POLITIQUE
19/12/2014 12:24 EST | Actualisé 19/12/2014 12:25 EST

Ratio élèves-enseignant : « Nous agirons avec prudence », affirme le PM du Québec

PC

Prudence, tel est le mot privilégié par le premier ministre Philippe Couillard lorsqu'on l'interroge sur la réforme du système scolaire public québécois que son gouvernement entreprend. Prudence en particulier en ce qui a trait au nombre d'élèves qu'il y aura, par classe, une fois le couperet de l'État passé.

En entrevue sur ICI RDI, vendredi en matinée, Philippe Couillard a ouvert la porte à une sorte de modulation du nombre d'élèves par classe selon les secteurs plus ou moins défavorisés.

Une hypothèse qu'il a explorée en ces termes : « On va aborder ces questions de ratios et d'enseignants avec énormément de prudence et jamais de façon mur à mur parce que les milieux sont différents, les besoins sont différents. On va regarder ce qui s'est fait ailleurs dans le monde parmi d'autres systèmes d'éducation performants ».

Philippe Couillard rappelle qu'en milieu favorisé, « il y a moins d'élèves en difficulté ». Pourrait-on, par conséquent, se retrouver avec des classes plus populeuses dans ces secteurs où les élèvent se débrouillent mieux? Sans répondre clairement « oui », Philippe Couillard laisse entendre qu'il y a lieu d'explorer cette avenue.

« Ce qui semble connu actuellement c'est que, dans les milieux plus favorisés, où il y a moins d'élèves en difficulté et où il n'y a pas le problème de l'immigration - ces enfants qui arrivent du jour au lendemain dans les classes - on peut avoir plus de marge de manœuvre. »

— Le premier ministre Philippe Couillard

Au Québec, il existe déjà une forme de modulation en éducation relativement à la quantité d'élèves qu'un enseignant a sous sa responsabilité. Ainsi, au primaire, il y a au maximum 26 élèves par classe, 20 en milieu défavorisé.

Le ministre de l'Éducation de la province, Yves Bolduc, a précisé qu'il n'entendait pas modifier ce rapport pour les trois premières années du primaire. Il a apporté cette précision mardi dernier, lors d'un point de presse durant lequel il a aussi déclaré « On sait qu'il n'y a pas d'études qui ont démontré qu'il y avait plus de réussites en diminuant le ratio aux autres cycles ».

Controverse, indignation et inquiétude

Pour un expert du monde de l'éducation, Égide Royer, la province est en retard; le Québec réussit moins bien que d'autres provinces comme l'Ontario à amener ses jeunes à compléter leur cours secondaire dans les temps prévus. Par conséquent, plaide cet expert de l'Université Laval, « ce n'est pas le temps d'augmenter le nombre d'élèves par classe ».

Après avoir rencontré le ministre Bolduc, mardi dernier, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) a dénoncé certaines des mesures qu'envisagerait le ministre de l'Éducation :

  • ajouter de 2 à 5 élèves par classe, tant au primaire qu'au secondaire;
  • éliminer la notion de ratio maître-élève moyen, qui s'applique à l'échelle des commissions scolaires. Autrement dit, toutes les classes pourraient contenir le nombre maximal d'élèves;
  • inclure davantage d'élèves en difficulté dans les classes ordinaires;
  • constituer, notamment dans les régions, des classes jumelant des élèves du préscolaire et de première année;

Une démission réclamée

En fait, l'approche du ministre Bolduc soulève un tel tollé que l'Alliance des professeurs, jeudi, a réclamé la démission du ministre de l'Éducation. Mais la confiance du premier ministre en Yves Bolduc demeure inébranlable. Tant jeudi que vendredi, Philippe Couillard a répété que son ministre resterait en place.

M. Couillard se dit même encouragé par les projets qu'entretient Yves Bolduc pour le monde de l'éducation.

« On voit qu'il semble être capable de dégager un consensus sur ses propositions de regroupements de commissions scolaires, affirme M. Couillard. Dans ma région, au Lac-Saint-Jean, il semble avoir un très fort consensus pour avoir une seule commission scolaire, plutôt que deux. »

« Je vois monsieur Bolduc et son ministère aller dans la bonne direction, il va nous présenter son plan pour l'éducation au début de l'année : c'est l'école, la classe, l'enseignant et les structures après. »

— Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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