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Fusillade de Moncton: plusieurs erreurs tactiques lors de la fusillade (VIDÉO)

16/01/2015 09:28 EST

L'intervention de la Gendarmerie royale du Canada lors de la fusillade de Moncton, le 4 juin 2014, a été marquée par plusieurs erreurs tactiques.

C'est ce que conclut le sous-commissaire à la retraite et auteur de l'examen indépendant sur les événements de Moncton, Alphonse MacNeil.

D'abord, aucun membre de la GRC étant intervenu dans les deux premières vagues de déploiement n'avait revêtu de gilet pare-balles rigide, et ce, en dépit du fait qu'un agent avait été atteint par balles.

M. MacNeil révèle également que le responsable de la circulation n'a pas entendu la communication du gendarme Ross lorsqu'il donnait les premiers soins au gendarme Gevaudan parce qu'il avait égaré son appareil radio.

Les gendarmes Fabrice Gevaudan et David Ross ont été tués lors de cette fusillade.

« Aucun agent de la GRC n'avait de carabine le soir du 4 juin. »

— Alphonse MacNeil, auteur de l'Examen indépendant sur la fusillade de Moncton.

Le rapport de près de 200 pages compte 64 recommandations regroupées en cinq thèmes : supervision, formation technologie et équipement, communication et assistance post-traumatique.

Parmi ces recommandations, on note que la GRC devrait prendre des mesures « immédiates » pour accélérer la distribution de carabines de patrouille.

La GRC a déjà annoncé qu'elle donnerait suite à chacune des 64 recommandations. De plus, elle s'engage à rendre publiquement compte de l'état de mise en œuvre de chaque recommandation du rapport dans un an.

« Nous avons le devoir de faire une analyse critique de ce qui s'est passé, non pas pour jeter le blâme, mais pour améliorer les opérations futures », a déclaré par voie de communiqué le commissaire de la GRC, Bob Paulson. M. Paulson était de passage à Moncton jeudi pour s'entretenir avec les agents de la division locale, mais n'était pas de l'annonce officielle vendredi.

Aucun accès à Justin Bourque

Dans le rapport, l'auteur affirme ne pas avoir interrogé le responsable de cette fusillade, Justin Bourque. Il dit avoir analysé la déclaration de Justin Bourque, mais le fait qu'il était toujours engagé dans le processus judiciaire a empêché M. MacNeil de l'interroger.

Cela a « limité notre capacité à lui poser des questions clés qui auraient pu nous permettre d'en savoir davantage sur ses gestes et ses antécédents'', écrit-il.

« Il serait utile d'en savoir davantage sur ses gestes et ses antécédents. »

— Alphonse MacNeil.

Un rapport vraiment indépendant?

En juin dernier, le commissaire Paulson annonçait une enquête interne sur les meurtres commis à Moncton. C'était moins d'un mois après la tragédie. Or, la GRC a plutôt présenté, vendredi, un examen indépendant mené par un commissaire adjoint à la retraite.

« La question se pose toujours. Même des policiers à la retraite. La question se pose : s'ils sont capables de s'extirper de leur culture policière pour en arriver à avoir une vision plus large des événements », soutenait Jean Sauvageau avant qu'on ne connaisse les résultats de l'enquête.

Quelques heures avant la publication du document, certains reprochaient déjà un changement dans les communications de la GRC.

Pour l'agent de la GRC Codiac à la retraite, Terry Mckee, cette enquête n'avait rien d'indépendante et la GRC n'a fait que jouer avec les mots.

« Je ne serais pas surpris du tout que les conclusions affirment que rien n'aurait pu être faire pour éviter un tel drame », a déclaré jeudi M. Mckee.

L'auteur de la fusillade, Justin Bourque, a tué trois agents de la GRC, et en a blessé deux autres.

Les résidents d'un quartier de la ville étaient restés confinés à leur domicile pendant l'opération policière de près de 30 heures. Justin Bourque a reconnu sa culpabilité et a été condamné à 75 ans de prison sans possibilité de libération.

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