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Photo historique ou histoires de scandales: retour sur le cliché des chefs d'États à la marche républicaine

13/01/2015 03:06 EST | Actualisé 13/01/2015 05:37 EST

Au milieu, François Hollande. À la gauche du président français, la chancelière allemande Angela Merkel. Tout près de cette dernière, Mahmoud Abbas. À droite de Hollande, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Derrière chacun de ces chefs d’État, des gardes du corps prêts à mourir pour leur protégé. Les photographes ont appuyé sur le déclencheur puis une tranche de l’histoire de la photo de la France s’est écrite. Regard sur une photo tout aussi historique que sujette à discussion, prise le 11 janvier 2015, dans le cadre de la marche dite « républicaine » et la foulée des événements de l’attentat à Charlie Hebdo, ces derniers ayant fait un total de 20 morts dont les trois terroristes.

  • Une photo parfaitement soignée
    Getty Images
    Au premier regard, elle semble tout à fait naturelle. Des grands chefs d’État qui posent ensemble, tout normalement, dans les circonstances que l’on connaît. Et pourtant, en réalité, la photo a été parfaitement soignée et mise en scène, rapporte Paris Match, à l\'allure d’une photo prise lors d’un sommet international. Chacun des sujets avait une place bien précise, décidée selon leur rôle. Si le rang s’est quelque peu déformé au cours de la marche, au moment de la minute de silence, il a repris sa forme la plus protocolaire. \n\n
    « La place de chacun avait été définie très strictement. En fonction de l’ordre protocolaire – un savant mélange de rôle (chef d’État, chef de gouvernement, roi, ministres…), de nombre de mandats, etc. » - Paris Match
  • Où sont-elles?
    WALL.COM
    On ne s’en rend compte qu’après l’avoir longtemps observée, il n’y a que très peu de femmes sur cette photo. Pour être exact, seulement trois. Angela Merkel au premier rang, Carla Bruni, chanteuse et épouse de Sarkozy, puis Anne Hidalgo, la mairesse de Paris. Plusieurs internautes regrettent l’absence de femmes sur cette photo et dans l\'échiquier politique international. Où sont-elles? En page 3 de son édition, le journal israélien Hamevasser va même jusqu’à retoucher la photo (voir photo au-dessus), au point d’en retirer les femmes qui y figurent. «Hamevasser considère la représentation des femmes comme indécente. Et a donc effacé les deux femmes en première ligne du cortège grâce à un habile montage», écrit le rédacteur en chef de Rue89 au sujet du journal hassidique israélien.
  • Un discours hypocrite?
    Getty Images
    La tragédie qui a secoué la France ces derniers jours a ramené à l’avant-plan la question de la liberté d’expression et celle de la liberté de presse dans le monde. Alors que près de 3,7 millions de Français ont marché le 11 janvier 2015 pour la liberté d\'expression, de nombreux internautes dénoncent la présence sur la photo de chefs d’État qui sont en parfaite contradiction avec les notions de liberté d\'expression et de liberté d\'opinion dans leurs pays. Un discours hypocrite?\n\n
    «Parce que c\'est quand même une gigantesque hypocrisie, l\'hommage du vice à la vertu : des politiques qui, tous les jours, favorisent des décisions allant dans le sens opposé aux thèses défendues par \"Charlie\", vont défiler, mine grave, avant de reprendre les affaires demain sans rien changer.»\n- Ari Morbras, dans Le Nouvel Observateur.
  • Alors, incruste ou pas?
  • Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahou sur la même photo
    Getty Images
    Ils n’étaient pas apparu en public ensemble depuis 2010, selon le magazine L’Express. Le 11 janvier, les deux dirigeants israélien et palestinien, respectivement Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas, se retrouvaient sur la même photo. Néanmoins, les circonstances entourant leurs invitations demeurent nébuleuses.\n\nSelon nos collègues du HuffPost France, « le premier ministre israélien s\'est invité lui-même à la manifestation de dimanche à Paris contre le terrorisme islamiste, alors que la présidence française lui avait demandé de ne pas venir, tel que rapporté par différents médias israéliens. Irritée, la présidence française a répondu au gouvernement de Benjamin Netanyahou que, puisqu\'il insistait, elle inviterait le président palestinien Mahmoud Abbas, ont rapporté la chaîne Channel 2 et d\'autres médias à sa suite. »

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