POLITIQUE

Leitao assure que la baisse du prix du pétrole ne nuira pas au Québec avec la péréquation

23/01/2015 12:43 EST | Actualisé 25/03/2015 05:12 EDT
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QUÉBEC - La chute vertigineuse du prix du pétrole albertain n'empêche pas de dormir Carlos Leitao, qui ne craint pas devoir se passer des milliards de dollars attendus en vertu du système de péréquation.

Le ministre des Finances s'est fait rassurant, vendredi, prédisant que le prix du baril de pétrole n'aura pas d'impact négatif sur les paiements de péréquation versés à court terme par Ottawa au Québec.

«Ça ne me préoccupe pas du tout, pour plusieurs raisons. Pour cette année, 2015-2016, le montant a déjà été annoncé et ça ne change pas», a-t-il commenté, en point de presse.

Province pauvre, le Québec recevra cette année 9,5 milliards $ d'Ottawa en péréquation, ce programme de redistribution de la richesse, qui s'appuie en bonne partie sur les redevances perçues grâce au pétrole albertain.

Mais à quoi s'attendre l'an prochain? «Pour 2016-2017, on verra bien, a nuancé le ministre. Il y aurait peut-être une légère baisse, mais on parle de dizaines de millions $ sur 9,5 milliards $. C'est pas quelque chose qui me préoccupe du tout.»

Si le Québec reçoit moins d'argent, la réduction serait donc négligeable, selon lui.

Depuis l'été dernier, le cours du pétrole ne cesse de reculer, passant d'environ 100 $ US le baril à moins de 50 $ US le baril.

Aux yeux du ministre des Finances, pour la croissance économique du Québec, il n'y a que de bonnes nouvelles à espérer de l'effet conjugué de la réduction marquée du prix du pétrole, de la baisse du dollar canadien et de celle du taux directeur à 0,75 pour cent annoncée cette semaine par la Banque du Canada.

Chaque fois qu'ils se rendent à la pompe, les consommateurs profitent de cette nouvelle conjoncture, de même que les entreprises québécoises qui exportent leurs produits aux États-Unis, a-t-il fait valoir, en marge de sa participation à une commission parlementaire.

Le ministre Leitao a dit par ailleurs maintenir ses prévisions de croissance de l'économie québécoise à 1,9 pour cent, en 2015. Si ces prédictions devaient changer prochainement, elles seraient revues à la hausse et non à la baisse, a-t-il laissé entendre.

Dans les rangs de l'opposition, on se montre cependant moins enthousiaste et moins optimiste.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de finances, le député François Bonnardel estime «certain qu'il va y avoir un impact majeur sur les transferts et la péréquation».

En entrevue téléphonique, il s'est dit «inquiet de la situation», exhortant le ministre des Finances à demeurer vigilant, au cas où Ottawa en viendrait à vouloir modifier sa méthode de calcul en raison du manque à gagner anticipé dans les coffres de l'Alberta, dont la situation financière s'est dégradée au point d'annoncer un déficit pour l'année en cours.

Quand on parle de 17 milliards $ versés en transferts fédéraux au Québec, dont 9,5 milliards $ en péréquation, «on ne peut pas juste rester les bras croisés», a-t-il plaidé.

Déjà, Québec peine à atteindre l'équilibre budgétaire promis cette année. M. Bonnardel fait valoir que s'il y a un manque à gagner de quelques dizaines de millions $ dans les revenus anticipés, sinon des centaines de millions $, «ce sera un effort additionnel qu'on va devoir demander aux contribuables et les contribuables n'en peuvent plus».

Un rapport du Conference Board du Canada, publié cette semaine, concluait que la faiblesse du cours du pétrole réduirait les revenus du gouvernement fédéral de 4,3 milliards $ cette année.

Dans ce contexte, le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a annoncé la semaine passée sa décision de reporter la date de la présentation de son budget, au moins jusqu'en avril.

Mais cela n'aura aucune influence sur la date choisie par le Québec pour déposer son propre budget, a commenté M. Leitao vendredi.

Normalement, le budget du Québec, qui doit être celui du retour à l'équilibre budgétaire, est attendu à la fin mars.