POLITIQUE
17/12/2014 12:35 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

Pierre Moreau prêt à des concessions sur le ton, mais pas sur le fond (VIDÉO)

QUÉBEC - Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau s'est montré ouvert, mercredi, à faire des concessions sur le ton utilisé pour critiquer des municipalités qui attribuent des hausses de taxes à une réduction de leurs transferts de Québec.

M. Moreau a néanmoins répété que Laval et Longueuil perdront la totalité de leurs transferts si elles maintiennent que leurs contribuables devront payer davantage en raison des changements au plus récent pacte fiscal.

La semaine dernière, M. Moreau a braqué le monde municipal en critiquant cette décision et en affirmant que les maires des deux municipalités prenaient «les gens pour des crétins».

Mercredi, avant le conseil des ministres, M. Moreau a reconnu qu'il avait surtout présenté son côté «rugueux» avec ses propos de la semaine dernière.

«C'est une question de ton, sur le ton je suis prêt à faire des concessions, mais sur le fond, la situation demeure la même, a-t-il dit. (...) Mais le ton traduisait quoi, il traduisait une grande déception de voir qu'alors qu'on agit comme de véritables partenaires des municipalités, alors qu'on demande des efforts à l'intérieur de leurs capacités et de leur marge de manoeuvre, de voir que deux municipalités sont comme le facteur et disent: très bien, je prends la lettre et je la transfère tout de suite aux autres.»

M. Moreau a reconnu que sa façon de s'exprimer a été perçue comme inhabituelle et qu'il a montré «l'autre côté du côté givré», «le côté rugueux».

«Les gens ont dit: on n'est pas habitués à l'entendre utiliser ce genre de vocabulaire, a-t-il expliqué. Alors vous voulez revoir mon côté givré, je suis prêt à montrer mon côté givré.»

M. Moreau a d'ailleurs confirmé qu'il avait accepté de rencontrer les municipalités en janvier prochain, à la suggestion de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

En annonçant en novembre des compressions de 300 millions $ dans les transferts aux municipalités, le premier ministre Philippe Couillard avait prévenu que celles qui choisiraient de hausser leurs taxes devraient rendre des comptes au gouvernement.

Mercredi, M. Moreau a affirmé que la décision de Longueuil et Laval était sans fondement, alors que plusieurs autres municipalités ont été en mesure de geler ou baisser leurs taxes malgré les réductions de transfert.

«La situation de Laval et Longueuil, sans être isolée, me semble très, très, très restreinte», a-t-il dit.

Selon M. Moreau, les deux municipalités ont trahi l'esprit négocié avec le pacte.

«L'esprit négocié dans ce pacte est très clair, a-t-il dit. C'est de dire: on vous demande de faire un effort à l'intérieur de la capacité, de la marge de manoeuvre que vous avez.»

Le président de la FQM, Richard Lehoux, a salué le changement de ton de M. Moreau, un préalable pour rétablir le dialogue avec les municipalités en janvier à propos du prochain pacte fiscal et des nouveaux pouvoirs attendus par les municipalités.

«C'est important d'établir un dialogue sur un ton beaucoup plus de partenariat, a-t-il dit. On n'était pas partis sur cette lancée-là depuis la dernière semaine. C'est pertinent que le ministre montre de l'ouverture pour une rencontre rapide, début 2015, pour mettre la table pour les chantiers importants qui nous attendent.»

M. Lehoux a affirmé que l'automne a été chargé pour tout le monde et a insisté sur l'importance de tourner la page en vue des travaux à entreprendre avec le gouvernement.

«Je pense que c'est important et pertinent de mentionner qu'on aborde l'année 2015 avec un ton beaucoup plus serein qui va permettre de meilleurs échanges, beaucoup plus constructifs», a-t-il dit.

Selon M. Lehoux, M. Moreau doit s'efforcer de régler ses litiges avec Laval et Longueuil sans généraliser ce différend à l'ensemble des municipalités.

«Si le ministre a des dossiers à régler, il doit interpeler les milieux où ils sont concernés et interpeller les gens directement pour ne pas cibler l'ensemble des élus au Québec», a-t-il dit.

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