POLITIQUE

Projet de loi 10: Québec va recourir au bâillon pour adopter la réforme Barrette (VIDÉO)

04/02/2015 03:02 EST | Actualisé 04/02/2015 07:08 EST

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard imposera le bâillon vendredi pour adopter le projet de loi 10 sur la réforme des structures du réseau de la santé.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, l'ont confirmé en point de presse mercredi après-midi, à Québec.

Pour le gouvernement, l'opposition, notamment le Parti québécois, fait de l'obstruction, faisant traîner en longueur le processus d'adoption du projet de loi.

« Force est d'admettre qu'après 77 heures [de travaux], il reste encore 90 % du chemin à faire [pour adopter le projet de loi 10]. Alors, nous avons décidé de rappeler la Chambre vendredi » pour une procédure d'exception, a affirmé le ministre Fournier. Les députés seront convoqués à 9 h.

« La démocratie, c'est une question de représentativité, et à partir du moment où l'on s'assoit au Salon bleu, il faut faire avancer les choses. »

— Gaétan Barrette

« J'invite les partis d'opposition à continuer à faire des propositions pour des amendements. La CAQ l'a fait, Québec solidaire l'a fait. J'ai demandé la même chose au PQ depuis des mois et ils ont refusé. Aujourd'hui, je dis encore que je suis ouvert à tout ce qu'on propose, mais je suis convaincu que le PQ ne le fera pas », a ajouté le ministre Barrette.

Le Parti québécois considère pour sa part que sa démarche vise à bonifier le projet de loi 10 et dénonce la manoeuvre du gouvernement.

En point de presse, le chef de l'opposition, Stéphane Bédard, a qualifié de « méprisant » le geste du gouvernement.

« Il n'y a aucune urgence objective. Ce n'est que de l'impatience de M. Barrette. Il n'y a aucune volonté d'arriver à des ententes qui tiendraient compte de la réalité locale et régionale », a-t-il dit.

Idéalement, les mesures contenues dans le projet de loi 10 doivent être mises en œuvre à partir du 1er avril, dit le gouvernement. Cette réforme des structures est censée engendrer des économies annuelles de 220 millions de dollars.

Le projet de loi 10, par lequel le gouvernement Couillard entend faire faire au réseau un virage radical au plan administratif, prévoit notamment la disparition des agences régionales de santé. L'administration de tout le réseau serait dorénavant confiée à des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Québec entend aussi adopter plus tard le projet de loi 20, qui prévoit notamment que les médecins devront atteindre un certain nombre de patients, sous peine de pénalités.

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