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«Samba», une comédie sociale sur fond de clandestinité (ENTREVUE/PHOTOS/VIDÉOS)

11/02/2015 11:14 EST | Actualisé 11/02/2015 11:18 EST

Le duo Toledano-Nakache, derrière Intouchables (méga succès au box-office avec 51 millions de spectateurs à travers le monde), revient au cinéma avec Samba, une comédie romantique aux allures de film social. Le long métrage en salles depuis vendredi met en vedette Charlotte Gainsbourg, Omar Sy et Tahar Rahim. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec Éric Toledano, l’un des coréalisateurs.

«Samba»

Adapté du roman de Delphine Coulin, Samba raconte l’histoire d’un clandestin sénégalais (Omar Sy) qui tente de régulariser sa situation de sans-papier. Entre précarité et travail au noir, le jeune homme est soutenu par une travailleuse sociale (Charlotte Gainsbourg) au passé professionnel fragile.

«Avec Nakache, on voulait dès le départ faire un film proche de la réalité, explique Toledano lors d’une entrevue à Paris. On s’est donc beaucoup documenté. On ne peut pas aborder un tel sujet sans être précis.»

Selon le réalisateur, le quotidien difficile des sans-papiers aux origines diverses ne peut s’imaginer sans réalisme. «On n’avait pas le choix, car le monde de la précarité ne s’invente pas. On ne voulait pas non plus tomber dans la caricature. On est allé rencontrer beaucoup de gens. On est rentré dans les associations.»

«On est même allé jusqu’à filmer les véritables lieux, ajoute-t-il. Par exemple, le centre de rétention qui se trouve dans le film est le vrai centre qui se situe à l’aéroport Roissy-Charles de Gaule. Les chantiers, les toits, les quartiers sont les vrais décors du film.»

Samba est un sacré beau mélange des genres. Il y a du drame, de la romance et de l’humour. Le cinéaste assume d’ailleurs le tout sans aucun problème. «Cela a toujours été très important pour nous de trouver une façon humoristique de parler de sujets sociaux. Depuis nos premières œuvres, on essaye de réunir la comédie et le drame. Pour moi, la vie est ainsi faite. Notre travail consiste à trouver un équilibre entre les deux, ce qui n’est pas toujours évident, mais c’est ce qu’on essaye de faire.»

Mais peut-on rire de tout, surtout avec un sujet aussi sérieux? «C’est forcément compliqué, rétorque Toledano. Il faut essayer de doser. Intouchables était aussi dans ce mélange, entre souffrance et humour. Il n’existe pas de recette. Par contre, je crois que le rire rend la souffrance plus supportable. C’est une philosophie de vie que d’essayer de rire de thème aussi sérieux. Le rire est parfois le dernier rempart pour se sauver d’une situation délicate. Lorsqu’on atteint le sommet de la galère, vient le moment où l’humour nous libère comme un fou rire en plein enterrement.»

Charlotte Gainsbourg et Omar Sy

Les deux réalisateurs ont réuni au grand écran Omar Sy et Charlotte Gainsbourg. Un pari audacieux tant ces deux comédiens semblent évoluer dans des univers cinématographiques totalement différents.

«On rêvait de les voir jouer ensemble. Ils n’ont peut-être pas grand-chose en commun, et pourtant ils se sont tout de suite bien entendus. Omar est grand et timide. Charlotte est si fragile. Ce contraste nous a permis d’accentuer le côté romantique, un peu fleur bleue de l’œuvre. Et puis, beaucoup de gens nous ont dit que cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas vu Charlotte Gainsbourg aussi belle à l’écran. Elle est un mélange de sensibilité, de fragilité et de féminité que seule une femme peut dégager.»

Découvert par le tandem, Omar Sy inaugure une cinquième collaboration. «C’est avec nous qu’il est rentré dans le cinéma. On a tout de suite été convaincu par son talent. Il nous a séduits par son humeur et son sourire. Ce n’est pas méchant ce que je vais dire, mais vous savez, Omar n’est pas vraiment un acteur. Il n’a pas été formé pour jouer. Il n’a d’ailleurs jamais voulu être un acteur. Ce qui lui arrive est un hasard complet. Et c’est sans doute pour cela qu’il possède une certaine vérité qui en est presque troublante. François Cluzet avait l’habitude de dire qu’Omar vit les situations au lieu de les jouer.»

Toledano se dit captivé par les acteurs qu’il trouve fascinants. «Je ne crois pas qu’on puisse travailler avec des acteurs dont on n’est pas fous, précise-t-il. J’ai fini Samba en faisant une déclaration d’amour à Charlotte Gainsbourg à genoux devant tout le monde.»

L’entrevue a été réalisée à Paris grâce à l’invitation des Rendez-vous d’Unifrance.

Samba – Les Films Séville – Comédie dramatique – 119 minutes – Avec Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izia Higelin – Sortie en salles le 6 février 2015 – France.

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