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Dollar en baisse, touristes plus nombreux en Alberta?

30/01/2015 10:00 EST | Actualisé 30/01/2015 10:07 EST
Radio-Canada

En Alberta, malgré la situation économique difficile causée par la chute du prix du pétrole, le secteur touristique s'attend à faire de bonnes affaires cette année, entre autres à cause de la faible valeur du dollar canadien. Mais ce ne sont pas tous les acteurs de cette industrie qui se réjouissent du contexte économique.

Pour l'organisme Travel Alberta, chargé de faire de la publicité pour l'industrie touristique albertaine, les attraits et les activités à promouvoir sont nombreux. Les montagnes Rocheuses et le Stampede de Calgary sont au cœur de nombreuses vidéos promotionnelles mises en ligne par l'agence.

Cette année, les responsables s'attendent à ce que l'Alberta reçoive beaucoup de touristes.

Cet enthousiasme n'est pas étranger au contexte économique actuel. La baisse du prix du pétrole et celle du dollar canadien sont une occasion en or pour le tourisme, croit la vice-présidente de Travel Alberta, Shelley Grollmuss, qui s'attend à ce que de nombreux Canadiens décident de rester au pays plutôt que de traverser la frontière cette année. « Les gens pourront visiter leur province ou même d'autres régions du Canada. Ils pourront rester à la maison, assister à des festivals et quitter pour des longues fins de semaine. Il s'agit vraiment de s'intéresser à votre propre territoire », explique-t-elle.

En plus de visiteurs de partout en Alberta et d'autres provinces de l'Ouest, Shelley Grollmuss s'attend à voir davantage de touristes américains franchir la frontière. « Le coût d'un séjour en Alberta est plus avantageux pour les touristes étrangers, entre autres pour les Américains qui pourraient choisir la province comme lieu de vacances », note-t-elle.

Mais attention, avertit Paul Arsenault, professeur en gestion des organisations touristiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), le calcul n'est pas si simple. « Les Américains ne se lèvent pas le matin en se disant "quand le dollar canadien coûtera 85 cents américains nous partirons." Personne ne fait ça. Mais bien sûr, les avantages sont nombreux pour l'économie canadienne. Ça veut dire que le retour des Américains parce qu'ils sont plus confiants, implique des dépenses touristiques beaucoup plus importantes », explique l'expert.

En 2012, selon la Commission canadienne du tourisme, les Américains en voyage d'agrément au Canada y ont dépensé près 4,84 milliards de dollars.

Le revers de la médaille

Dans l'industrie touristique canadienne, tous ne s'enthousiasment pas du contexte économique actuel.

C'est le cas de Dale Gillis, gérant d'une agence de voyages du centre-ville d'Edmonton, qui anticipe avec une certaine crainte les mois à venir. C'est que la plupart des entreprises avec lesquelles il travaille, qu'elles soient basées aux États-Unis ou non, utilisent le dollar américain. « Je dirais que c'est surtout négatif pour nous, entre autres parce que la plupart de nos affaires se font à l'extérieur du pays. Il faudra être imaginatif », lance-t-il, en ne rejetant pas l'idée de faire davantage la promotion de séjours au Québec et dans les Maritimes pour la saison estivale.

Le tourisme en chiffres (sources : Chambre de commerce du Canada et Commission canadienne du tourisme)

- 17,3 millliards: recettes d'exportation annuelles

- 600 000 : nombre de Canadiens employés directement dans le secteur touristique

- 4,84 milliards : Montant dépensé par les Américains en voyage d'agrément au Canada en 2012

- 16 millions : nombre de voyageurs étrangers accueillis au Canada pour une nuit ou plus en 2012

Des défis au-delà du taux de change

En juillet 2013, un rapport de la Chambre de commerce du Canada notait qu'il « est facile d'attribuer les enjeux touristiques du Canada à des facteurs indépendants de sa volonté comme la montée du dollar canadien ». Le document soulignait toutefois que la santé du secteur touristique canadien par rapport à celle d'autres pays compétiteurs relevait surtout de facteurs sur lesquels le gouvernement fédéral a un contrôle, comme les taxes, et le système de visas.

Le professeur de l'UQAM Paul Arsenault croit aussi qu'il ne faut pas que la vigueur de l'industrie touristique soit liée à des réalités économiques sur lesquelles le gouvernement n'a pas de pouvoir.

Il estime que davantage d'énergie doit être mise dans la promotion du Canada comme destination touristique. « On ne peut pas espérer un retour qui serait de manière naturelle sans aucune intervention. La compétition est maintenant féroce et le transport aérien est un produit de consommation courant. Pour une population nord-américaine plus jeune, le monde devient plus accessible et plus attrayant. Même si l'économie américaine s'est améliorée, ce ne sera pas le seul facteur qui fera en sorte qu'une clientèle plus jeune nord-américaine se ruera vers le Canada et on doit rajeunir l'image du pays », conclut-il.

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