POLITIQUE

Départ de Jean-François Lisée: qui viendra défier PKP? (VIDÉO)

23/01/2015 05:10 EST | Actualisé 24/01/2015 07:16 EST

QUÉBEC - Pierre Karl Péladeau peut se réjouir du retrait de Jean-François Lisée dans la course à la chefferie du PQ. La «mouche du coche» ne viendra plus embêter le meneur. Mais ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle pour le parti.

«Ça aurait été tellement important de l'avoir dans les débats, dit Jonathan Valois, ex-député péquiste devenu analyste politique. Il aurait eu la capacité dans de mettre un Pierre Karl Péladeau dans les câbles.»

Selon lui, le retrait du député de Rosemont est symptomatique d'un Parti québécois qui refuse de faire son autoanalyse. Le candidat Lisée souhaitait que le parti tire des leçons de la débâcle électorale du 7 avril dernier. «Mais lorsqu'il amenait ces nécessaires remises en question, le retour de flamme était trop important, souligne Jonathan Valois. Certains militants croient que l'arrivée de PKP permettra de l'emporter la prochaine fois, sans faire cette remise en question.»

«Il était capable de poser les questions difficiles que beaucoup de péquistes ne se posent pas, dit Donald Charette, commentateur politique et ex-directeur de l'information au Journal de Québec. Mais est-ce que les péquistes veulent entendre les réponses? C'est moins certain.»

Depuis la dernière élection, Jean-François Lisée a affirmé que PKP est une «bombe à retardement» pour le parti en raison de son contrôle de Quebecor. Il a aussi déclaré qu'il aurait voté contre la charte des valeurs proposée par le gouvernement Marois, en plus de laisser entendre que l'accession à la souveraineté pourrait ne pas être possible au cours d'un prochain mandat.

Ses prises de position publiques ont été vues comme un manque de solidarité envers le caucus, alors que le parti se relevait d'une amère défaite, disent plusieurs sources péquistes. Le candidat se faisait même reprocher par certains collègues de «faire la job des libéraux».

«La période après sa sortie sur PKP a été difficile, mais ça s'est replacé depuis», tempère une source au sein du caucus.

Aucun appui

Chose certaine, il n'a pas réussi à obtenir des appuis au sein du caucus péquiste. «Ses sorties ont indisposé beaucoup de monde, personne ne l'aurait appuyé», poursuit le même interlocuteur.

«Ce n'était même pas un deuxième ou troisième choix pour la plupart des gens», dit une autre source parmi les élus péquistes.

Sur le terrain, sa campagne traînait également de la patte. En décembre dernier, un rassemblement militant à Québec a attiré à peine vingt personnes. En début de soirée, le candidat se demandait même s'il devait annuler l'événement.

Son appel à l'émission Tout le monde en parle pour recueillir 1 000 bénévoles n'a pas créé la vague escomptée. Et son équipe peinait à récolter les 2000 signatures exigées par le parti. «On voyait uniquement sa directrice de campagne sur le terrain», dit un adversaire.

Plusieurs collaborateurs ou anciens proches de Jean-François Lisée ont d'ailleurs rejoint les équipes de Pierre Karl Péladeau et d'Alexandre Cloutier.

Finalement, la conjointe de Jean-François Lisée, qui réside en France pour le travail, a donné naissance à une fille durant le congé des Fêtes. «Ça a peut-être joué», dans le choix de se retirer, souligne Jonathan Valois.

Pour l'analyste politique, c'est le candidat Pierre Céré qui pourrait reprendre le rôle d'empêcheur de tourner en rond au sein de la course à la chefferie. Non élu, il n'a pas à se plier à la discipline du caucus, ni à subir les pressions des collègues. «Peut-être qu'il deviendra celui qui critiquera les positions passées et présentes de PKP», dit Jonathan Valois.

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