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Sur le plateau de «Chasse-Galerie» avec Caroline Dhavernas et Vincent-Guillaume Otis (PHOTOS)

19/02/2015 02:05 EST | Actualisé 19/02/2015 02:07 EST
Sarah-Émillie Nault

Mettre en images l'une des légendes les plus connues du folklore québécois; c'est ce que s'applique à faire le réalisateur Jean-Philippe Duval et son équipe qui, bravant noirceur et froids intenses, s'en prennent aussi à d'intrigantes forces maléfiques. Bienvenue sur le plateau de tournage du film Chasse-Galerie.

Sur le plateau de «Chasse-Galerie»

De Hollywood au Québec

La comédienne de renommée internationale Caroline Dhavernas insiste; elle habite toujours au Québec, même si elle fait, ces temps-ci, plutôt souvent la navette entre Montréal et Toronto.

«Dans Chasse-Galerie, je joue Liza Gilbert, la mercière du village et l'amoureuse de Jos. Jos qui, pour payer ses dettes, doit retourner travailler sur un chantier. Ils sont séparés pendant quelques mois, mais ils sont très amoureux. C'est un couple assez libre, qui essaie de vivre leur histoire d'amour le plus librement possible malgré la main mise de la religion à cette époque. Lorsque Jos quitte pour la forêt, c'est là que le diable commence à s'amuser avec toutes ces belles âmes. La vie de Liza, qui est un peu damnée, devient alors très compliquée.»

C'est le comédien Francis Ducharme qui incarne son amoureux au grand écran. «J'ai passé une audition avec Francis, le réalisateur recherchait une certaine chimie entre les deux personnages. Je ne connaissais pas Francis bien que nous soyons voisins à Montréal. Ce fut fort agréable, c'est un homme charmant, il porte bien son nom de famille», assure-t-elle.

Pour l'actrice, ce tournage d'hiver est un beau défi. «On a beaucoup tourné de nuit jusqu'à maintenant et il y a eu des -40 degrés Celsius. Même lorsqu'on tourne à l'intérieur ici, comme nous sommes dans des maisons du Village Canadiana, elles ne sont pas chauffées. C'est quelque chose! Les membres de l'équipe technique sont des guerriers, j'ai un respect sans borne pour eux. Tout devient compliqué lorsque tu es habillé de la sorte, tout petit geste du quotidien devient une montagne de complexité. C'est un vrai défi pour tout le monde sur le plateau. Mais, en même temps, j'ai vu quelques images et on est en train de faire un très beau film d'hiver, c'est magnifique.»

«La Chasse-Galerie est une histoire que beaucoup gens connaissent ou pensent connaître, poursuit-elle. Certains vont la découvrir, d'autres vont vouloir aller voir le film parce qu'ils entendent parler de cette histoire depuis tellement longtemps. C'est une histoire qui a beaucoup de vécu. C'est aussi une belle histoire d'amour et une légende que le réalisateur, Jean-Philippe Duval, tient à raconter de façon la plus naturelle et réelle possible. On essaie d'éviter les pièges de la caricature qui viennent parfois avec ce qui est folklorique.»

Entre un tournage au Québec et un autre à Hollywood, les écarts ne sont pas si grands assure-t-elle. «C'est la même façon de faire partout, c'est seulement que les budgets qui sont différents. Et quand il y a plus d'argent, il y a un peu plus de temps. Et parfois aussi, plus de moyen pour des effets spéciaux particuliers. Sinon, je trouve que c'est vraiment une famille universelle. J'ai travaillé avec des gens qui ont des notoriétés internationales, ce qui leur donne un certain standing, mais souvent, ce fut des gens charmants, très professionnels et passionnés. C'est sûr qu'il y a parfois de gros ego, mais il y en a partout. J'ai eu de très belles expériences, ici comme ailleurs.»

