DIVERTISSEMENT
19/12/2014 07:15 EST | Actualisé 19/12/2014 07:18 EST

«La mélodie du bonheur»: féérie en do, ré, mi

Olivier Samson Arcand/OSA

Un vent de légèreté et de refrains «vers d’oreilles» souffle présentement sur la Salle Pierre-Mercure et se fera sentir jusqu’au début janvier, avec le retour sur les planches de La mélodie du bonheur, mise en scène par Denise Filiatrault, avec le baryton Étienne Dupuis dans le rôle du Capitaine Von Trapp.

La mélodie du bonheur a créé l’allégresse une première fois chez les spectateurs québécois en 2010, dans le cadre du Festival Juste pour rire. Depuis, la pièce renaît sporadiquement pour une ou plusieurs séries de représentations, à différentes périodes de l’année.

Denise Filiatrault a souvent souligné en entrevue le caractère rassembleur et bon enfant de cette histoire, qui a traversé les époques et qui se transpose habilement sur scène, malgré son envergure (une trentaine de comédiens, une quinzaine de techniciens, plus d’une centaine de costumes). Au fil des tournées, quelque 200 000 âmes ont applaudi La mélodie du bonheur dans la province, depuis cinq ans.

Jeudi, soir de première médiatique, la salle exposait plusieurs sièges vides, indice que la production montre peut-être ses premiers signes d’essoufflement. Mais La mélodie du bonheur demeure un agréable cadeau à s’offrir en famille, surtout dans les environs de Noël, compte tenu des douces valeurs familiales d’amour et d’harmonie qu’elle projette. Et l’ovation réservée aux artistes au moment de leur salutation finale compensait largement les billets invendus.

Le spectacle n’est pas parfait, souffre de quelques longueurs – surtout au début – et goûte souvent la guimauve, mais c’est justement cette trame et cet enrobage bonbon qui ont fait de La mélodie du bonheur un indémodable classique. Donc, pourquoi bouder son plaisir. Assoyez-vous, accrochez-vous un sourire aux lèvres, fredonnez sans complexe les Edelweiss, Do-ré-mi et Mes joies quotidiennes entendus et réentendus mille fois, et laissez-vous transporter par la féérie de la famille Von Trapp.

Réjouissant récit

Le récit est le même que celui du film de Robert Wise, sorti en 1965. En Autriche, la jeune religieuse Fräulein Maria peine à trouver sa place au couvent, et on l’envoie prendre soin d’un clan de sept enfants, mené aux coups de sifflet par le père veuf, le Capitaine Von Trapp. L’homme fait régner la discipline, mais communique peu avec sa marmaille, deux garçons et cinq filles de 5 à 16 ans. Les bambins s’attacheront rapidement à leur nouvelle gouvernante, qui insuffle folie et humanité à leur quotidien, en leur permettant de renouer avec le plaisir de chanter et de danser. Elle leur enseigne, par exemple, à décoder le tonnerre et à entonner des airs apaisants pour ne plus l’entendre. Alors que Monsieur Von Trapp s’apprête à épouser une dame un peu bourgeoise, Maria est décidée à aider les enfants à accepter leur nouvelle maman.

Mais elle découvrira bien vite que la joie de vivre qu’elle transmet à ses petits protégés se reflète aussi chez le papa, qui est amoureux d’elle, et que les sentiments sont partagés. En deuxième partie, le Capitaine et Maria se marient, mais la domination des nazis sur l’Autriche laisse planer une ombre sur leur bonheur naissant. Après une prestation fort remarquée dans un concours, les troupes Von Trapp doivent quitter le pays en secret, mais soudées par un lien plus fort que jamais.

En 2010 et 2011, Robert Marien incarnait le sévère Capitaine Von Trapp. Retenu ailleurs par la suite, l’acteur a cédé ses habits en 2012 à Yves Soutière. Aujourd’hui, c’est Étienne Dupuis, qui a récemment fait sensation à l’Opéra de Montréal dans le rôle de Figaro, dans Le Barbier de Séville, qui interprète le légendaire personnage. Il offre un père de famille droit et noble, séduisant, qu’on aime immédiatement, et doté, évidemment, d’une voix puissante et envoûtante.

Dans la peau de Fräulein Maria, Catherine B.Lavoie est vive, rafraichissante et attachante. On la voudrait tous comme amie ou comme belle-mère, et son timbre enchante. Les enfants, tous adorables, jouent, eux aussi, très juste. Il le faut, car ils sont très présents tout au long des 120 minutes de cette réjouissante Mélodie du bonheur. La minuscule Catherine Sicard (Gretl) vous fera fondre ; elle a d’ailleurs déclenché les rires attendris à chacune de ses mimiques, jeudi.

Si tous les tableaux sont visuellement très beaux, certains retiennent davantage l’attention, comme l’image du bal, où plusieurs couples valsent majestueusement dans de somptueuses tenues, et la performance des Von Trapp au concert de clôture, très chic devant le rideau rouge.

L’effet des montagnes autrichiennes recréé sur une plateforme surélevée au-dessus de la scène, est également fort réussi.

La mélodie du bonheur tient l’affiche de la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau jusqu’au 4 janvier 2015. Visitez le www.hahaha.com pour billets et informations.

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