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Procès Roche : les mensonges du témoin Gilles Cloutier le rattrapent

26/01/2015 06:23 EST | Actualisé 26/01/2015 06:23 EST
Radio-Canada.ca

Un des témoins vedettes de la Commission Charbonneau, l'ancien vice-président au développement des affaires de la firme de génie Roche, Gilles Cloutier, a été arrêté et interrogé, le 2 septembre dernier, par des enquêteurs de la Sûreté du Québec pour parjure. Il a ensuite été relâché avec une promesse de comparaître, mais les accusations se font toujours attendre.

Un texte de Isabelle Richer

Ce délai serait anodin si Gilles Cloutier n'était pas aussi un témoin-clé au procès pour fraude et complot de France Michaud (ingénieure et ex-vice-présidente de Roche), Rosaire Fontaine (ex-ingénieur de BPR-Triax) et Robert Poirier (ancien maire de Boisbriand). Ce procès découle de l'opération Fiche menée par l'escouade Marteau en février 2011 concernant les irrégularités dans l'attribution du contrat de réfection de l'usine d'épuration des eaux de Boisbriand.

Gilles Cloutier est capital pour la poursuite dans ce procès, mais ses mensonges devant la Commission Charbonneau le rattrapent et la défense entend démontrer qu'il n'est ni fiable ni crédible.

Devant la Commission Charbonneau, Gilles Cloutier avait juré avoir donné un pot-de-vin à un proche de Guy Chevrette, l'ancien ministre péquiste qu'il impliquait dans une « magouille » relativement au développement d'une route à St-Donat.

Cloutier avait aussi soutenu être le propriétaire d'une maison de villégiature à Pointe-au-Pic, maison qu'il louait à la firme Roche qui la prêtait à des maires et des ministres. « Une façon de se rapprocher d'eux », avait dit Gilles Cloutier à la Commission.

Rapidement, Gilles Cloutier a dû admettre qu'il avait menti devant la Commission Charbonneau et que cette maison ne lui appartenait pas.

Depuis, des plaintes pour parjure ont été déposées contre lui, autant par la Commission que par l'ancien ministre Guy Chevrette ainsi que par d'autres personnes qui disent avoir été injustement attaquées par ses déclarations mensongères.

Au total, la SQ enquête sur 15 allégations de parjures commis par le témoin Cloutier.

La semaine dernière, alors qu'il était contre-interrogé par les avocats des accusés dans le procès de Boisbriand, Gilles Cloutier a révélé avoir été arrêté pour parjure alors que la défense n'en savait rien. Depuis, le procès est suspendu et les avocats de France Michaud, Rosaire Fontaine et Robert Poirier ont présenté des requêtes pour obtenir les détails de cette enquête sur Gilles Cloutier.

Ce dernier a fait une déclaration-fleuve de cinq heures aux enquêteurs de la SQ, leur disant que peu après son témoignage au sujet de la maison de Pointe-au-Pic, la procureure-chef Me Sonia LeBel, et deux enquêteurs de la Commission, sont allés le rencontrer chez lui pour le rassurer. Il affirme que Me LeBel lui a dit « de ne pas s'en faire avec ça et qu'il n'arriverait rien avec ça. »

Cette interprétation des faits a été vivement contestée par les avocats de la Commission dépêchés ce matin au palais de justice de St-Jérôme. Me Erika Porter a fait valoir que, sortie de son contexte, cette déclaration de Me LeBel était trompeuse.

Les avocats de la défense réclament de la Commission Charbonneau tous les documents, les notes et les rapports concernant Gilles Cloutier qui sont en lien avec le projet Fiche (usine d'épuration de Boisbriand) ou en lien avec ses déclarations mensongères devant la commission d'enquête.

Les avocats étaient même décidés à assigner comme témoins Me LeBel et les enquêteurs de la CEIC pour obtenir les documents, mais une entente est intervenue en après-midi entre les parties.

Par contre, en raison de ces demandes, le procès des trois coaccusés (France Michaud, Rosaire Fontaine et Robert Poirier) est suspendu, une fois de plus, et ne reprendra que dans deux jours...le temps que les avocats étudient les nouveaux éléments qu'on leur a transmis.

Le contre-interrogatoire de Gilles Cloutier n'est pas encore terminé et il devrait reprendre mercredi.

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