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L'État islamique possède-t-il des armes de destruction massive?

25/01/2015 10:22 EST | Actualisé 26/01/2015 09:29 EST
Sgt. Melissa Parrish

Les djihadistes que le Canada et ses alliés combattent en Irak ont-ils des armes de destruction massive ou la capacité d’en fabriquer? Impossible de savoir ce qu’en pense le gouvernement du Canada.

Le chef des opérations médiatiques du ministère de la Défense, Daniel Le Bouthillier, renvoie la balle aux Américains et déclare simplement que toute «question concernant ce que la coalition "redoute" serait mieux adressée par la U.S Central Command».

La Défense nationale refuse aussi de répondre clairement par un oui ou un non lorsqu’on lui demande si des éléments d’une obscure formation des forces spéciales canadiennes appelée l'Unité interarmées d'intervention CBRN (UIIC-CBRN) sont déployés en Irak. La mission de cette unité est bien particulière et inquiétante: c’est l’unité de réaction immédiate destinée à contrer des menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN). Invoquant la sécurité opérationnelle, le porte-parole militaire se contente de dire que les militaires canadiens sont prêts et sont équipés pour faire face à toute éventualité.

Si des membres de cette unité sont effectivement déployés en Irak, ce ne serait pas la première fois que l’UIIC-CBRN opère au Moyen-Orient. Des «opérateurs» de l’UIIC-CBRN étaient déjà il y a quelques mois en Jordanie afin de former des militaires de ce pays pour faire face à des attaques utilisant des armes de destructions massives. Les forces armées américaines ont mis en ligne une série de photos de l’exercice Eager Lion 2014 qui complétait une année d’entraînement donné en Jordanie par l’ UIIC-CBRN. La présence sur le théâtre d’opérations du Moyen-Orient que notre unité anti armes de destruction massive est une indication que la coalition qui combat l’État islamique est vivement préoccupée par l’utilisation possible de telles armes par les djihadistes.

Eager Lion 2014


Selon un analyste familier avec la question qui a requis l’anonymat, la coalition ne craint absolument pas que les djihadistes se dotent d’armes nucléaires, les matériaux fissiles indispensables à une telle entreprise leur étant pratiquement impossibles à acquérir. Ce qui préoccupe les coalisés et qui expliquerait la présence de membres de l’UIIC-CBRN dans la région est la relative facilité avec laquelle les combattants de l’État islamique peuvent fabriquer des armes radiologiques, biologiques et chimiques.

Les éléments nécessaires pour réaliser de telles armes sont en effet disponibles dans les vastes territoires qu’ils contrôlent en Syrie et en Irak et particulièrement dans la ville de Mossoul dont l’université abrite certains des centres de recherche les plus importants du Moyen-Orient. Même si les chercheurs de l’université refusent de collaborer avec l’État islamique, le groupe peut compter sur les connaissances de plusieurs transfuges civils et militaires qui ont servi dans les programmes de développement d’armes de destruction massive en Syrie et en Irak sous Saddam Hussein et Bachar el-Assad.

Ainsi, une arme radiologique appelée une «bombe sale» pourrait être créée à partir de différents radioisotopes non fissiles largement utilisés dans la recherche en laboratoire, l’instrumentation scientifique et les technologies médicales. Des isotopes comme le césium 137, le cobalt 60, l’iridium 192, le radium 226, le plutonium 238 et le strontium 90 seraient incorporés dans des engins explosifs improvisés.

Les «opérateurs» de l’UIIC-CBRN sont formés pour traiter ce genre de menaces, ils peuvent aussi intervenir contre des attaques chimiques et bactériologiques: gaz sarin, chlore, gaz moutarde virus de la variole et de nombreux autres agents pouvant servir d’armes de destruction massive.

En cas d’attaque, le scénario d’intervention prévoit qu’une équipe intervient d’abord pour évaluer la menace en prélevant des échantillonnages. De petits véhicules télécommandés et des drones miniatures bourrés de capteurs de tout genre peuvent être utilisés. Les contaminants potentiels sont identifiés et des contre-mesures sont appliquées.

Les éléments opérationnels de l’UIIC-CBRN sont basés à Trenton avec des moyens de transport aérien lui permettant de se déplacer rapidement partout au Canada et dans le monde.

Dès les années 90, Al-Qaïda sous Oussama Ben Laden avait fait de l’acquisition d’armes de destruction massive une de ses priorités. Abu Bakr al-Baghdadi et son État islamique ont maintenant la capacité de réalisé cet effrayant projet.

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