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Égypte: nouveau procès pour 3 journalistes, dont le Canadien Mohammed Fahmy

01/01/2015 04:11 EST | Actualisé 03/03/2015 05:12 EST
AP
FILE - In this Monday, March 31, 2014 file photo, Al-Jazeera English producer Baher Mohamed, left, Canadian-Egyptian acting Cairo bureau chief Mohammed Fahmy, center, and correspondent Peter Greste, right, appear in court along with several other defendants during their trial on terror charges, in Cairo, Egypt. A year after three Al-Jazeera English journalists were arrested in Egypt, they and their families are pleading for justice and an end to their ordeal. Egypt's Court of Cassation begins hearing their appeal on Thursday, Jan. 1, 2015.(AP Photo/Heba Elkholy, El Shorouk, File) EGYPT OUT

LE CAIRE, Égypte - La Cour de cassation d'Égypte ordonne la tenue d'un nouveau procès pour trois journalistes anglophones du réseau Al-Jazeera, dont le Canado-Égyptien Mohammed Fahmy.

Cependant, en attendant la tenue de ce nouveau procès, Mohammed Fahmy de même que l'Australien Peter Greste et l'Égyptien Baher Mohammed devront demeurer en détention puisque leur demande de remise en liberté sous caution a été refusée.

Les avocats de la défense s'attendent à ce que le second procès de leurs clients se mette en branle d'ici un mois. Ils ont exprimé un optimisme prudent de voir de nouvelles procédures rapides faire en sorte que les trois accusés soient blanchis.

Les trois journalistes ont été arrêtés le 29 décembre 2013. Ils ont ensuite été inculpés pour avoir supposément collaboré avec les Frères musulmans, désormais considérés comme une organisation terroriste en Égypte. Ils ont reçu des peines de prison de sept à dix ans au terme d'un premier procès controversé, qualifié d'imposture par certains.

Mohammed Fahmy a écopé d'une peine de sept ans. Ce ressortissant égyptien avait déménagé avec sa famille au Canada en 1991 pour vivre à Montréal et à Vancouver pendant plusieurs années. Il a ensuite travaillé à l'étranger.

Al-Jazeera English a toujours nié les accusations portées contre ses trois employés, affirmant que les journalistes faisaient leur travail en couvrant les manifestations d'appui au président déchu.

Les trois journalistes ont argué qu'ils avaient été ciblés en raison du conflit politique du gouvernement égyptien avec le Qatar, le pays du golfe qui finance le réseau d'information Al-Jazeera. Une hostilité entre les deux pays émane du soutien du Qatar aux Frères musulmans.

Des espoirs ont été soulevés quant à une volonté nouvelle du gouvernement égyptien de libérer ces trois hommes grâce à une récente réconciliation publique entre l'Égypte et le Qatar.

«Ces journalistes ne devraient pas être coincés au centre de ce conflit entre deux nations», a exprimé Adel Fahmy, frère de Mohammed Fahmy, à la suite de la décision rendue jeudi.

La ministre d'État aux Affaires étrangères et consulaires, Lynne Yelich, a salué la décision de la Cour de cassation, disant s'attendre à un nouveau processus judiciaire équitable et transparent. «Le gouvernement du Canada maintient avoir des interrogations majeures sur le processus judiciaire ayant mené à la condamnation préliminaire de M. Fahmy», précise-t-elle.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, doit se rendre en Égypte ce mois-ci pour accentuer la pression sur le dossier du journaliste canado-égyptien.

Il y a au moins 12 autres journalistes égyptiens détenus depuis l'année dernière qui font face à plusieurs accusations, selon Mohammed Lotfy, un militant pour les droits de la personne en Égypte qui a assisté au procès pour le compte d'Amnistie internationale.

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