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Le Tomahawk de Dubuc Motors loin d'être enterré malgré un Québec Inc frileux

04/02/2015 10:35 EST
Marc-Andre Gauthier / Autoblog Quebec

Le 9 janvier dernier, le Journal de Montréal nous apprenait que la jeune compagnie québécoise Dubuc Motors allait probablement devoir se tourner vers la Californie ou les Émirats arabes unis pour financer leur Tomahawk, une voiture sportive 100% électrique et 100% québécoise, faute d'avoir trouver les 7,5 millions de dollars nécessaires au projet ici.

Dubuc Motors avait été approché par un richissime homme d'affaires lors du Salon de l'Auto de Montréal 2014, une entente aurait été conclue, mais l'investisseur a finalement changé d'idée pour des raisons «politiques».

Et pourtant, la Tomahawk promet tellement : une autonomie de 300 km, une puissance de plus de 400 chevaux et de 500 livres de couple, une vitesse maximale de 220 km/h, et un temps sous la barre des 4 secondes pour le 0-100 km/h.

Autoblog Québec a donc décidé de contacter l'un des cofondateurs de Dubuc Motors, Mike Kakogiannakis, COO de la compagnie, pour avoir une mise à jour de la situation.

Inutile de s'alarmer

Si la situation semblait plus sombre le 9 janvier dernier, tout porte à croire que les rayons de soleil de l'innovation ont percé les nuages sombres de l'obscurantisme financier.

M. Kakogiannakis dit avoir rencontré des gens d'Hydro-Québec la semaine dernière, ainsi que des gens haut placés au gouvernement, dont au moins un ministre.

Sans donner plus de précision, M. Kakogiannakis nous a dit que ces personnes comprennent l'importance d'une jeune compagnie innovatrice comme Dubuc Motors, d'autant plus à une époque où la voiture électrique devient de plus en plus une alternative sérieuse au pétrole, beaucoup plus polluant.

Des rapprochements avaient été faits auprès du gouvernement péquiste pour un éventuel investissement, mais les élections du printemps dernier ont compliqué les choses.

Même si rien d'officiel n'a encore été annoncé par la compagnie, M. Kakogiannakis se dit optimiste de pouvoir garder la compagnie entre les mains d'intérêts Québécois. Toutefois, son plan B demeure d'aller chercher du financement en Californie et à Dubaï, là où plusieurs personnes ont déjà manifesté leur intérêt.

Déçu du privé

M. Kakogiannakis ne cache pas sa déception face aux investisseurs québécois. «J'ai appelé tout le monde, dit-il, les grandes chaînes de restauration, les grandes compagnies pharmaceutiques, les grands artistes. Partout on me dit que mon projet est beau et intéressant, mais que ce n'est pas dans leur créneau.»

«Ces gens-là sont les premiers à dire qu'on manque d'audace au Québec, et paradoxalement, on doit sortir du Québec pour briller, ce n'est pas normal, ajoute-t-il».

M. Kakogiannakis a également fait des démarches auprès de l'organisme Ange Québec, une organisation composée de riches hommes d'affaires prêts à investir de leur argent pour aider les compagnies québécois naissants, un peu à la manière des Dragons, mais sans le tralala entourant le procédé. Ange Québec a trouvé très intéressant le projet de M. Kakogiannakis, mais ces Anges n'investissent jamais plus de 2 millions de dollars dans un même projet.

Interrogé quant à savoir si, au fond, les Québécois sont vraiment des amateurs de voitures électriques, M. Kakogiannakis rappelle que dans le Canada tout entier, c'est au Québec que l'on retrouve le plus de Tesla Model S et de Chevrolet Volt, deux voitures électriques.

Pas que des sportives, la filière du taxi

À moyen terme, Dubuc Motors ne compte pas fabriquer que des véhicules sportifs. M. Kakogiannakis prévoit offrir des véhicules électriques pour tous les portefeuilles.

La compagnie a d'ailleurs déjà conçu un modèle de taxi 100% électrique basé sur la plateforme du tomahawk. Le véhicule peut accueillir un fauteuil roulant. La compagnie a même déjà rencontré la ville de Montréal pour lui proposer le projet. Celle-ci a témoigné de son intérêt envers un tel véhicule, mais la ville a décidé de ne pas avancer de fond. M. Kakogiannakis affirme que ce taxi est prêt à «98%». Tout ce qui manque, dit-il, c'est du financement.

Quand on dit que l'argent, c'est le nerf de la guerre...

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