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Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada

29/01/2015 07:22 EST | Actualisé 30/01/2015 07:08 EST
ASSOCIATED PRESS
An Aboriginal man wears a traditional headdress during an event by Manito Abhee celebrating National Aboriginal Day in Winnipeg, Manitoba, Tuesday, June 21, 2011. More than 1 million Canadians are of Aboriginal origin, and the nation has more than 600 recognized First Nations governments. (AP Photo/Kevin Frayer)

Les Premières Nations du Manitoba sont les Canadiens vivant dans les pires conditions, révèlent des documents du gouvernement fédéral.

Des rapports internes du ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord démontrent que les Autochtones du Manitoba sont les plus à risque de grandir dans la pauvreté, d'abandonner l'école, de dépendre de l'aide sociale, de vivre dans des logements délabrés et d'être victimes de violence familiale.

Leur espérance de vie est également de huit ans plus courte que celle des autres Manitobains.

Les 10 rapports régionaux datés de 2012 à 2014 exposent les conditions de vie déplorables dans les réserves manitobaines.

Alors que 25 pour cent des enfants autochtones du Canada vivent dans la pauvreté, au Manitoba, ce sont 62 pour cent des enfants autochtones qui vivent sous le seuil de pauvreté.

La province a également le plus bas taux de diplômés du secondaire parmi les Premières Nations du Canada. Le taux de bénéficiaires de l'aide sociale y est également le plus élevé au Canada. Dans certaines communautés, 80 pour cent de la population en dépend.

"Les hauts taux de pauvreté, de chômage, de violence et de dysfonctions familiales sont des conditions sociales néfastes auxquelles font face plusieurs membres des Premières Nations, particulièrement ceux qui vivent dans des communautés éloignées ou isolées", lit-on dans un rapport de 2013.

"Des écarts importants entre les populations des réserves et la population canadienne en général continuent d'exister."

Les infrastructures et la santé sont également soulevées comme étant problématiques.

Ces révélations ne surprennent pas le chef David McDougall de Saint-Theresa Point, une communauté éloignée dans le nord du Manitoba.

M. McDougall dit être étonné lorsqu'il entend des publicités à la radio qui encouragent les gens à donner pour aider les enfants africains qui vivent dans des taudis sans eau courante. Il soupire de découragement en lisant des études canadiennes sur les effets psychologiques du manque de logements adéquats sur les enfants réfugiés au Moyen-Orient.

Selon les rapports régionaux, la communauté du chef McDougall avait besoin de 379 nouvelles maisons en 2010 et en aura besoin de 949 en 2020. Dans cette réserve, il n'est pas rare de voir 18 personnes partager un bungalow avec trois chambres à coucher, rapporte le chef McDougall.

La réaction du gouvernement, jugée tardive dans plusieurs rapports, a été de demander à un comité directeur de créer un sous-comité qui se pencherait sur la crise du logement dans les réserves.

La porte-parole du ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, a indiqué que celui-ci n'était pas disponible pour une entrevue. Emily Hillstrom a envoyé une déclaration par courriel qui n'abordait pas spécifiquement les conditions de vie des Premières Nations au Manitoba.

"Notre gouvernement croit que les peuples autochtones devraient bénéficier de la même qualité de vie, des mêmes possibilités et des mêmes choix que tous les autres Canadiens", a-t-elle écrit, avant de rappeler les lois que le gouvernement a adoptées concernant les Premières Nations, dont une qui exige des chefs qu'ils publient leurs états financiers en ligne.

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