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Centre Ashabeb: l'imam Hamza Chaoui songe à des poursuites judiciaires (VIDÉO)

03/02/2015 08:10 EST | Actualisé 03/02/2015 11:26 EST

L'imam fondamentaliste Hamza Chaoui et le centre Ashabeb songent à entreprendre des poursuites judiciaires contre les maires de Montréal et de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Denis Coderre et Réal Ménard, ainsi que des ministres du gouvernement Couillard.

Dans un communiqué publié ce matin, ils disent étudier « toutes les avenues juridiques » et se réserver le droit de poursuivre ceux « qui ont sérieusement terni leur réputation et contourné les règlements en vigueur pour les empêcher de jouir de leurs droits fondamentaux protégés par les chartes québécoise et canadienne. »

« Je réfute carrément les allégations des maires Ménard et Coderre », affirme l'imam dans ce communiqué, publié sur Facebook. « Je ne suis pas un agent de radicalisation. Je n'ai jamais appelé à la haine ou à la violence contre un groupe identifié dans mes prêches ou dans mes cours. »

L'imam Chaoui ajoute qu'il a « toujours encouragé les jeunes à s'intégrer harmonieusement dans la société québécoise, à respecter les lois, à ne pas faire usage de la violence dans la résolution de tout conflit éventuel et à achever leurs études universitaires ».

L'imam plaide que les extraits de ses cours « qui ont pu choquer » ont été cités hors contexte. Ces citations, dit-il, provenaient de « cours sur l'histoire islamique » ou « concernaient des pays musulmans qui appliquent certains préceptes de la législation islamique ».

Le conseil d'administration du centre Ashabeb rejette toute velléité de radicalisation et exige des excuses de la part des maires Coderre et Ménard. Le centre se dit « outré » que des politiciens et des médias aient « instrumentalisé son établissement à l'est de la ville pour accentuer l'islamophobie et ramener à l'avant-scène les débats politiques sur les questions identitaires, la charte des valeurs, l'intégrisme religieux versus la laïcité. »

« Vous ne tombez pas des nues, j'espère? », a réagi le maire Denis Coderre lors d'une entrevue accordée peu après à l'émission C'est pas trop tôt. Il a maintenu que la décision concernant le centre communautaire s'appuyait sur des impératifs de sécurité publique, et n'avait rien à voir avec la liberté d'expression ou la liberté de culte.

Il a d'ailleurs réitéré que l'imam Chaoui est un « agent de radicalisation » et un « fomenteur de tensions sociales », et que son rôle, comme maire de Montréal, consistait à assurer une certaine « quiétude » dans sa ville.

Denis Coderre, qui répondait aux questions depuis Paris, n'a cependant pas voulu commenter les propos de Réal Ménard, selon lesquels l'imam Chaoui « est dans un réseau qui l'englobe et le dépasse ». Il affirme que la Ville a pris sa décision après une « analyse » fondée entre autres sur des propos tenus par « certaines personnes ».

Réal Ménard a aussi déclaré lundi que le maire Coderre et lui ont eu accès [à des informations] « auprès d'agences de renseignement et d'organismes responsables de l'application de la loi. »

Le conseil de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve a entériné lundi matin en séance extraordinaire un règlement qui permet d'empêcher l'ouverture du centre communautaire Ashabeb, dans lequel souhaitait prêcher l'imam Chaoui.

On peut y lire que les activités dites « communautaires » doivent être de nature « sportive et culturelle » et qu'ils « ne comprennent pas les lieux de prière ou activités d'enseignement ayant trait à la religion ».

Le maire Codere avait déjà fait savoir que la Ville était prête à faire face aux menaces de recours judiciaires.

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