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Lutte contre le terrorisme: l'Europe veut une meilleure coopération sécuritaire avec les pays arabes

19/01/2015 02:39 EST | Actualisé 19/01/2015 02:39 EST
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Wednesday Jan. 7, 2015, file photo, French soldiers patrol at the Eiffel Tower after a shooting at a French satirical newspaper in Paris, France. Though it is impossible to gauge in any tangible way the effect the deadly attack on a Paris newspaper will have on recruitment by extremist groups - and there is no evidence so far that it is mobilizing large numbers of would-be jihadis - experts believe the perceived professionalism of the brothers' assault and their subsequent showdown with police could rally more supporters to militant ranks. (AP Photo/Christophe Ena, File)

En état d'alerte depuis les attentats de Paris et pendant que l'effervescence gagne de plus en plus de pays musulmans, l'Europe se concerte et prône la coopération avec les pays arabes dans sa lutte contre le terrorisme.

Les 28 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) se sont en effet réunis lundi à Bruxelles, en présence du secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi.

Avant cette rencontre, le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a déclaré qu'« il faut qu'on renforce notre façon de coopérer (...) avec les pays arabes ». D'autant plus, a-t-il ajouté, que « les attaques terroristes ciblent surtout les musulmans dans le monde, il nous faut donc une alliance, un dialogue pour faire face ensemble ».

Le représentant de la Ligue arabe a pour sa part souligné que la lutte antiterroriste ne devrait pas être confinée dans « une question militaire ou sécuritaire », mais elle doit être menée « au niveau intellectuel, culturel, médiatique, religieux ».

Les Européens veulent renforcer leur coopération notamment en matière de renseignement, de contrôles aux frontières de l'espace Schengen, de lutte contre le trafic d'armes. Ils veulent aussi créer un registre commun des passagers aériens (PNR).

Ces questions seront à l'ordre du jour de la rencontre des ministres de l'Intérieur, prévue le 29 janvier, et de celle des chefs d'État ou de gouvernement, le 12 février.

L'Europe en alerte

L'agitation diplomatique se fait sur fond d'un déploiement sécuritaire. En France, neuf personnes soupçonnées d'avoir pu apporter un soutien logistique à Amedy Coulibaly, l'auteur de la prise d'otages de Paris, sont en garde à vue jusqu'à mardi soir.

Un suspect a été par ailleurs arrêté samedi à Athènes et soupçonné d'avoir un lien avec la cellule djihadiste démantelée en Belgique, dont le chef et pourvoyeur de fonds est toujours en fuite. Il s'agirait du Belge Abdelhamid Abaaoud, qui a combattu dans les rangs de l'État islamique (EI) en Syrie, selon les médias belges.

Comme en France, l'armée belge a commencé depuis samedi à surveiller certains sites sensibles à Bruxelles et à Anvers, notamment des ambassades et lieux juifs.

En Allemagne, le mouvement contre l'islamisme PEGIDA a dû annuler sa manifestation hebdomadaire à Dresde en raison de menaces de mort proférées par l'EI contre l'un de ses organisateurs.

Le monde musulman en ébullition

Pendant ce temps, des centaines de milliers de personnes ont manifesté lundi à Grozny, la capitale de la république caucasienne russe de Tchétchénie, contre la publication d'une nouvelle caricature du prophète Mahomet dans Charlie Hebdo.

En Iran, plus de 2000 personnes ont manifesté devant l'ambassade de France à Téhéran, scandant notamment « Mort à la France », « Mort à Israël » et « Nous aimons le prophète ».

À Gaza, des manifestants décrits par l'AFP comme des « islamistes radicaux » ont brûlé le drapeau français et ont menacé de s'en prendre aux Français.

D'autres manifestations avaient déjà eu lieu en fin de semaine dans des pays musulmans, comme le Niger, où des violences ont coûté la vie à 10 personnes.

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