elle, à ce moment de son existence.»

Nostalgie et débat social

Louise Portal prête vie, dans Les loups, à Maria, femme de famille soucieuse de protéger son clan. Cet aspect du personnage a fait vibrer une fibre sensible chez elle.

«Je pense que le public sera touché par cette histoire, anticipe l’actrice. Quand on a des vies citadines, on est souvent moins avec nos familles mais, dans ces endroits reculés, en pleine nature, la solidarité est très vivante. Les soupers de famille, les soirées à chanter tous ensemble, le film montre ça. Comme si on avait, un peu, à l’intérieur de nous, une nostalgie de cette époque.» Benoît Gouin incarne, lui, le fils de Maria, un capitaine de bateau introspectif, père d’un enfant handicapé, qui a toujours le regard vers le large. Le comédien retient de son côté l’aspect social qui se dégage du long-métrage.

«Les loups montre des gens qui reçoivent beaucoup de menaces de la part des animalistes, qui jugent que leur métier traditionnel est barbare, ce qui est totalement faux. Dans ce film, on est en contact avec la réalité des chasseurs de phoques. En 2015, on devrait réviser nos positions, parce que le regard qu’on porte sur la chasse aux phoques est teinté de la charge mensongère de plein de groupes animalistes. Ce n’est pas un film politique, mais il rend justice à ce qu’on est.»

Gilbert Sicotte, Martin Dubreuil, Stéphane Gagnon, Cindy-Mae Arsenault, Augustin Legrand et Patrice Bissonnette sont aussi de la distribution de Les loups.

La nature, un personnage

Le père de Sophie Deraspe étant originaire des Îles-de-la-Madeleine, la cinéaste est naturellement portée vers ce milieu, et avait envie de le dépeindre d’un angle moins romantique que celui qu’on lui accole généralement, en campant son intrigue en hiver. La nature, affirme-t-elle, est le personnage principal de Les loups.

«Ce rapport à la vie, la mort, m’inspirait beaucoup, ajoute Sophie Deraspe. Le film questionne nos origines, notre rapport à tout ce qui est brut, primaire. Il nous ramène à ce que nous sommes. C’est un honneur pour moi qu’il ouvre les RVCQ, et j’ai l’impression que c’est un bon endroit pour le lancer. Les RVCQ sont le reflet de notre cinéma et de ce que nous sommes…»

Les loups prendra l’affiche partout au Québec le 27 février prochain.

Consultez le site web officiel pour toute la programmation.

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