BIEN-ÊTRE

Qu'est-ce que la bigorexie?

14/01/2015 10:28 EST | Actualisé 30/04/2015 09:53 EDT
Jupiterimages via Getty Images

Dans l’univers des problématiques reliés à une perception erronée de l’image corporelle, les femmes se trouvent trop grosses, alors que les hommes ne se trouvent pas assez musclés. Voilà une façon très simplifiée de définir la bigorexie, un phénomène principalement masculin, dont nous parlons encore trop peu.

Bien qu’il n’y ait pas encore de statistiques précises à ce sujet, le trouble de comportement est bel et bien présent, et ce, particulièrement dans la communauté gaie. Puis, selon les données de 2011 de l’Institut de la statistique du Québec, un homme québécois sur trois aurait eu recours à des méthodes présentant un potentiel de dangerosité pour la santé pour perdre ou de maintenir un certain poids que ce soit sous forme de régime draconien, de prise de laxatif ou d’obsession de l’activité physique.

En ce qui a trait à ce dernier point, il semble que le phénomène soit plus présent que nous le pensons. « Il y a effectivement plein de gars qui en souffrent, même si ce n'est pas diagnostiqué, et bien sûr, ils n'en parleront pas. C'est une culture à même les hommes qui s'entraînent. On n'est jamais assez musclé quand on se compare aux autres dans le centre. Puis, si tes amis sont musclés, tu sors dans des bars de musclés, tu es toujours au gym, c'est tout ce que tu vois, explique Dino Masson, kinésiologue et fondateur de YUL Fitness. Et il y a les shakes et les suppléments de protéines à la tonne. Ça aussi, c'est un problème. Tout ça est ancré dans la culture, sans le savoir. Et c'est devenu un monde en soi. »

Malheureusement, il ne semble pas y avoir encore de clinique spécialisée dans le traitement de la bigorexie. Ceci dit, les psychologues spécialisés en troubles de comportements alimentaires sont sans doute les mieux outillés pour venir en aide aux personnes qui en souffrent. Par contre, avant même que les gens constatent que leur comportement soit devenu malsain, les intervenants de première ligne dans ce dossier sont certainement les entraineurs dans les centres de conditionnement physique. Et ceux-ci doivent être en mesure d’évaluer et de dépister des comportements malsains chez leurs clients. « J’entame souvent la discussion en leur demandant ce qui les motive à faire du sport comme ça. Quand la raison principale découle d’un manque d’estime de soi, ça sème un doute. » Précise, Dino Masson.

Quoi qu’il en soit, il faudra patienter pour que le phénomène soit étudié plus profondément et que des outils de diagnostic et de traitement soient développés à ce sujet. « Pour le moment, c’est important d’en parler autour de nous, de soulever le problème et de prendre conscience que ce trouble de comportement existe, » ajoute, Ève Crépeau, nutritionniste et rédactrice au contenu et à l’évaluation de Profil, le Centre de référence pour professionnels sur les troubles de l’alimentation et de l’image corporelle au masculin. Le site contient des articles, des vidéos et des références utiles pour en apprendre davantage sur le sujet et ainsi, mieux le reconnaître dans notre entourage.

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