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Consommation: faire la différence entre le vrai cuir et le similicuir

03/02/2015 05:17 EST | Actualisé 04/02/2015 09:38 EST
Radio-Canada.ca

En l'absence de règlement sur l'affichage des produits en cuir, les fabricants de meubles et les vendeurs ont le champ libre pour faire croire aux consommateurs que leurs meubles sont recouverts de cuir.

Un texte de François Dallaire

Patrick Cayer était fier de son ensemble acheté au Salon de l'habitation. Au coût de 2000 $, Rocco Ébéniste lui a vendu un sofa et une causeuse recouverts de cuir. Mais après quelques années, arracher le revêtement est devenu un jeu d'enfant, ce que son fils âgé de deux ans s'est d'ailleurs employé à faire.

«C'est assez simple de voir que ce n'était pas du cuir. C'était vraiment de la cuirette qu'on appelle communément, un morceau de tissu avec une espèce de plastique par-dessus.»

— Patrick Cayer, consommateur averti

Pour lui, l'affaire ne pouvait en rester là. Il s'est d'abord adressé à la Cour des petites créances. Mais il voudrait aussi que soit revue la loi sur l'étiquetage des textiles. «Faire une législation ou un règlement qui ferait en sorte qu'un commerçant ne pourrait pas mettre le mot cuir dans son appellation cuir bycast, cuir contrecollé, et que ce soit vraiment du cuir véritable de qualité.»

Il existe un règlement sur l'affichage des textiles, mais comme le cuir n'est pas un textile, cette loi ne s'applique pas au cuir. Ce qui favorise l'affichage trompeur. «Ce qu'on voudrait, c'est un étiquetage clair, honnête, qui aide le consommateur», dit le président-directeur général de l'Association des fabricants de meubles du Québec, Pierre Richard.

C'est ainsi que l'on retrouve sur le marché toutes sortes d'appellations telles que cuir laminé, cuir contrecollé, cuir bycast, ultracuir, des noms plus accrocheurs que similicuir, la véritable nature du produit.

«Encore une fois, en l'absence de réglementation, tout est permis. Personnellement, je crois que ça doit être plus transparent, ne pas être créatif avec les mots. C'est du cuir ou ça ne l'est pas.»

— Pierre Richard, PDG de l'Association des fabricants de meubles du Québec

Patrick Cayer a gagné sa cause à la division des petites créances. Le juge a condamné l'entreprise à lui remettre 1498,50 $, soit 500 $ de moins que le prix qu'il a payé pour son ensemble.

Sur sa facture, le vendeur avait pris soin d'écrire que les meubles étaient recouverts de cuir et, écrit le juge, «la preuve prépondérante est à l'effet que ces meubles n'étaient pas en cuir».

Qu'est-ce que du similicuir?

Le faux cuir est en fait une pâte liquide composée d'une partie de cuir (pas toujours), de coton, polyéthylène, et d'autres éléments qui varient d'une entreprise à l'autre. Cette pâte est ensuite moulée, séchée et enroulée pour être expédiée. La texture est si proche de la texture du cuir que c'est à s'y méprendre.

«C'est sûr que le consommateur doit être perdu, car même moi, je suis obligé de faire attention à tout ça», explique un importateur de cuir et de faux cuir, Raymond Carrier.

En magasin, c'est à l'odeur qu'il peut distinguer le vrai cuir du faux cuir. Le similicuir sent davantage le caoutchouc.

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