NOUVELLES

Malgré la loi, 12 des 48 cégeps du Québec ont inscrit des déficits

17/01/2015 04:52 EST | Actualisé 17/01/2015 04:52 EST
Mark Daffey via Getty Images

MONTRÉAL - Le quart des cégeps se sont retrouvés en déficit l'an dernier, mais la situation risque d'être encore plus précaire cette année, selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps du Québec.

Jean Beauchesne a confirmé à La Presse Canadienne samedi que 12 établissements sur 48 avaient terminé l'année dans le rouge pour l'exercice financier se terminant le 30 juin 2014. En vertu de la Loi provinciale sur les collèges d'enseignement général et professionnel, les cégeps ne peuvent pas enregistrer de déficits.

Or, selon M. Beauchesne, ces difficultés financières s'expliquent par une vague de compressions imposées aux cégeps depuis 2010. Il est inévitable, selon lui, que d'autres établissements seront en déficit pour cette année puisque leurs budgets ont encore été amputés deux fois, "coup sur coup".

Il estime que la marge de manoeuvre des cégeps est considérablement réduite lorsque le gouvernement sabre leurs subventions étant donné que, contrairement aux universités, ils ne bénéficient pas de de droits de scolarité.

Avec la loi qui les contraint à adopter des budgets équilibrés, les services aux étudiants devront nécessairement être touchés, selon M. Beauchesne. Les cégeps ne diminueront pas les ressources allouées à l'apprentissage, mais ils devront couper dans les activités parascolaires, dont l'animation étudiante et les équipes sportives.

Le ministère de l'Éducation lui aurait d'ailleurs indiqué que l'année prochaine serait aussi difficile, ce qui annonce d'autres compressions, selon lui.

"C'est impossible de ne pas affecter les services aux étudiants. Déjà en 2014-2015 ils sont affectés; il y a autour de 29 cégeps qui ont touché un ou plusieurs services", a-t-il souligné en entrevue téléphonique.

Selon les informations de La Presse, dévoilées samedi, les déficits des 12 cégeps totalisent tout près de 4 millions $, soit en moyenne 333 000 $. La situation financière du Cégep de Sherbrooke est particulièrement inquiétante: son déficit frôle le million. L'établissement a déjà écrit à l'encre rouge son budget de cette année, et ce sera la même chose en 2015-2016.

Deux cégeps de Montréal ont affiché un déficit l'an dernier: Vieux Montréal et Rosemont. Par ailleurs, les quatre établissements du Bas-du-Fleuve sont déficitaires: La Pocatière, Rivière-du-Loup, Rimouski et Matane.

Dans le cas d'un déficit structurel - où un retour à l'équilibre budgétaire n'est pas atteignable à court terme - les cégeps devront s'entendre avec le ministère sur un plan de redressement pour les prochaines années.

Il serait très surprenant que le gouvernement mette en tutelle un établissement, a-t-il poursuivi. "Selon mes échanges avec le ministère, c'est hors de question, à moins que quelqu'un prétende à une mauvaise gestion, ce qui n'est pas du tout le cas", a-t-il précisé.

M. Beauchesne ne croit pas que ces difficultés financières puissent raviver le débat sur la pertinence des cégeps, qui avait notamment été soulevé par la Coalition avenir Québec (CAQ).

"Le ministre vient de réaffirmer que le gouvernement croit aux cégeps (...) On est assez rassurés, mais le problème, c'est qu'il faut avoir les ressources minimales pour que la mission de chacun des cégeps se réalise ", a-t-il conclu.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

10 extraits de Tenir tête, de Gabriel Nadeau-Dubois