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Égypte: le collègue australien de Mohammed Fahmy, Peter Greste, est libéré

01/02/2015 10:01 EST | Actualisé 03/04/2015 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Al-Jazeera journalist Peter Greste looks out from the defendant's cage during the sentencing hearing for journalists working for Al-Jazeera in a courtroom in Cairo, Egypt, Monday, June 23, 2014. An Egyptian court on Monday convicted three journalists from Al-Jazeera English and sentenced them to seven years in prison each on terrorism-related charges, bringing widespread criticism that the verdict was a blow to freedom of expression. The three, Australian Peter Greste, Canadian-Egyptian Mohamed Fahmy and Egyptian Baher Mohammed, have been detained since December charged with supporting the Muslim Brotherhood, which has been declared a terrorist organization, and of fabricating footage to undermine Egypt's national security and make it appear the country was facing civil war. (AP Photo/Ahmed Abd El Latif, El Shorouk Newspaper) EGYPT OUT

LE CAIRE, Égypte - Le journaliste australien d'Al Jazeera Peter Greste, qui a été arrêté en Égypte avec le Canadien Mohammed Fahmy, a été libéré et a quitté le pays sur un vol à destination de Chypre.

Un responsable de l'aéroport du Caire a confirmé que M. Greste était à bord d'un vol d'Egyptair qui a décollé peu après 16 h.

Peter Greste, Mohammed Fahmy et l'Égyptien Baher Mohamed, ont été condamnés l'an dernier à au moins sept ans de prison pour des accusations liées au terrorisme, dans un procès vertement critiqué par les groupes de défense des droits humains.

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a discuté dimanche du cas de M. Fahmy avec son homologue égyptien, Sameh Choukri, a annoncé son ministère dans un communiqué. M. Baird affirme accueillir favorablement la libération du prisonnier et demeurer optimiste quant à une résolution rapide de la situation.

«Les autorités canadiennes vont continuer à collaborer étroitement avec le gouvernement égyptien pour fournir à M. Fahmy l'assistance de nos services consulaires, de manière à assurer son bien-être», peut-on lire dans le communiqué du ministère.

Un avocat de M. Fahmy a indiqué que son client saluait la libération de son collègue. «Il m'a dit de dire qu'il était très heureux que Peter ait été libéré et qu'il espère bénéficier d'un même sort.»

Il n'était pas possible immédiatement d'obtenir des nouvelles du sort des deux autres journalistes.

L'agence de nouvelles officielles a annoncé sa libération dimanche, en vertu d'une «approbation» présidentielle. M. Greste a passé plus d'un an derrière les barreaux. Le tout a été coordonné avec l'ambassade australienne au Caire.

Le réseau de nouvelles Al Jazeera et Amnistie Internationale considèrent que la libération de Peter Greste seulement n'est pas suffisante.

«Nous ne nous reposerons pas tant que Mohamed et Fahmy ne regagneront pas aussi leur liberté, a dit Mostefa Souag, directeur général intérimaire du réseau. Il est dans le pouvoir des autorités égyptiennes de conclure cela proprement aujourd'hui, et c'est exactement ce qu'elles doivent faire.»

La fiancée de Mohammed Fahmy, Marwa Omara, a confié à l'agence Reuters qu'elle avait confiance qu'il serait bientôt libéré et déporté au Canada.

«Sa déportation en est à ses dernières étapes. Nous avons confiance», a-t-elle dit.

Il y a eu des rumeurs à l'effet que les trois seraient libérés le week-end dernier, à l'occasion de l'octroi de pardons marquant le quatrième anniversaire du soulèvement populaire du 25 janvier 2011. Mais le week-end s'est déroulé sans bonnes nouvelles pour les prisonniers.

M. Fahmy et ses collègues ont été arrêtés le 29 décembre 2013, alors qu'ils couvraient pour le réseau anglophone d'Al Jazeera les violentes descentes policières sur les manifestants islamistes, qui ont suivi le renversement par l'armée du président Mohammed Morsi, en 2013. Les autorités égyptiennes les ont accusés de fournir une tribune aux Frères musulmans de Mohammed Morsi, maintenant considérés comme une organisation terroriste.

Ils ont aussi été condamnés pour avoir répandu de fausses informations, publié de faux reportages montrant que le pays était au bord de la guerre civile, et contribué aux objectifs des Frères musulmans de dépeindre l'Égypte comme un État ayant failli.

MM. Fahmy et Greste ont été condamnés à sept ans de prison, alors que Mohamed Baher a été condamné à dix ans derrière les barreaux. Ses trois ans supplémentaires découlent de sa possession d'une balle utilisée.

Un nouveau procès a été ordonné suivant un appel de leurs condamnations le mois dernier.

Le président égyptien, Abdel-Fattah el-Sissi, a également annoncé un nouveau décret lui permettant de déporter les étrangers condamnés ou accusés, ce qui pourrait être de bon augure pour M. Fahmy, mais inutile pour M. Baher. Mohammed Fahmy possède la citoyenneté canadienne et égyptienne.

La possibilité du pardon a toutefois toujours été une option pouvant libérer les trois journalistes.

Le ministre canadien des Affaires étrangères a abordé le cas de M. Fahmy avec son homologue égyptien durant une visite dans le pays.

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