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La police de Longueuil enquêtera sur ses propres agissements dans l'affaire Carole Thomas (VIDÉO)

03/02/2015 09:18 EST | Actualisé 04/02/2015 07:24 EST

Le chef de police de Longueuil, Denis Desroches, ouvre une enquête interne sur les agissements de son service dans le dossier de Carole Thomas, qui affirme avoir été battue puis violée à Longueuil, deux jours avant le meurtre de Jenique Dalcourt et dans le même secteur où ce crime sordide s'est produit.

C'est que de possibles irrégularités font surface dans l'enquête, toujours en cours, menée par le Service de police de Longueuil : ainsi Radio-Canada a appris que les policiers ont mis trois mois à faire analyser la trousse médico-légale de la victime. Ladite trousse, qui peut contenir des éléments de preuve d'ADN, du sperme, des cheveux ou des ongles, n'a donc été envoyée pour fins d'analyse qu'il y a deux semaines. Or Mme Thomas soutient avoir été agressée le 20 octobre dernier. Elle a porté plainte aux policiers le lendemain.

Le chef de police de Longueuil admet que ces délais pour l'analyse d'une trousse médico-légale sont inhabituels. M. Desroches demande à ce que désormais, une telle analyse soit entreprise systématiquement dans les jours qui suivent un crime.

C'est Carole Thomas qui, la première, a attiré l'attention sur les délais indus pris par la police de Longueuil dans l'enquête sur cette agression dont elle affirme avoir été victime.

Après avoir alerté le Conseil du Statut de la femme qui avait tenté en vain de sensibiliser la police de Longueuil à la question, Mme Thomas s'est adressée à Radio-Canada. La diffusion d'un reportage, dans lequel on mettait notamment en lumière le fait que les policiers longueuillois n'avaient pas jugé bon de dresser un portrait robot de l'agresseur, a alerté la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

Mercredi, la mairesse St-Hilaire s'est mise à poser des questions aux policiers de sa ville : « En toute franchise, j'étais inquiète quand j'ai vu la réaction de notre service de police et je leur ai dit ¨ça ne peut pas se passer comme ça, il faut apporter des correctifs¨ ».

Plus tôt dans la journée, Mme St-Hilaire avait tenu à mettre le cas de Carole Thomas dans le contexte du territoire longueuillois, où sont signalés plus de 600 cas d'agressions sexuelles chaque année. « On a des enquêteurs qui sont là », assure-t-elle. Mon devoir est de poser les bonnes questions et de m'assurer que nos rues soient sécuritaires. »

La porte-parole de la police de Longueuil, Nancy Colagiacomo, affirme que son service prend au sérieux les doléances de Carole Thomas.

« Nous allons regarder le dossier et s'il y a des corrections à apporter, nous allons le faire. »

— La porte-parole de la police de Longueuil, Nancy Colagiacomo

Sans vouloir entrer dans les détails des enquêtes en cours tant dans le dossier du meurtre de Jenique Dalcourt que dans l'agression présumée de Mme Thomas, Nancy Colagiacomo affirme qu'il n'y a aucun lien possible à établir entre les deux affaires.

Rappelons les faits : Carole Thomas affirme avoir été victime d'une agression sexuelle dans la soirée du 20 octobre 2014 dans le secteur où l'on a retrouvé, 48 heures plus tard, le corps de Jenique Dalcourt. Mme Thomas a porté plainte à la police le lendemain des faits présumés. À l'hôpital où les policiers l'ont emmenée, on a diagnostiqué un choc post-traumatique et documenté les blessures qui lui ont été infligées.

Mme Thomas a par la suite pu bénéficier du programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels.

« On m'a agressée, on m'a battue, on m'a violée, on m'a jetée, c'est pas important ça? C'est inadmissible, ils n'ont pas accordé d'importance à cette terreur que j'ai expérimentée. »

— Carole Thomas

Mme Thomas en a notamment contre le fait que les policiers n'ont jamais jugé bon de dresser le portrait-robot de son présumé agresseur, bien qu'ils lui avaient dit qu'ils le feraient. Selon la présidente du Conseil du statut de la femme, à qui Mme Thomas s'est adressée en désespoir de cause, « ces délais-là sont inacceptables, c'est une autre forme de victimisation ».

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