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«Le Journal d'Anne Frank»: les grands débuts de Mylène St-Sauveur sur les planches (ENTREVUE/ VIDÉO/ PHOTOS)

07/01/2015 04:54 EST | Actualisé 14/01/2015 03:59 EST

Après des années cachée dans un appartement secret avec sa famille et des amis, pour échapper aux nazis, Anne Frank est morte dans un camp de concentration, en mars 1945. Près de 70 ans plus tard, le TNM a décidé de faire revivre l’une des plumes adolescentes les plus lues de l’histoire. Parmi les 150 candidatures reçues pour personnifier le rôle mythique, Lorraine Pintal a choisi l’actrice Mylène St-Sauveur.

«Le Journal d'Anne Frank» au TNM

Un rôle en or pour la comédienne de 25 ans qui voue une réelle passion pour l’histoire depuis sa tendre enfance. « Très jeune, je visionnais des films sur l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, comme La Liste de Schindler, sorti en 1993. Je regardais ça en pleurant dans mon salon et je posais plein de questions à mes parents sur la guerre. Plus tard, j’ai découvert l’art et des peintres comme Otto Dix et Kirchner. À l’adolescence, j’ai visité un musée d’expressionnisme allemand à Berlin et un camp de concentration dans le nord de la ville. Ces histoires-là me touchent énormément! »

Pas marquée outre mesure par sa première lecture du Journal d’Anne Frank, qui lui avait tout au plus donné envie d’écrire un journal avec des amies du secondaire, afin de partager des poèmes et relater leurs déboires amoureux, Mylène St-Sauveur a été ébranlée par sa deuxième lecture au cours de la dernière année.

« J’ai été touchée par l’humour d’Anne et son détachement face à la situation, malgré la guerre qui sévissait. À un moment donné, elle décrit pendant presque deux pages tout ce qu’elle achèterait si elle avait de l’argent. Je trouvais ça d’une telle naïveté, d’une beauté et d’une fragilité, malgré les hostilités, la bêtise et le racisme derrière le conflit. Elle arrivait à demeurer une jeune fille, même si on lui interdisait presque de grandir. »

Cette dichotomie entre la naïveté et la maturité se trouve au cœur de son travail d’interprétation. « Anne est beaucoup plus jeune que moi, mais comme elle était reconnue pour sa profondeur, je ne dois pas la jouer jeune, mais plutôt rester fidèle à son esprit. Dans la vie, je suis pétillante et j’aime rencontrer les gens, ce qui se rapproche de son tempérament allumé. Mais je dois aussi mettre à profit la maturité que j’ai aujourd’hui, parce qu’Anne était pratiquement une adulte de 40 ans dans un corps de jeune fille. Elle était un rayon de soleil qui aimait être le centre de l’attention et une jeune fille philosophique, tendre et rêveuse. »

Les deux pôles de sa personnalité sont mis en évidence dans le texte d’Éric Emmanuel Schmitt, à travers le point de vue du père, Otto Frank, seul survivant de la famille. « Quand le père retourne à son usine de confiture et qu’il reçoit le journal d’Anne, il replonge dans ses souvenirs et voit l’univers de l’Annexe (l’appartement secret) se réanimer sous ses yeux. En lisant le journal, il découvre une Anne plus posée et réalise qu’il ne connaissait pas totalement ses enfants. »

La pièce évoque les années vécues à l’Annexe, la capture de ses résidants et la fin au camp de concentration, avec un mélange de sobriété et d’onirisme. « Plus la pièce avance, plus on se détache du réalisme. On voulait évoquer le fait que les Juifs sont dépossédés d’eux-mêmes, jusqu’à devenir des numéros dans les camps de concentration. Au final, il ne reste presque plus rien, sauf des chaises et de rares accessoires. »

De jour en jour, Mylène St-Sauveur découvre les subtilités de l’univers théâtral, elle qui n’avait jamais eu de contrat professionnel sur les planches. Avec 10 films à son actif, dont le premier rôle dans Sur le rythme, et plus de 20 rôles à la télévision, incluant celui de la belle-fille détestable d’Esther dans Rumeurs et de la réceptionniste potineuse dans Complexe G, l’actrice prend les bouchées doubles en vue de la première.

« Je démystifie tranquillement cette montagne que je trouvais énorme au départ. Plus j’avance, plus je crois que je suis capable de la grimper en même temps que tout le monde. J’avais déjà suivi des cours de théâtre pendant trois ans quand j’étais jeune et fait le programme d’exploration théâtrale au Cégep de St-Hyacinthe pendant deux ans, mais j’avais encore tellement à apprendre. Je ne suis pas habituée d’avoir la charge du public et de recommencer soir après soir. En parallèle du travail sur la pièce, j’ai décidé de suivre des cours de diction, de projection et de pose de voix pour être le mieux outillée possible. J’apprends beaucoup sur moi-même et je dépasse mes limites. »

Actrice en demande, Mylène St-Sauveur foulera les planches du TNM du 13 janvier au 13 février, avant de reprendre le tournage ou d’apparaître dans les séries Mensonges, Le Chalet, Mon ex à moi, Les Jeunes Loups et Complexe G, ainsi que dans le film Glace noire, la dernière chasse-galerie aux côtés de Caroline Dhavernas.

Le Journal d’Anne Frank partira également en tournée au Québec en février, mars et avril. Les dates sont disponibles ici.

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