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« Forever Plaid » au Centre Segal: magique hommage vocal aux années 50 (CRITIQUE/PHOTOS)

06/02/2015 10:39 EST | Actualisé 06/02/2015 10:39 EST
Antoine Saito

Si vous avez besoin d’une raison pour affronter le froid polaire, sortir à la station de métro Côte-Sainte-Catherine et vous rendre au Centre Segal, le théâtre musical Forever Plaid vous en offre mille. À commencer par la savoureuse impression de sentir votre cœur vibrer comme si c’était la première fois, en écoutant les harmonies vocales des chanteurs rendant hommage aux années 50.

« Forever Plaid » au Centre Segal

La prémisse de l’histoire est d’une simplicité déconcertante : le 9 février 1964, les membres du quatuor vocal Forever Plaid meurent dans un accident de la route, tout juste avant de donner leur premier concert majeur. Quelque 51 ans plus tard, subitement ressuscités, ils obtiennent la chance de vivre ce grand moment qui n’a jamais eu lieu. C’est ainsi que Frankie, Sparky, Jinx et Smudge font leur entrée en scène, découvrent maladroitement la technologie des années 2000, craignent d’avoir oublié paroles et mouvements, et tentent de retrouver l’assurance des performeurs qu’ils n’ont jamais étés.

Forever Plaid n’est pas une méga production avec des décors grandiloquents et une mise en scène époustouflante. Outre certains passages évoqués dans les vidéos et les infographies projetés sur grand écran, le spectacle se résume à trois musiciens et quatre chanteurs remplis de bonne volonté.

À la seconde où Chris Barillaro, Gab Desmond, Jonathan Patterson et Michael Daniel Murphy entonnent les premières notes, en harmonies vocales, le public est séduit. Non seulement réussissent-ils l’exercice périlleux de marier leurs voix avec précision et délicatesse, mais ils le font avec un enrobage bon enfant qui provoque bien des sourires: les déhanchements chorégraphiés, une joie de vivre absolument contagieuse et le sentiment qu’ils touchent à leur rêve de petits garçons.

Les spectateurs plus âgés réentendront avec bonheur et nostalgie les succès des années 50, alors que les plus jeunes ne cesseront de penser combien il semblait faire bon, à l’époque de Three Coins in the Fountain, Perfidia, Crazy ‘Bout Ya Baby et Love Is a Many Splendored Thing. Qu’ils soient enveloppants ou énergisants, les airs emplissent les cœurs d’une allégresse impossible à freiner.

Cette tranche de l’histoire est également mise en évidence avec un numéro hommage au légendaire Ed Sullivan Show, alors que les quatre comédiens-chanteurs enchaînent les caméos pour évoquer l’extrême diversité des invités de l’émission américaine, provoquant l’hilarité générale dans l’assistance.

Produit avec simplicité et humilité, Forever Plaid s’offre un passage où les interprètes font chanter la foule et un autre où ils réquisitionnent une spectatrice pour compléter une pièce à quatre mains au piano, ajoutant ainsi une dose de légèreté, de naïveté et de candeur à la production.

Les chanteurs sont en voix. Les chansons, connues ou non du public, sont jouissives. Le plaisir qui se dégage de la production est manifeste. Et les spectateurs ressortent du Centre Segal avec l’envie de passer les prochains jours à regarder des films et écouter des albums des années 50, avec un sourire ineffaçable.

Forever Plaid sera présenté au Centre Segal jusqu’au 22 février 2015. Cliquez ici pour plus de détails.

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