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Les missions à l'étranger ne sont pas des «foires d'annonces», estime Québec

23/01/2015 06:18 EST | Actualisé 23/01/2015 06:21 EST
AFP via Getty Images
Quebec Liberal leader, Philippe Couillard(C), addresses the Board of Trade of Metropolitan Montreal April 1, 2014 in Montreal, Canada. The elections are scheduled for April 7, 2014. AFP PHOTO/Francois Laplante Delagrave (Photo credit should read Francois Laplante Delagrave/AFP/Getty Images)

Les missions économiques à l'étranger ne sont pas des « foires d'annonces », a dit le premier ministre Philippe Couillard, vendredi, en dressant le bilan de sa première participation au Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

« On a créé au Québec [des attentes], a-t-il analysé en point de presse. Je n'ai pas l'intention, ni cette année ni l'année prochaine, de forcer pour que l'on ait une photo d'annonce [...] ici. »

Si le premier ministre a conclu quelques partenariats à travers les multiples rencontres tenues lors de ses passages au Royaume-Uni et en Belgique, son séjour en Suisse s'est terminé sans aucune annonce.

Cela n'a pas empêché M. Couillard, accompagné de son ministre de l'Économie, des Exportations et de l'Innovation, Jacques Daoust -- qui en était à sa huitième participation au Forum économique mondial -- d'estimer qu'il avait « bien semé » et qu'il allait « bien récolter » au cours des mois à venir.

Il a du même coup balayé du revers de la main les comparaisons avec le passage de la chef péquiste Pauline Marois en Suisse l'an dernier, qui avait entre autres annoncé l'arrivée de la multinationale espagnole FerroAtlàntica au Québec.

« Ces annonces-là [ont été faites] dans un contexte préélectoral. Ce n'est pas à dédaigner. Beaucoup de ces choses-là avaient été préparées d'avance ou même retardées intentionnellement »

— Philippe Couillard

Le 45e Forum économique mondial de Davos, qui se déroulait sous le thème « le nouveau contexte global », devait attirer -- selon les organisateurs -- près de 2500 participants, dont 300 chefs d'État et ministres. La chancelière allemande Angela Merkel ainsi que le président français François Hollande ont notamment prononcé des allocutions.

Environnement : le Québec ne joue pas sur deux fronts, estime Couillard

Venu vanter les efforts du Québec en matière d'environnement à Davos, le premier ministre Philippe Couillard s'est défendu, vendredi, de jouer sur deux fronts dans ce dossier, même si son gouvernement est entre autres favorable à certains projets d'oléoduc ainsi qu'à la cimenterie de Port-Daniel-Gascons.

Parmi ses nombreuses rencontres, le premier ministre s'est notamment entretenu avec Mark Kember, le président-directeur général de l'organisme environnemental international Climate Group, pour discuter notamment de lutte contre les changements climatiques.

Interrogé plus tard vendredi par La Presse Canadienne, M. Kember s'est montré surpris, même déçu, de constater que le gouvernement Couillard semblait pencher en faveur de projets comme la cimenterie de Port-Daniel-Gascons ainsi que les projets d'oléoducs d'Enbridge et TransCanada.

« Non, nous n'en avons pas discuté et je n'étais pas au courant », a-t-il affirmé, au cours d'une entrevue.

D'après les écologistes, le projet de cimenterie en Gaspésie ferait notamment grimper de plus de deux millions de tonnes par année les émissions de gaz à effet de serre (GES).

« Nous allons certainement les encourager à utiliser le carburant le plus propre possible et à mettre sur pied l'usine la plus efficace possible. »

— Mark Kemper

Pris avec Anticosti

Le président-directeur général du Climate Group ignorait également que la province s'était aventurée dans l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti -- enclenchée par le gouvernement péquiste -- qui a reçu le feu vert de Québec au printemps dernier, ce qui a semblé le faire sourciller.

« Selon moi, on ne devrait pas toujours chercher les réserves de pétrole, a analysé M. Kember. Je peux comprendre pourquoi certaines régions peuvent être tentées de le faire. Cela génère des revenus, mais c'est une distraction, parce que ces investissements ne sont pas destinés à l'énergie renouvelable. »

Sur cette question M. Couillard a répliqué que son gouvernement « était pris » avec une entente qui avait déjà été signée et qu'il avait encore de « gros points d'interrogation », comme il le faisait valoir dans l'opposition, quant au potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti.

La province s'est engagée à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990, un objectif qui devrait être atteint, croit M. Kember.

Malgré les projets d'oléoducs et la cimenterie de Port-Daniel-Gascons, M. Kember estime que le Québec, dans le contexte canadien, a trouvé une façon de faire sa place dans le dossier de la lutte aux changements climatiques.

« L'Ontario et la Colombie-Britannique font aussi du travail intéressant. Cela envoie un important message au gouvernement fédéral, qui, on le sait, a pris du recul dans ce dossier. »

— Mark Kemper

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