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Qui sont ces étudiants qui trichent au risque de se faire pincer?

18/01/2015 08:36 EST | Actualisé 18/01/2015 08:38 EST
PC

Les hommes et les étudiants étrangers sont plus nombreux à commettre une infraction académique que les femmes et les étudiants nés au Québec, selon une vaste étude menée auprès de 500 étudiants de l'Unversité du Québec à Montréal (UQAM) entre 2009 et 2014.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

On savait déjà que près de la moitié des étudiants universitaires du Canada ont admis avoir triché lors d'un devoir ou d'un travail universitaire à remettre. Cependant, nous en savions peu sur le portrait des tricheurs. Jusqu'à maintenant.

Alors que les étudiants nés au Québec constituent 70 % de la population de l'UQAM, ils ne représentent que 27 % des infractions universitaires répertoriées.

Les étudiants venant du reste du Canada et de l'étranger constituent près de 30 % des étudiants de l'université, mais ils représentent près de 73 % des infractions. C'est la crainte de l'échec et la pression qui poussent les étudiants étrangers à tricher.

« Lorsqu'on regarde un étudiant africain qui arrive au Québec, il a plus de difficulté à réussir parce que ce ne sont pas les mêmes types d'évaluations qu'il a vécus dans son pays. C'est vrai pour l'étudiant français, c'est vrai pour l'étudiant asiatique. »

— Michel Séguin, professeur à l'UQAM et auteur de l'étude

« Deuxièmement, pour un étudiant étranger, avoir un échec dans un cours a des conséquences plus importantes que pour un étudiant québécois. Le permis de séjour peut être révoqué et on craint bien sûr la réaction de la famille qui l'a envoyé ici pour étudier. Il y a plus de pression au niveau de la réussite », poursuit Michel Séguin, professeur au Département d'organisation et ressources humaines à l'UQAM.

Avec cette étude, le souhait principal de Michel Séguin était de comprendre le phénomène des infractions universitaires pour mieux dissuader les étudiants de tricher. Selon lui, deux vecteurs doivent être pris en considération :

  • l'appréhension de l'échec
  • la conséquence de l'échec

« Les résultats nous démontrent que ce n'est pas une question de stigmatisation. Prenez un Québécois. Si ce Québécois a le même sentiment qu'il peut échouer le cours et si ses parents lui mettent autant de pression, ce Québécois va avoir autant de chances de plagier que l'Africain », explique M. Séguin.

Les facultés les plus touchées

Si l'étude permet aussi de déterminer que les hommes (52,2 %) trichent davantage que les femmes (47,8 %) , elle met aussi en lumière les facultés où l'on a répertorié le plus d'infractions. Les étudiants en art auraient moins tendance à tricher que ceux en politique et en droit ou en science.

« Il faut prendre ces résultats-là avec des nuances, affirme Michel Séguin, parce que notre étude ne contrôle pas les efforts qui sont mis par chacune des facultés pour attraper les fautifs. Donc, ça se peut qu'une faculté qui a mis plus de moyens attrape plus de fautifs, ce qui expliquerait ces résultats-là. »

« Deuxième élément, les facultés où on retrouve le plus d'inconduites académiques sont des facultés de science et de droit. Ce sont des facultés sont perçus où c'est le plus difficile de réussir un cours », précise l'auteur de l'étude.

De l'inutilité de plagier

Le plagiat est loin d'être un facteur de succès, c'est plutôt le contraire, explique Michel Séguin, qui a aussi été le président du comité de discipline de l'UQAM.

« Même avec le plagiat, l'étudiant échouait pareil. Donc le fait d'avoir copié sur un de ses copains, de regarder la copie d'un autre, il ne comprend pas la matière de toute façon. Donc quand il répond à la question il répond tout croche, même s'il a les réponses. »

À chaque début de session, les professeurs de l'UQAM rappellent à leurs étudiants les règles du jeu et qu'un plagiat peut avoir de graves conséquences. L'établissement, qui a autorisé cette étude et fourni à M. Séguin les données veut être proactif, dit la vice-rectrice aux études et à la vie étudiante, Diane Demers.

« L'étude du professeur Michel Séguin permet à l'UQAM de mieux comprendre le phénomène des infractions académiques pour mieux agir, notamment en intensifiant en ce début de trimestre ses activités de sensibilisation auprès de sa population étudiante », indique Mme Demers.

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