Une légende portée à l'écran de façon bien réelle

Vincent-Guillaume Otis est un habitué des films d'époque. Par contre, Chasse-Galerie n'a rien à voir avec Babine ou ces mondes imaginaires inventés par un Fred Pellerin.

«Mon personnage s'appelle Romain Boisjoli, c'est le notaire du village dans lequel Liza habite. C'est celui qui a le plus d'argent, qui a le plus d'éducation. Il est éperdument amoureux de Liza et le diable va venir dans le village se venger. Il va un peu se servir de cette faiblesse de mon personnage pour le manipuler, mais aussi pour l'aider. Mon personnage est comme un bon méchant. Il fait des choses discutables par amour, mais il n'est pas vil et n'est pas réellement méchant. En fait, il aime trop et mal», explique l'acteur qui avoue aimer la froidure et les conditions de travail hivernales extrêmes rencontrées sur le plateau.

«C'est exigeant, mais j'aime un peu ça à vrai dire, dans le sens où au cinéma, on attend beaucoup et lorsque l'on est dans un endroit où il fait trop chaud, j'ai tendance à m'endormir ou à m'écraser. Mais là, tu n'as pas le choix, ton corps est en état de survie. Il y a quelque chose de bien concret que j'aime beaucoup et qui me garde éveillé. Ceci dit, dimanche il faisait – 40 degrés Celsius et mon personnage, qui est un notaire et qui est moins habillé que les autres, n'a qu'un petit chapeau, aucun foulard, alors c'était très froid. Mais c'est beau et je suis un habitué des tournages d'hiver, j'aime ça.»

Même son de cloche pour le sympathique réalisateur, Jean-Philippe Duval (Dédé à travers les brumes, Unité 9) qui affirme avoir eu l'intuition que Vincent-Guillaume Otis serait parfait pour ce rôle.

«On a dépassé le record de froid depuis 50 ans. C'est un peu normal, on fait la Chasse-Galerie, explique-t-il en riant. Mais c'est ce que je voulais, je voulais que ce soit un film réaliste. Oui, c'est une légende et c'est du folklore, mais je voulais une approche réaliste. Le camp de bûcherons, c'est un vrai camp de bûcherons. Le canot, lorsqu'il vole, c'est le canot qui vole, c'est réaliste. Que les acteurs aient froid, qu'ils souffrent un peu, c'est ce que je voulais.»

Pourquoi avoir voulu mettre en images la légende de la Chasse-Galerie, lui a-t-on demandé?«C'est notre légende la plus connue, la plus merveilleuse aussi, qui raconte les débuts du pays et du Québec. Mon grand-père était un ingénieur forestier dans les années 30, il a travaillé avec les Amérindiens en Abititi avant que ce soit développé. Moi, j'ai une terre à bois chez moi, je suis un gars qui va bûcher, j'aime la forêt, je vais à la chasse. Pour moi, c'est une façon de raconter un bout de notre histoire tout en faisant un film le fun que je qualifie de thriller-historique-réaliste. Ce n'est pas un film fantastique, c'est bien réel, c'est bien vrai.»

«Notre force au Québec, c'est les acteurs, c'est de bien raconter notre histoire. Ce n'est pas un spectacle d'effets spéciaux mur à mur. Je pense que si l'histoire est bien racontée, le public va embarquer. Cette histoire, c'est celle d'une malédiction. C'est à la fois une histoire d'amour, une histoire de gars, une histoire avec un côté féminin. C'est un couple déchiré que des forces empêchent de se retrouver, c'est très contemporain, très moderne comme histoire. Il y a un côté très classique et très original, car c'est aussi un film d'époque et un thriller.»

Le long-métrage Chasse-Galerie, réalisé par Jean-Philippe Duval et produit par Christian Larouche (Louis Cyr: l'homme le plus fort du monde, Gerry) et Réal Chabot, prendra l'affiche partout au Québec à la fin 2015.

Le scénario est signé Guillaume Vigneault (Tout est parfait) et Mario Bolduc (Le dernier tunnel).

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